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Notre-Dame-des-Landes : Les GM
briseurs de rêve toujours en action

Suivez le fil d’in­fo de la résis­tance à l’o­pé­ra­tion gou­ver­ne­men­tale d’ex­pul­sion de la ZAD 

Merci au fil d’in­fo de reporterre.fr et à zad.nadir.org

Pour situer les lieux, ouvrez la carte de la ZAD

Aujourd’hui, Mercredi 18 avril 2018 :

17 h 15 : La délé­ga­tion inter­com­po­santes a don­né une brève confé­rence de presse devant la pré­fec­ture de Nantes, à l’issue d’une réunion de plus de deux heures avec la pré­fète de la région Pays-de-la-Loire Nicole Klein et le ministre de la Transition éco­lo­gique et soli­daire Nicolas Hulot. Les lignes n’ont pas bou­gé et l’ultimatum du lun­di 23 avril, pour le ren­du des for­mu­laires sim­pli­fiés indi­vi­duels, a été main­te­nu, a déplo­ré la délé­ga­tion.« Malheureusement, on a consta­té que rien ne chan­geait et que depuis le début le gou­ver­ne­ment tenait la même ligne », a regret­té un membre de la délé­ga­tion.« On a de nou­veau pré­sen­té le pro­jet de conven­tion glo­bale qu’on avait pré­sen­té ven­dre­di, et on a ren­con­tré un nou­veau refus. On a deman­dé des expli­ca­tions mais on n’en a pas obte­nu. Pourtant, c’est quelque chose qui existe juri­di­que­ment », a pour­sui­vi un autre.« Ils pré­tendent que cela pose un pro­blème d’anonymat. Mais c’est nous-mêmes qui avons décla­ré des occu­pantes et des occu­pants pour avoir droit à des pro­cès dans le cadre des expul­sions, et ça a été refu­sé, a rap­pe­lé le pre­mier. L’anonymat est un faux pro­blème. »« Ce soir, nous allons faire un retour de la réunion lors de l’assemblée des usages, qu’on orga­nise tous les deux jours en ce moment. On vous dira après ce qui en res­sor­ti­ra », a conclu le second.

16h01 Pour le bilan, la grande ques­tion de la semaine, com­bien de gre­nades ont été tirées depuis le début de l’opération ? 11000 gre­nades, 8000 lacry­mos pour 3000 explo­sives, décompte fait par Nantes révol­tés d’après des sources de presse (Ouest-France…). Selon le Canard enchai­né mais d’après des sources gou­ver­ne­men­tales, le cout de l’opération s’élève à 400 000 euros par jour !

14 h 30 La délé­ga­tion inter-com­po­santes est arri­vée à la pré­fec­ture. Elle compte huit per­sonnes dont trois zadistes, selon Ouest-France. Parmi les asso­cia­tifs pré­sents s’y trouvent Cyril Bouligand des Copains 44, Jean-Marie Dréan des Naturalistes en lutte et des repré­sen­tants de l’Acipa et de l’Adeca.

14h29 Alors, qu’en ce moment même, la délé­ga­tion inter-com­po­santes s’est ren­due à la pré­fec­ture pour voir la pré­fète,  on pour­rait lui deman­der com­ment elle explique sa nou­velle poli­tique agroé­co­lo­gique à la lacry­mo, et com­ment on est sen­sé ensuite faire nos pro­jets para-agri­coles, ou juste nos jar­dins pour pou­voir se faire à bouf­fer !

12 h 30 D’après Street Zad Actionmédic, le cou­rant a été réta­bli, mais les gen­darmes ont sec­tion­né l’alimentation en eau. Des répa­ra­tions sont en cours. Les gen­darmes mobiles quittent la Grée, le Gourbi et les Fosses noires — où se trouvent tou­jours des pelo­tons de sur­veillance et d’intervention de la gen­dar­me­rie (Psig) — pour se posi­tion­ner devant les Vraies rouges avec des engins de chan­tier pour enle­ver les bar­ri­cades.

11h25 La bar­ri­cade nord du Liminbout va être fer­mée pen­dant plu­sieurs jours. Toutes les voi­tures sur la route du Liminbout jusqu’au Rosier doivent déga­ger pour per­mettre le pas­sage d’une ensi­leuse.

10h32 Aujourd’hui les GM jouent avec l’élec­tri­ci­té, rap­pel des épi­sodes pré­cé­dents : mer­cre­di der­nier lors d’une attaque mas­sive les gen­darmes ont pris posi­tion autour de la Grée et cou­pé l’électricité aux dif­fé­rents lieux de la zone. Enedis, contac­té, a affir­mé que la gen­dar­me­rie refu­sait de les lais­ser réta­blir le cou­rant. Un petit lutin s’est donc occu­pé de réta­blir l’électricité quelques jours plus tard. Ce matin, sous cou­vert de pro­té­ger Enedis qui vient véri­fier que le réta­blis­se­ment n’est pas dan­ge­reux, la gen­dar­me­rie lance une opé­ra­tion impo­sante, plu­sieurs cen­taines de gen­darmes mobi­li­sés, deux blin­dés, le GIGN, une équipe cyno­phile, les drones… parce que plu­tôt que venir à pieds ils pré­fèrent atta­quer sys­té­ma­ti­que­ment toutes les bar­ri­cades de la zone, encer­cler la Grée, prendre posi­tion devant les Fosses Noires en blo­quant — une fois de plus — l’accès au cam­ping des che­veux blancs… on a eu des témoi­gnages de gens qui se sont fait tirer des­sus dans le dos alors qu’ils par­taient de la Grée en cou­rant, d’autres qui ont reçu des des gre­nades assour­dis­santes sans som­ma­tion. Une fois encore la gen­dar­me­rie joue avec le feu en pro­vo­quant un regain de ten­sion sur la zone… et nous coupe l’électricité sous pré­texte de véri­fier que ça fonc­tionne. Ils nous font perdre confiance dans le ser­vice public !

10 h Nicolas Hulot pré­sent à la réunion de la pré­fète et d’une délé­ga­tion de zadistes et d’opposants au pro­jet d’aéroport, ce mer­cre­di 18 avril à 14 h 30 à la pré­fec­ture de Nantes.

La pré­fète des Pays de la Loire, Nicole Klein, et le ministre de la Transition éco­lo­gique, Nicolas Hulot, ren­con­tre­ront ce mer­cre­di 18 avril une délé­ga­tion d’occupants de la Zad de Notre-Dame-des-Landes et les repré­sen­tants d’associations anti-aéro­port dans l’espoir de trou­ver une « porte de sor­tie » au conflit, après plus d’une semaine d’opérations de gen­dar­me­rie sur le site. La ren­contre se tien­dra à 14 h 30 en pré­fec­ture, à Nantes, a annon­cé mar­di Nicole Klein à l’AFP.

Il s’agira pour la repré­sen­tante de l’État de « rap­pe­ler les condi­tions de pro­jets agri­coles sur la zone », où l’agriculture doit répondre « aux mêmes règles » qu’ailleurs : adhé­rer à la mutua­li­té sociale agri­cole, « payer son eau et son élec­tri­ci­té, lais­ser les che­mins acces­sibles à tous ». « Il n’y a pas de zone de non-droit », a répé­té la pré­fète.

L’État, qui a don­né aux zadistes jusqu’au 23 avril pour se régu­la­ri­ser, à tra­vers un for­mu­laire sim­pli­fié n’ayant « pas de valeur juri­dique » mais per­met­tant de « savoir le nom de la per­sonne, où elle veut s’installer, ce qu’elle veut faire », res­te­ra intan­gible sur ce nou­veau délai, a fait savoir la pré­fète de région. « Je ne pré­juge rien de la réunion de demain. S’ils viennent pour me dire “on ne don­ne­ra pas nos noms”, s’ils ne répondent pas a mini­ma à cette demande, le pré­sident de la République a été très clair, il y aura de nou­veau des expul­sions », a‑t-elle assu­ré mar­di. S’ils ont répon­du favo­ra­ble­ment à l’invitation de la pré­fète, les occu­pants estiment que « cet ulti­ma­tum du 23, qui est un temps très très court […] res­semble plus à un cou­pe­ret » qu’à « des condi­tions pour un véri­table dia­logue ».

Nicolas Hulot doit ren­con­trer éga­le­ment les repré­sen­tants du monde agri­cole du dépar­te­ment et des élus locaux du ter­ri­toire, selon la pré­fec­ture.

8h26 Les flics avaient annon­cées qu’ils n’essaierait pas de ren­trer dans la Grée (peut-être juste dans la mai­son ?), en atten­dant ils sont aux portes de la ferme et viennent de faire les der­nières som­ma­tions autour de la Grée. Des chiens de la bri­gades canine ont été lâchés. Be care­ful ! Les bar­ri­cades de la Mancelière sont tom­bées et … l’électricité à de nou­veau été cou­pée pour les fosses et on ima­gine aus­si la Grée, la Wardine et tout les lieux autour. On ima­gine que ça veut éga­le­ment dire que les voi­sins et voi­sines de la ZAD concer­nés par cette ligne élec­trique sont de nou­veau éga­le­ment cou­pés de l’électricité géné­rale.

8h07  La pré­fec­ture a pré­ve­nu hier que les flics vien­draient au Sud de la Grée pour che­cker l’électricité qui était mira­cu­leu­se­ment réap­pa­ru ce week-end. Maintenant ils nous pré­viennent de leur dépla­ce­ment, ils ont dit qu’ils pas­se­raient par le nord, c’est à dire la route des fosses noires et qu’ils ne ren­tre­raient pas dans la Grée. Comme on ne les crois pas trop, la Grée demande de la pré­sence sur place et à orga­ni­ser un petit déj fes­tif pour ce matin. C’est le moment d’aller boire son café là bas.

7h59 Et voi­là, ils sont de retour. Les vilains réoc­cupent le car­re­four de la Saulce et ont déjà com­men­cés à tirer les gre­nades ! Demande de pré­sence un peu par­tout sur zone notam­ment à la Saulce et à la Grée. On nous à signa­lé qu’ils étaient éga­le­ment de nou­veau pré­sent sur la D281 et qu’un convoi arrive du côté de la D42.

7h38 BON MATIN : Le soleil s’est levé encore un jour sur le bocage avec l’hélico en ligne d’horizon. Pas de pré­sence de flics à signa­ler direc­te­ment sur zone (à part dans les airs), par contre ils ne sont pas loin. Au pro­gramme aujourd’hui sur la zone : un petit déj’ à la Grée en ce moment, une for­ma­tion street médic dans l’aprém, et cer­tai­ne­ment plein d’autres ren­dez-vous. Ha oui quand même, il y a aus­si le ren­dez-vous de la délé­ga­tion à la pré­fec­ture. On vous donne des nou­velles dès qu’on en a… On vous sou­haite à toutes et tous une bonne jour­née.

Mardi 17 avril 2018 :

18h05 Ça passe par la Boistière en venant du cime­tière de Vigneux. Pas de képis à Vigneux. Infos à prendre aux condi­tion­nel et à véri­fier. Prévenez-nous s’il y a du chan­ge­ment. Demain à par­tir de 14h il y aura un chan­tier au jar­din des Rouges et noires, sous le soleil. Il y a eu un appel à dons pour de la crème solaire donc vous ne crai­gnez rien. À celles et ceux qui veulent rédi­ger des sta­tuts d’asso mais ne savent pas com­ment faire, ren­dez-vous demain à Bellevue pour faire ensemble.

17h24 Flics à Vigneux à la sor­tie de la 4 voies en venant Nantes, pro­ba­ble­ment parce que c’est là qu’ils déposent par là tout ce qu’ils déblaient sur zone. À pied ça passe par sud de la Mine.

15h06 Macron est à Strasbourg aujourd’hui alors la Pref a déci­dé d’y inter­dire les manifs, rai­son invo­quée : « la mobi­li­sa­tion des forces de sécu­ri­té n’est pas suf­fi­sante pour assu­rer conco­mi­tam­ment à la visite du pré­sident de la République d’autres évé­ne­ments impor­tants », que « des risques de trouble à l’ordre public sont sus­cep­tibles de se pro­duire”. http://zaddumoulin.fr/macron-a-strasbourg-manifs-interdites

14h07 Les bri­gades avec chiens les auraient lâchés entre la Saulce et la Geneslière, ils auraient cho­pé quelqu’un.

13 h00 D’après Ouest-France, une ren­contre est pré­vue mer­cre­di 18 avril à 14 h 30 à la pré­fec­ture entre une délé­ga­tion d’opposants et de zadistes et la pré­fète de la région Pays de la Loire Nicole Klein, pour dis­cu­ter de l’avenir de la Zad. Lors de l’assemblée des usages, les occu­pants de la Zad ont répon­du « favo­ra­ble­ment » à la pro­po­si­tion d’une ren­contre faite par Nicole Klein le ven­dre­di 13 avril et sou­haitent ce ren­dez-vous « au plus vite ». Ils seront repré­sen­tés par trois zadistes au sein de la délé­ga­tion en charge des négo­cia­tions, d’après le quo­ti­dien régio­nal.

12h48 La péti­tion “Comme à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, défen­dons d’autres manières d’habiter” a presque atteint 50 000 signa­tures. Vous pou­vez la trou­ver ICI, la signer et la relayer.

12h21 Deux jour­na­listes de Libération bles­sés par les armes de la police en une semaine racontent ici la vio­lence des vilains.Rappelons éga­le­ment qu’il y a quelques jours, le bilan du nombre de blessé.e.s sur la zone s’élevait à 150, dont plu­sieurs cas sérieux. On attend un bilan actua­li­sé dont on peut déjà affir­mer qu’il sera plus lourd. Les expul­sions sont offi­ciel­le­ment ter­mi­nées depuis jeu­di, les vio­lences poli­cières elles n’ont abso­lu­ment pas ces­sé

10h43 1 four­gon entre Fay et Chêne des Perrières au lieu dit le Malabry/mal-abris ? Contrôle.

9h48 Machines de des­truc­tion pré­sentes à « l’Érette », qui attendent de pou­voir venir si elles ne sont pas entra­vées…

9h32 Flics avec chiens dans la foret de Rohanne. Ils cherchent à faire des arres­ta­tions, on rap­pelle qu’une per­sonne a été arrê­tée hier et se retrouve en pri­son au moins pour 1 mois en pré­ven­tive jusqu’à la date de son pro­cès.

8h24 Les flics sont entre le car­re­four de la noue et des fosses. À la Saulce ils tirent au flash ball et cherchent à faire des arres­ta­tions.

8h07 Première explo­sion. D281 2 blin­dés et un qua­ran­taine de four­gons remontent la route depuis la Paquelais et enlèvent les bar­ri­cades sur leur pas­sage. D81 : 2 blin­dés et de nom­breux four­gons (50) de GM, plus hommes à pied arrivent depuis le nord vers la Saulce.

 

Lundi 16 avril 2018 :

19h39 Ce soir, AG des Usages excep­tion­nels à 20h30 au Hangar de Bellevue. Au menu : com­ment et quoi répondre à l’invitation que la pré­fec­ture a faite à la délé­ga­tion inter­com­po­santes.

18 h 51 Quelques tirs de gre­nade ont été enten­dus à Lama fâché. Une struc­ture amie se remonte dans un champ à côté de la Wardine. La char­pente est debout avec ses struc­tures bien étayées. Les char­pen­tières et les char­pen­tiers assemblent les étais. Un cam­pa­nile plus réduit que celui d’hier a été recons­truit, il est posé dans l’herbe au pied de la struc­ture à base car­rée.

16 h 55 Les char­pen­tiers ont œuvré tout l’après-midi pour reta­per les fermes de la char­pente du Gourbi 5 qui avaient été tron­çon­nées le matin par les gen­darmes. Ils ont fait de la récu­pé­ra­tion, étayé les petits mor­ceaux pour en faire de plus grands. Deux fermes ont été por­tées à bout de bras par cin­quante per­sonnes et mises à l’abri dans un endroit caché. Du côté du front entre les Fosses noires et Lama fâché, on a eu la batu­ca­da, des chants de lutte, mais on n’a pas enten­du de gre­nade depuis trois heures — ce qui est rela­ti­ve­ment excep­tion­nel. Les gens se reposent. Des habi­tants sup­posent que la semaine va se dérou­ler comme ça, avec des échauf­fou­rées et des affron­te­ments de basse inten­si­té, et que c’est lun­di 23 avril date de l’ultimatum pour l’enregistrement de pro­jets agri­coles indi­vi­duels, qu’une offen­sive risque de mon­ter en puis­sance. « C’est là qu’on sera », ont-ils assu­ré.

14h07 Après deux heures à char­ger les décombres de Lama fâché avec un bras de trac­to­pelle, un camion jaune et orange des tra­vaux publics d’une entre­prise quitte ce chan­tier de déblaie­ment sous pro­tec­tion, par l’axe de la D281 vers La Paquelais.

13h55 Flics : On nous signale le PSIG (BAC des champs) au niveau de la bar­ri­cade de l’Acatrelle où une pel­le­teuse est arri­vée. Besoin de monde dans le champ au nord-ouest de la Grée. Également 40 véhi­cules champ nord d281.

13h41 À 14h à la Grée il y a une assem­blée des occu­pantes. Ça va dis­cu­ter des négo­cia­tions : y retour­ner ou pas et com­ment ? Ce soir il y a aus­si une assem­blée des usages où la déci­sion sera prise.

13h37 Des gens à Lama fâché tentent de main­te­nir les flics et le blin­dé et demandent du ren­fort à Lama. Les flics sont à la Chèvre et avancent vers l’ouest vers la mine. Les flics ont pas­sé la Mine, les potes ont lâché la bar­ri­cade, les flics bougent dans le champ entre la Grée et la Fresnelière, il y a eu deux arres­ta­tions, atten­tion à vous. Ça gaze et ça charge.

13h30 MEDIC : On a reçu beau­coup beau­coup de médi­ca­ments, mer­ci ! On a un gros besoin de béquilles car il y a eu beau­coup de bles­sé-e‑s hier. Merci pour vos dons.

13h25 Les flics pro­gressent au niveau de Bison fumé, à 50 mètres de la chèvre. Is vont élar­gir les che­mins et les entrées de champs pour que les machines puissent tra­vailler. Du coup ils sont en train de faire un péri­mètre de sécu­ri­té autour de Bison fumé. Les flics au nord-ouest ont bou­gé vers Bison.

13h09 Une pel­le­teuse à Bison futé étale du rem­blais. Des clowns sont aux alen­tours.

12h57 2 camions de gen­darmes mobiles au niveau de Bison futé et mou­ve­ment là-bas. Peut-être la relève.

11h27 Les flics reculent vers le sud de la d281 et ils se répar­tissent en petits groupes pour encer­cler la Chèvrerie. Que quelqu’un leur dise que pour les empê­cher de recons­truire c’est pas 3 semaines qu’il va leur fal­loir res­ter mais plu­sieurs années !

11  h 15 Entre Youpi you­pi, les Fosses noires et le Lama fâché, jets de gre­nades vertes inca­pa­ci­tantes. La situa­tion est à un « har­cè­le­ment de moyenne inten­si­té » et les Médics ont déjà dû prendre en charge des bles­sés ce matin. En revanche, il n’y a pas de gen­darmes au car­re­four de la Saulce.

10h28 GOURBI : un blin­dé a fait tom­ber la char­pente, des gen­darmes s’acharnent des­sus à la tron­çon­neuse. Tristesse devant tant de conne­rie.

Vingt minutes plus tard, des char­pen­tières et des char­pen­tiers étaient sur place pour éva­luer l’état des poutres et numé­ro­ter celles qui pou­vaient être récu­pé­rables.

9h58 GOURBI : il y a tou­jours un blin­dé posi­tion­né, les gen­darmes des­cendent de force les per­sonnes grim­pées sur la char­pente. Ça sent le sapin pour Gourbi 5, mais qu’ils n’espèrent pas nous voir renon­cer, on en recons­trui­ra autant qu’il fau­dra !

9h30 GOURBI : la fli­caille est en train de prendre posi­tion tout autour, dans les champs. Un blin­dé s’approche en pro­ve­nance de la Saulce.

9h19 Les gen­darmes avancent sur la route de l’Isolette. Les pauvres doivent avoir un GPS en panne… où alors ils essaient de par­ve­nir au Gourbi par le sud ?

8h01 RETOUR DES FACHEUX : Les flics se posi­tionnent dou­ce­ment, une petite gueule de bois peut être ? En tout cas ils sont désor­mais de retour sur la d281 : au Bois Rignoux (côté La Paquelais au sud), aux Ardillières (au nord) et des blin­dés se posi­tionnent au car­re­four de Lama Faché (au centre). Ils font les pre­mières som­ma­tions. Ils sont aus­si de retour sur la d81 et le car­re­four de la Saulce.

8h00 LAMA FACHE : les flics essaient de déga­ger la bar­ri­cade et tirent des gre­nades lacry­mo­gènes. Ils se posi­tionnent sur le chap à côté.

5h57 La jour­née d’hier a été un énorme suc­cès avec une mobi­li­sa­tion extrê­me­ment impor­tante compte tenu de la rapi­di­té avec laquelle elle a été orga­ni­sée, de la pres­sion poli­cière pour l’empêcher (inti­mi­da­tions, bar­rages, blo­cage des axes de cir­cu­la­tion de la Zad). Surtout nous avons rem­pli notre objec­tif : poser les bases d’une nou­velle struc­ture col­lec­tive au Gourbi, au nez et à la barbe de la maré­chaus­sée !

5h30 MERCI ! Merci à toutes celles et ceux d’entre vous qui ont bra­vé le dis­po­si­tif poli­cier hier pour affir­mer leur sou­tien à l’avenir de la Zad ! Grace à votre sou­tien, sur place notre déter­mi­na­tion reste sans faille.

Dimanche 15 avril 2018 :

23h30 La char­pente est posée au Gourbi. Un feu de joie illu­mine la clai­rière. La can­tine ras­sa­sie les por­teurs.

23h00 « On est dans les der­niers mètres », raconte un témoin au télé­phone. Des trac­teurs pré­cèdent le cor­tège, d’autres veillent der­rière. La struc­ture est si large qu’elle a du mal à pas­ser sur la route étroite, on coupe les ronces des côtés à la tron­çon­neuse. « Ce qui se passe est un sym­bole abso­lu de la déter­mi­na­tion des gens ».

22H30 Le convoi conti­nue à avan­cer, raconte un témoin. Les slo­gans enjoués reten­tissent : « On est plus chaud que le lum­ba­go », « Charpente, debout, sou­lève-toi ! », « Des fer­mettes pour la pré­fète », « La Zad vivra, la Zad vain­cra ». Dans la lumière des lampes fron­tales, l’euphorie est magni­fique.

22h00 « Incroyable », s’exclame au télé­phone un témoin. On entend autour de lui des cris de joie. « Une jour­née qui se finit en apo­théose », s’exclame un autre, qui répète, « Mais c’est dingue ». « On a réus­si » reprend le pre­mier, « on amène la char­pente de la halle, construite cet après-midi, vers l’emplacement même du Gourbi. » Les zadistes et leurs sou­tiens sont pas­sés à tra­vers les champs depuis la prai­rie où, cet après-midi, les charpentier(e)s construi­saient la struc­ture en bois. Les gen­darmes ont quit­té le car­re­four de la Saulce il y a une heure à peu près. Y sont main­te­nant posi­tion­nés six trac­teurs amis, dit « vigi­lants ». Un convoi de 300 per­sonnes envi­ron porte la char­pente, écarte la haie quand c’est néces­saire, chante et rit en criant des « La Zad elle est à qui ? La Zad elle à nous ! ». Le cor­tège s’approche du car­re­four de la Saulce et va pro­gres­ser par le che­min jusqu’au Gourbi, à quelques cen­taines de mètres.

21h00 Voici ce qui s’est pas­sé durant les deux der­nières heures. Après avoir dépo­sé la char­pente dans un jar­din à côté des Fosses noires, le jar­din des Vrais rouges, une grande par­tie des per­sonnes qui étaient là et qui avaient appor­té cette char­pente — il s’agit du cam­pa­nile, la par­tie qui sera au-des­sus de la future halle d’assemblée et de mar­ché du Gourbi -, donc,une grande par­tie de ces per­sonnes est repar­tie vers le car­re­four de la Saulce. Là, en y arri­vant, on s’est ren­du compte que ça chauf­fait. Il y avait un gros nuage de fumée, un mélange de lacry­mo­gène et de fumi­gène, des gre­nades assour­dis­santes, des gre­nades de désen­cer­cle­ment. Tout cela se pas­sait au niveau du champ, à côté de la bar­ri­cade des Lascars. Un gros dis­po­si­tif de gen­darmes, et encore plu­sieurs cen­taines de gens dans le champ à rece­voir cela. Du côté des zadistes, quelques feux d’artifice étaient lan­cés, et des pro­jec­tiles, jusqu’au moment où les gen­darmes ont char­gé. Là, le moment a été violent, les gens ont été repous­sés dans la forêt de Rohanne, avec quelques mou­ve­ments de panique, à nou­veau des gre­nades. On a beau­coup enten­du crier “Médics, médics”, sans savoir vrai­ment le nombre de bles­sés qu’il peut y avoir, mais ça donne une idée de la vio­lence de cette charge. Les gens ont donc été repous­sés dans la forêt, puis au niveau du champ au niveau de La Wardine, où un groupe d’une quin­zaine de char­pen­tiers et de char­pen­tières étaient en train de mon­ter la fameuse halle des assem­blées et du mar­ché, la struc­ture qui sera le futur Gourbi. La plu­part des per­sonnes se sont retrou­vées dans ce champ à se remettre de leurs émo­tions, à écou­ter de la musique, à jouer à saute-mou­tons, à regar­der et à attendre de voir ce qui va se pas­ser. Une autre par­tie des per­sonnes ont pro­fi­té du retour de l’accalmie pour aller recons­truire la fameuse bar­ri­cade des Lascars.

19h45 Les gen­darmes sont repas­sés à l’offensive et ont repous­sé tout le monde dans la forêt. Des gens sont bles­sés. Pendant ce temps, dans le champ près de La Wardine, les char­pen­tiers conti­nuent de construire la mai­son en bois.

20h16 Les flics ont recu­lés des Fosses noires vers la D81. Il y a des bles­sés au niveau du car­re­four de la Saulce et ça conti­nue de tirer. C’est com­plé­te­ment déli­rant.

19h54 Pas de repos en ce dimanche : charge en cours du côté de la Sécherie. Ca sent fort la lacry­mo dans le bocage en cette fin de jour­née. Les flics empêchent de retour­ner vers le Gourbi.

19h45 Salve conti­nue de gaz et de gre­nades par le blin­dé depuis 5 minutes, le vrai visage de l’état sous Macron refait sur­face dès que les sou­tiens exté­rieurs ont repris le che­min de leur mai­son. Sans exa­gé­rer, on peut esti­mer à au moins une cen­taine de tir dans le der­nier quar­tier. Il avance côté Rolandière et dans le champ côté Lascar en tirant des gre­nades F4. C’est celles qui font vrai­ment beau­coup beau­coup beau­coup de bruit, c’est à dire aus­si beau­coup de bles­sés !

19h17 Après l’embourbement du blin­dés il y a deux jours… c’est au tour du canon à eau de faire des siennes : IL NE MARCHE PAS !!! Les flics sont au car­re­four de la Saulce est auraient bien vou­lu éloi­gner les gens à coup de lance à eau. Ils sont dégou­tés !!

18h25 À 40 km de Nantes, sur l’autoroute, un convoi de gen­darmes com­por­tant un véhi­cule blin­dé se dirige vers Nantes.

18h39 Les per­sonnes qui ont été séques­trées une par­tie de la jour­née à la Grée par les vilains sont désor­mais libres de leurs mou­ve­ments !

18h25 À 40 km de Nantes, sur l’autoroute, un convoi de gen­darmes com­por­tant un véhi­cule blin­dé se dirige vers Nantes.

17h48 La char­pente est arri­vée au niveau des Fosses noires avec plu­sieurs cen­taines de per­sonnes et l’idée était de la rame­ner vers la route, non loin du lieu où se trou­vait Le Gourbi. Mais les gen­darmes étaient sur la route. Dès que la char­pente a appro­ché — c’était com­plè­te­ment paci­fique -, ils ont envoyé des gaz lacry­mo­gènes et quelques gre­nades assour­dis­santes. Du coup, la char­pente a recu­lé dans le champ et les gens sont épar­pillés en atten­dant de voir ce qui va se pas­ser.

17h40 Dans le champ au nord de Lascard, les GM reculent face à une foule, les mains levées, qui avancent. Ils reculent jusqu’à la D81. En recu­lant, les vilains balancent des lacry­mos, chose qu’ils font sou­vent quand ils reculent !

17h37 La char­pente après un long voyage, s’apprête à faire une pause dans le champ au nord du gour­bi. Va-t-elle res­ter ici ? Va-t-elle tra­ver­ser la route en déjouant encore une fois le dis­po­si­tif de vilains ? Le sus­pense est insou­te­nable

17h19 Les flics arrivent en 4ème vitesse vers la Mine, près de la Chèvrerie. Pendant ce temps, la char­pente pro­gresse tou­jours dans les champs au nord de la route des Fosses, tan­dis que les flics sont déployés tout le long de la route. Une ques­tion se pose ? Passera ou pas­se­ra pas ? Est-ce que cette char­pente aux mille pattes arri­ve­ra à tra­ver­ser la route pour se poser au Gourbi, sa mai­son ? Réponse dans les minutes à venir !

17h00 Un grand qua­dri­la­tère est bali­sé par une haie de bâtons plan­tés dans le sol dans la prai­rie joux­tant La Warinde. Il déli­mite le chan­tier où s’affairent une ving­taine de char­pen­tiers et char­pen­tières qui mettent en place la struc­ture qui por­te­ra la char­pente et dont on apporte les élé­ments.

17h03 Ça crie, ça chante, ça tape sur des per­cus­sions pour accom­pa­gner le pas­sage de la char­pente en direc­tion de Gourbi ! Elle vient de pas­ser la D81. Et se dirige au nez et à la barbe du dis­po­si­tif poli­cier, vers sa des­ti­na­tion finale… LE GOURBI !

16h48 Nous sommes dans la forêt de Rohanne. Un groupe d’une ving­taine de per­sonnes porte la char­pente à tra­vers la forêt. Elle était arri­vée dans le champ à côté de La Wardine. Elle est emme­née par ce groupe, envi­ron­né de dizaines de per­sonnes, l’idée étant d’aller le plus loin pos­sible après cette forêt, de pas­ser peut-être la D 81, qui est bar­rée par les gen­darmes, en direc­tion du Gourbi.

16h42 Des cen­taines de per­sonnes sont en train de pas­ser vers l’est en débor­dant le dis­po­si­tif de vilains. Cette ribam­belle de gens avance dans les champs, au nord de la route des fosses, en direc­tion du Gourbi et de la Grée.

16h34 Pendant ce temps, les bâtons sont plan­tés sym­bo­li­que­ment pour pro­té­ger la char­pente du han­gar qui est train d’être posée dans le champ entre la Wardine et l’Ambazada.

Les bâtons qui avaient été plan­tés en octobre 2016 ont été sor­tis de terre et sont désor­mais dans les mains de la foule qui, bruyante, joyeuse et déter­mi­née, avance vers le car­re­four de la Saulce, et se déploie un peu par­tout dans la forêt et les champs.

Autre chose éton­nante, le mur anti-émeute a com­men­cé a recu­ler. Et les gens tra­versent par paquets de 10 la D81 en direc­tion de l’ouest, au nord du car­re­four de la Saulce et du dis­po­si­tif poli­cier.

16h17Face aux gen­darmes, l’ambiance reste non-vio­lente. Certains lisent des textes aux gen­darmes, d’autres leur apportent des fleurs, d’autres tentent de les ama­douer avec de bisous, mais tout ceci les laisse impas­sibles. L’hélicoptère tourne dans le ciel sans dis­con­ti­nuer. On entend une batu­ca­da impro­vi­sée à par­tir des bâtons sur les tôles de la bar­ri­cade. De nou­veaux camions de gen­darmes et de nou­veaux pelo­tons arrivent sur la route vers le car­re­four de la Saulce. La mani­fes­ta­tion est à l’arrêt dans le champ et tout à fait non-vio­lente.

16h05 Ceux de Bellevue rejoignent les défen­seurs qui font face aux cor­dons de gen­darmes depuis des heures. Un moment émou­vant de soli­da­ri­té.

16h01 La foule arrive par la forêt et dans le champ nord. Les flics lancent leur 1ere som­ma­tion

15h55 La mani­fes­ta­tion arrive au blo­cage qui dure depuis des heures près de La Wardine.

15h51 Ça converge au car­re­four de la Saulce : le canon à eau est sur la route des Fosses, sui­vi par un mur anti-émeute, le tout rejoi­gnant le dis­po­si­tif poli­cier déjà pré­sent au car­re­four pour empê­cher le cor­tège de pas­ser. Passez par les champs, pas­sez par les autres che­mins, par la forêt, et soyons là, soyons présent.e.s pour avan­cer ensemble jusqu’à Gourbi !

15h20 La marche a com­men­cé. Elle ras­semble des mil­liers de per­sonnes. Près de la ferme de Bellevue, en 2016, des cen­taines de per­sonnes avaient plan­té des bâtons de résis­tance avec la pro­messe de reve­nir pro­té­ger la Zad. Ils sont main­te­nant déplan­tés de ce talus. Une file de per­sonnes, un peu comme des péle­rins avec leurs bâtons, accom­pagnent une struc­ture déjà construite qui sera posée où il sera pos­sible. Les bâtons seront plan­tés autour en sym­bole de pro­tec­tion. Ce ne sera pas au Gourbi, qui a été détruit et occu­pé par les gen­darmes, mais à proxi­mi­té, pour le repla­cer ulté­rieu­re­ment au Gourbi. Ce sera la cin­quième fois que celui-ci sera rebâ­ti.

14h40 Besoin de monde à la Grée pour aider à récu­pé­rer tout le maté­riel et les reste des cabanes détruites dans le quar­tier avant que les pel­le­teuses ramassent tout ce qui traine. On a besoin de tout ce qui peut ser­vir pour nous recons­truire ! Le lieu est acces­sible par voi­ture par la Mancelière, au sud de la zone.

13h30 Beaucoup de monde à Bellevue.

13h30 Peu après avoir été éloi­gnés par les gaz de poivre uti­li­sé par les gen­darmes pour les faire recu­ler, les gens reviennent leur par­ler.

13h13 L’Acipa, asso­cia­tion his­to­rique des oppo­sants à l’aéroport, com­mu­nique : « L’Acipa craint que les dou­lou­reux évè­ne­ments de Sivens ne se repro­duisent. Nous condam­nons très fer­me­ment l’escalade de la vio­lence obser­vée toute cette semaine. La zone doit retrou­ver le calme néces­saire à la réflexion pour la construc­tion d’un ave­nir serein et la popu­la­tion doit pou­voir cir­cu­ler libre­ment sur les routes qui tra­versent cette zone. Par ailleurs, l’ACIPA sou­tient l’installation de pro­jets agri­coles ou autres sur la zone. De nom­breux et beaux pro­jets existent. Les per­sonnes qui les portent indi­vi­duel­le­ment ou col­lec­ti­ve­ment doivent pou­voir les faire accep­ter et s’inscrire dans un pro­ces­sus de régu­la­ri­sa­tion a mini­ma. Le délai pro­po­sé par le gou­ver­ne­ment est trop court, dans le cli­mat actuel. L’Acipa demande qu’un dia­logue entre la pré­fec­ture et la délé­ga­tion inter­com­po­santes s’instaure au plus vite pour que cesse la vio­lence. »

13h06 Chemin de Suez au niveau de La Wardine. Un groupe de plu­sieurs cen­taines de per­sonnes fait face aux gen­darmes mobiles, corps à corps, qua­si­ment. Un peu plus loin, à une dizaine de mètres, il y a une batu­ca­da, sur la bar­ri­cade, qui met de l’ambiance.

12h47 Nous sommes sur le che­min de Suez au niveau du Maquis, on est par­ti de la route où nous nous trou­vions au nord du car­re­four de la Saulce, et nous sommes pas­sées à tra­vers la forêt de Rohanne pour se retrou­ver sur ce che­min de Suez. Il y a beau­coup de monde qui afflue dans tous les sens. Un appel a été lan­cé au ras­sem­ble­ment à 14 h 30 à la ferme de Bellevue, afin ensuite de conver­ger vers le lieu où se trouvent en ce moment les affron­te­ments, c’est-à-dire au niveau de l’Ambassada et de La Wardine, autour du che­min de Suez. Beaucoup de monde, des per­sonnes de tous âges et de toutes pro­ve­nances, conti­nuent à arri­ver.

12h45 Près de la bar­ri­cade des Lascars, les gen­darmes ont recu­lé de cin­quante mètres dans un champ et lâchent la bar­ri­cade. Face à face calme. La bar­ri­cade se recons­truit.

12h24 Au bord de la bar­ri­cade des Lascars, la meu­leuse de gen­darmes mobiles a cédé la place à un blin­dé qui a san­glé un pilier de la tour et déchire la construc­tion en la trac­tant. Un gen­darme vient d’apporter une tron­çon­neuse. La bar­ri­cade est en débris.

12h00 Je suis dans le champ à 500 m de La Wardine, près de l’Ambazada. Sur le che­min de Suez qui longe la Wardine en par­tant du car­re­four de la Saulce, il y a la bar­ri­cade des Lascars, qui doit être en voie de démon­tage, puisqu’on entend la meu­leuse depuis au moins une heure. C’est une bar­ri­cade en place depuis très long­temps, com­pre­nant une porte.Là, une foule s’avance, les bras en l’air, vers les cor­dons de gen­darmes, il y a des cen­taines de gens les bras levés.

  • La stra­té­gie des gen­darmes semble être de blo­quer l’est de la zone, où devait se faire la recons­truc­tion : ils sont au Gourbi, à la Saulce. Mais ils sont aus­si à l’ouest, pour à la demande de la pré­fète d’enlever les bar­ri­cades. Il y a une là, elle sera recons­truite juste après.… Ils n’avancent pas plus que ça, ils sécu­risent leurs ouvriers. Les gens approchent à quelques cen­taines du cor­don, qui vient de tirer des gre­nades.
  • Les mes­sages sont pas­sés : les gen­darmes veulent empê­cher la mani­fes­ta­tion, donc ren­dez-vous à Bellevue, et pour ceux qui ne peuvent pas, ren­dez-vous à Notre-Dame-des-Landes et à Vigneux pour ouvrir de forums de dis­cus­sion.

12h07 Les GM ont dépas­sés la bar­ri­cade de Lascar à coup de blin­dé et de meu­leuse, et sont dans le champ entre l’Ambazada et la Wardine. Toujours des contrôles : sor­tie Temple direc­tion Vigneux, Héric, et les bourgs aux alen­tours. La Grée est par­tiel­le­ment libé­rée de la pré­sence des GM

11h40 Appel à rejoindre Bellevue par tous les moyens, et si vous ne pou­vez pas, appel à se ras­sem­bler dans les bourgs de Notre Dame et de Vigneux pour s’organiser sur la jour­née à venir ! Ils veulent nous empê­cher de nous ras­sem­bler, mais on va se retrou­ver ! La Grée est tou­jours encer­clée, les gent.te.s qui veulent les sou­te­nir peuvent conver­ger dans ses alen­tours pour faire pré­sence.

11h38 Ils attaquent la bar­ri­cade de Lascar à la dis­queuse, il y a un blin­dé, et des flics plein la forêt de Roanne. Besoin de ren­forts humains et maté­riels !

11h24 Ils veulent nous détruire ! Appel à blo­cages, à ren­forts et à per­tur­ba­tions ! Les GM, blin­dés et pel­le­teuses contrôlent depuis ce matin l’ensemble de la Zad, autant ses fron­tières que ses routes inté­rieures côté Est de la D81. La pres­sion est étouf­fante et la répres­sion vio­lente : gaz lacry­mo, gaz inca­pa­ci­tant, LBD, gre­nades. On a besoin de tous les sou­tiens : blo­quez là où vous êtes !

11h19 Contrôles de tous les véhi­cules et trac­teurs à Héric, au Temple à la sor­tie N165, contrôles à Vigneux, NDDL,… la Boissière semble libre et le Chêne des Pierrières et le tun­nel du Temple aus­si.

11h17 Les GM ont dépas­sé la bar­ri­cade de Lascar et rentrent sur le che­min de Suez !

11h09 Gaz et gre­nades au car­re­four de la Saulce : Les GM sont au car­re­four et dans le champ Nord, et font face à la bar­ri­cade de Lascar qu’ils arrosent allè­gre­ment. Quelques uns rentrent dans la forêt, faites atten­tion à vous !

9h55 Les contrôles sont sys­té­ma­tiques et lourds. N’oubliez pas de leur prendre la tête en leur deman­dant les papiers jus­ti­fiant l’arrêté pré­fec­to­ral per­met­tant les fouilles de véhi­cule, et faites gaffe à vous, les objets inter­dits sont nom­breux et inso­lites.

9h38 Risque d’évacuation à la Grée. Les GM encerclent le lieu et annoncent vou­loir l’évacuer. Les per­sonnes pour­raient sor­tir par le côté Nord uni­que­ment sur pré­sen­ta­tion d’une carte d’identité et fouille com­plète.

9h02 Contrôles de vilains sur la D15 et à la sor­tie de la 4 voie de temple direc­tion Vigneux. La D42 est annon­cée blo­quée pour toute la jour­née mais elle n’était pas encore blo­quée il y a 10 minutes. Une des per­sonnes inter­pel­lée a été relâ­chée.

8h49 La Grée est encer­clée avec des per­sonnes à l’intérieur et les gens venus en sou­tien repous­sés vers l’ouest.

 8h43 Bon ben, en ce jour de grand ras­sem­ble­ment, les flics sont mas­si­ve­ment déployés sur la zone. Ils sont posi­tion­nés de Lama jusque la Saulce, dans tous les champs autour du Gourbi. Et offi­ciel­le­ment pour sécu­ri­sé la manif. Ils déblaient les bar­ri­cades entre les vraies rouges et le champ des fosses. On dénombre déjà 2 arres­ta­tions.

Samedi 14 avril 2018 :

20h40Nantes, La mani­fes­ta­tion s’achève, même si l’agitation conti­nue ici et là. On peut pen­ser que la soi­rée res­te­ra animée.Quelques conclu­sions de cette jour­née nan­taise :
. on a obser­vé une mobi­li­sa­tion consé­quente et qui a tenu la rue mal­gré un dis­po­si­tif poli­cier mas­sif ;
. la fusion de la mani­fes­ta­tion syn­di­cale et de la mani­fes­ta­tion de sou­tien à la Zad s’est opé­rée natu­rel­le­ment, illus­trant la conver­gence des luttes qui semble en cours ;
. l’autorité n’est pas par­ve­nue à atteindre ses objec­tifs de main­tien de l’ordre. Mais on déplore de nom­breux bles­sés.

19h59 LA BLAGUE DU JOUR : Gérard Collomb a dénon­cé “fer­me­ment les vio­lences com­mises à Nantes cet après-midi”. “Leurs auteurs n’ont pour objec­tifs qu’entraver le dia­logue en cours avec l’Etat et pro­vo­quer nos forces de l’ordre. L’avenir de Notre-Dame-des-Landes se construi­ra dans l’apaisement. Pas dans la vio­lence”, a‑t-il twee­té.

C’est dom­mage qu’il n’ait pas pen­sé à infor­mer les 2500 flics qu’il a envoyé dans le bocage de cette belle phi­lo­so­phie huma­niste qu’il pro­fesse au pre­mier jet de caillou dans le centre ville nan­tais.

19h49Nantes, Une per­sonne bles­sée au visage par une gre­nade. Visage en sang, dents cas­sées, nez fra­cas­sé. Une ambu­lance est sur place. Les four­gons en convoi ne peuvent pas pas­ser et se font huer par les badauds.

19h05Nantes, Confusion dans le centre ville, où les charges de poli­ciers usant de gre­nades de désen­cer­cle­ment se déroulent alors que les gens boivent en ter­rasse, au milieu des badauds. Çà court dans tous les sens dans les rues du centre, qui est nor­ma­le­ment sanc­tua­ri­sé lors des mani­fes­ta­tions. Les poli­ciers ne savent plus dis­tin­guer les pas­sants des mani­fes­tants, dont les groupes se forment et se reforment au hasard des charges. Si l’objectif de main­tien de l’ordre était d’empêcher la mani­fes­ta­tion de per­tur­ber le centre-ville, c’est man­qué.

18h40Nantes La batu­ca­da tam­bou­ri­nante est repous­sée sans ména­ge­ment, et bous­cu­lée jusqu’à la croi­sée des tram­ways en plein centre.

18h17Nantes, La mani­fes­ta­tion est scin­dée en deux de part et d’autre de la voie de che­min de fer. Elle est repous­sée vers le centre ville.

18h00Nantes,  Une charge de CRS se déroule devant le châ­teau, avec gre­nades de désen­cer­cle­ment et tirs de LBD (lan­ceurs de balle de défense). La mani­fes­ta­tion reflue comme elle peut. On observe plu­sieurs bles­sés aux jambes.

17h30Nantes, Nouveaux heurts, nou­velles salves de gre­nades. Les canons à eau entrent en action pour deux minutes d’arrosage

17h30Nantes, Nouveaux heurts, nou­velles salves de gre­nades. Les canons à eau entrent en action pour deux minutes d’arrosage.

17h25Nantes, La mani­fes­ta­tion est arri­vée au niveau de la gare, se heur­tant à un mur de camions de CRS. Un caillou est par­ti vers les camions. Et ins­tan­ta­né­ment, les gre­nades lacry­mo­gènes ont été lan­cées, comme un scé­na­rio pré­vu à la seconde près. La place est noyée de gaz. La mani­fes­ta­tion reflue vers le châ­teau d’Anne de Bretagne.
. Quand les gaz se sont dis­per­sés, quelques syn­di­ca­listes avec des dra­peaux sont reve­nus, ils essaient de par­le­men­ter pour que la mani­fes­ta­tion puisse pas­ser ce cor­don et tour­ner à gauche vers la cathé­drale.

17h05Nantes, Arrivée de l’hélicoptère, absent jusqu’ici. Une ban­de­role est accro­chée au bord de la rue : « Plein d’euros pour les lacry­mos, Pas de radis pour papy mamy ».

17h00Nantes, Des gens âges, des lycéens, des syn­di­ca­listes, des familles avec enfants, des zadistes, des retrai­tés… com­posent la mani­fes­ta­tion de sou­tien à la Zad. Elle compte de 8.000 à 10.000 per­sonnes et est tou­jours à l’arrêt.

16h40Nantes : La mani­fes­ta­tion syn­di­cale s’achève devant la pré­fec­ture, son terme. La pré­sence mili­taire a été mas­sive tout du long, mais sans agres­si­vi­té. Les prises de parole invitent les mani­fes­tants à rejoindre la mani­fes­ta­tion de sou­tien à la Zad, « pour défendre le cadre de vie des zadistes ». Cette mani­fes­ta­tion s’est for­mée sur le Cour des Cinquante otages et rejoint la place du Cirque. Elle compte déjà trois à quatre mille per­sonnes. Avec leurs dra­peaux, les mili­tants CGT occultent le champ des camé­ras poli­cières bra­quées sur la foule lors de la fusion des deux cor­tèges. Sur les pan­cartes et panon­ceaux, on lit : « La vie n’est pas une start-up », « Soutien à la zad », « Que récolte-t-on à semer des lacry­mos », « Zadons-nous les uns les autres »,« César 2 — Zad 3 », « C’est quoi ce fro­mage », « Tel un Phénix, la Zad renaî­tra », « La terre est à cel­leux qui en prennent soin ».

15h55 La prise de parole des che­mi­nots qui était pré­vue devant la gare est empê­chée par un front de neuf four­gons de CRS et deux camions-pompes. Impossible de pas­ser.

15h40 A Nantes, la mani­fes­ta­tion orga­ni­sée par les syn­di­cats contre la poli­tique de M. Macron a com­men­cé. Elle compte envi­ron 7.000 per­sonnes. A la fin du cor­tège, der­rière la France insou­mise et Sud, de nom­breuses per­sonnes portent des pan­cartes affi­chant le sou­tien à la Zad. La pré­sence mili­taire est mas­sive, plus impor­tante qu’on n’a jamais vu à Nantes (1.000 CRS selon la pré­fec­ture). On compte trois camions-pompes, tan­dis que 28 camions forment une haie infran­chis­sable blo­quant deux des prin­ci­pales artères du centre-ville.

14h47  Des nou­velles de Nantes où s’enchainent deux mani­fes­ta­tions cet après midi (mou­ve­ment social et contre les expul­sions de la ZAD). On nous a signa­lé beau­coup de contrôle de la BAC. Prenez soin de vous les ami.e.s

14h10 Ça passe à la Mancelière richard et au chêne des Perrières. Il y a tou­jours tou­jours des flics à la Frenelière. À la Boissière, au croi­se­ment de la D326 et de la D 42, en pro­ve­nance de Treillères la route est bar­rée.

14h00 Le soleil pointe ses rayons à tra­vers les nuages. Assis sur un tronc, Orsu fait une pause. Il est arri­vé il y a deux mois pour « filer un coup de main ». « La diver­si­té de la Zad, des pro­fils et des stra­té­gies de lutte, des pro­jets aus­si… tout ça a conver­gé cette semaine mal­gré les dis­sen­sus », dit-il.
Et après ? « Il fau­drait qu’on par­vienne à créer un rap­port de force, en étant nom­breux mobi­li­sés pour que le gou­ver­ne­ment accepte enfin le pro­jet de coopé­ra­tive col­lec­tive pro­tée par les habi­tants. » Pour lui, il y n’y a pas d’autre issue et la pré­sence poli­cière – une cin­quan­taine de camions cette semaine, 2.500 gen­darmes cette semaine – ne per­met­tra pas l’apaisement.
En atten­dant, de petits groupes se forment pour déblayer, récu­pé­rer et trier ce qui peut l’être. Car une chose est cer­taine pour tous : « Nous recons­trui­rons ce qu’ils ont détruit ».

12h36 Depuis ce matin, les entre­prises qui col­la­borent avec les flics déblaient au niveau de Youpi et de Lama et peut-être d’autres lieux. Pendant ce temps, les flics inondent les alen­tours (sur­tout au niveau des Vraies rouges) de lacry­mos et de gre­nades diverses et notam­ment de gre­nades qui dif­fusent un gaz inca­pa­ci­tant (jaune). On a des doutes sur la léga­li­té de l’usage de ces gre­nades qui peuvent pro­vo­quer ver­tiges, vomis­se­ments, perte d’ortientation et sen­sa­tion d’abattement. On invite les per­sonnes qui y ont été expo­sées à se rendre à un des points médics.

12h23 Selon le maire de Vigneux, qui inter­prète des pro­pos du Général Lizurey, l’électricité serait cou­pée pour le temps de l’opération. Opération qui, selon un chef du camp des vilains, dure­rait au moins un mois.

12h13 On nous signale qu’il y a des contrôles à la sor­tie de la 4 voies de Vigneux (2 four­gons et motards)

11h54 Le groupe médi­cal de la Zad dresse un bilan :

  • « Depuis le début de la semaine, au moins 148 per­sonnes ont été prises en charge par le groupe médic’ (ce bilan n’est pas exhaus­tif). Au cours des der­nières 48 heures, le groupe médic soigne et prend en charge en conti­nu des per­sonnes bles­sées pen­dant les assauts poli­ciers et nous a livré ce bilan (là encore non exhaus­tif) :
  • 23 per­sonnes ont subi des éclats mul­tiples de gre­nades sur le corps (visage, nuque, torse, jambe, pieds, mains, doigts…) par­fois enfon­cés de 3 cm dans la chair. Une même per­sonne peut avoir reçu une quin­zaine d’éclats. Certaines per­sonnes pré­sentent des signes d’infections suite à ces bles­sures ;
  • 8 per­sonnes avec des héma­tomes des membres avec des phé­no­mènes de com­pres­sion dan­ge­reux liés à l’utilisation des Lanceurs de balles défen­sives ;
  • 3 per­sonnes avec des atteintes neu­ro­lo­giques (ver­tiges, cépha­lées, confu­sion…) suite aux explo­sions de gre­nades ;
  • 1 per­sonne atteinte à l’œil par un éclat de gre­nade, 3 autres souffrent de baisses d’audition sévères liées à des explo­sions de gre­nades..
  • Sur les postes de soin et lors des dépla­ce­ments de l’équipe médic’ sur les lieux de charge, il a été consta­té l’utilisation d’armes au poten­tiel létal :
    . tirs ten­dus de gre­nades diverses ;
    . uti­li­sa­tion de gre­nades avec des charges explo­sives mas­sives au contact à hau­teur d’homme ;
    . uti­li­sa­tion mas­sive et conti­nue au niveau d’habitations de gaz à haute
    concen­tra­tion toxique : brû­lures, nau­sées, etc. ;
    . plu­sieurs témoi­gnages d’utilisation de gaz inca­pa­ci­tants (deshy­dra­ta­tion immé­diate, diar­rhée, vomis­se­ments, confu­sion, pos­sible abat­te­ment…).
  • Conclusion : La police assas­sine, cela nous le savons déjà. Des poli­ciers sont hos­pi­ta­li­sés suite à l’explosion d’armes qu’ils nous envoient consciem­ment des­sus et en conti­nu depuis plu­sieurs jours. »

9h38 Dans le champ entre les Fosses et les Vraies rouges, les vilains ont recours à des gaz inca­pa­ci­tants et de nom­breuses gre­nades. Il y a 15 minutes, ils étaient à quelques mètres de la cabane des Vraies rouges, plus d’infos depuis.

8h18 Les opé­ra­tions sont ter­mi­nées disait la pré­fète jeu­di à 22 heures. Pourtant, deuxième réveil au gaz lacry­mo­gène. Les flics se sont déployés ce matin le long de la D 81. Ils ont fait une incur­sion aus­si éclair que mys­tère sur le che­min de Suez puis… sont repar­tis vers le sud

8h16 La nuit a été calme, enfin autant qu’elle peut l’être pen­dant une occu­pa­tion mili­taire. Il y a eu des affron­te­ments à Lama Fâché, avec la pré­sence d’un blin­dé face à Lama.

 

Vendredi 13 avril 2018 :

17h07 Édouard Philippe et Gérard Collomb nous sur­volent actuel­le­ment…

17h03 Le Non Marché est main­te­nu mais aura lieu à Gourbi-en-Miettes à 18h. Ne lais­sons pas l’État nous cou­per de nos outils de vie et de lutte.

16h34 Les vilains arrêtent les voi­tures à la Boisetière en direc­tion de la bar­ri­cade sud du rosier.16h19Deux blin­dés qui des­cendent des Ardillères vers Lama fâché pour faire… ? Et ben on se le demande vu que les opé­ra­tions sont ter­mi­nées selon la pré­fète !

 15h52 Le col­lec­tif de Ploermel est actuel­le­ment nas­sé par les flics devant le tri­bu­nal alors qu’ils dis­tri­buaient des tracts au mar­ché sur la situa­tion ici.
 
15h41 Les flics sont tou­jours aux Ardillères. La D42, après la Paquelais en direc­tion de NNDL, est éga­le­ment blo­quée par un camion de flics pos­té en tra­vers de la route Contrôle fil­trant à Vigneux. Contrôle et fouille au niveau des Ardillères et la mai­son rose depuis temple et aus­si entre Chêne-des-Perrières et Breil-de‑l’Aulne. Sur la route qui va de Vigneux à La Paquelais, il y a éga­le­ment une voi­ture de vilains, mais celle-ci n’a pas arrê­té les potes qui pas­saient
 
14h30 ça passe tou­jours par le Bourget — Chêne-des-Perrières (sur la route entre Fay-de-Bretagne et les Ardillères)

14h14 Toujours des flics tout le long de la 281 et aux Ardillères…

11h18 ROLANDIERE : les bleus reculent vers le nord, direc­tion les Ardillières, non sans gazer gra­tui­te­ment der­rière eux : gre­nades et lacry­mos enva­hissent le lieu. Quand des gens leur disent d’arrêter, qu’il y a un enfant sur place et l’espace médic, leur réac­tion est évi­dem­ment la même : gazer, gazer encore. Toutes les per­sonnes pré­sentes sont à visage décou­vert, les mains levés, leur disent d’arrêter. Alors, pour toute réponse, ils gazent à nou­veau.

10h33 Grosse pré­sence de flics à la Paquelais et à Vigneux. Contrôles à la sor­tie Savenay Lac avec fouille des véhi­cules. Il n’y a par contre plus de flics au Rosaire. À la Boistière ça passe direc­tion Saint Yves…

9h41 LA GREE ET LE CHEMIN DE LA NOUE : les flics en partent et reculent vers le sud.

9h40 ARRESTATIONS : les gen­darmes annoncent 2 arres­ta­tions à la Grée. On en soup­çonne 2 autres à Lascar.

9h34 Contrôles d’identité sur la route qui va du Chêne des Perrières à Fay ain­si qu’à la sor­tie du Temple.

9h40  ARRESTATIONS : les gen­darmes annoncent 2 arres­ta­tions à la Grée. On en soup­çonne 2 autres à Lascar.

9h34 Contrôles d’identité sur la route qui va du Chêne des Perrières à Fay.

9h21 POURQUOI LES FLICS SONT ILS ENCORE LA ? Parce qu’ils ont un blin­dé enli­sé ! Pourquoi conti­nuent-ils à canar­der à tout va ? Parce qu’ils s’ennuient. “Heureusement” un deuxième blin­dé arrive pour tirer le pre­mier. D’après le colo­nel de gen­dar­me­rie ils aime­raient vrai­ment ren­trer chez eux… s’ils ne sont pas par­tis d’ici 20 minutes les trac­teurs vigi­lants se met­tront en posi­tion.

09h17 AMBAZADA : les flics sont tou­jours sur place, ils pré­tendent que c’est pour sécu­ri­ser la pro­gres­sion du blin­dé qui est tou­jours en train de déblayer la bar­ri­cade Les Lascar.
9h03 ROHANNE : les flics ratissent la forêt au nord du che­min de Suez, le assage n’étant plus sûr on ouvre un nou­veau point médic au Liminbout.
9h00 LA GREE : hor­mis une cin­quan­taine, les flics quittent le lieu vers le nord. ils auraient aus­si quit­té le che­min de la Noue.
8h32 CHEMIN DE SUEZ : les flics ont pas­sé la bar­ri­cade Les Lascars et se déploient le long du che­min vers l’ouest

8h13 Les gre­nades fusent : on se demande un peu par ici si l’usage immo­dé­ré de gre­nades de désen­cer­cle­ment comme arme offen­sive est bien légal. Il semble que le tank de la gen­dar­me­rie en tire en série, alors que c’est une arme de der­nier recours, cf son nom nor­ma­le­ment assez expli­cite.

8h08 Un blin­dé s’est fou­tu dans le fos­sé au niveau de la bar­ri­cade des Lascars.

 
7h58 Les flics se retirent des VRAIES ROUGES pour reprendre leur posi­tion pré­fé­rée autour de feu Lama Faché. Ils com­mencent vrai­ment à l’aimer ce car­re­four, arri­ve­ront-ils à le quit­ter un jour ?
7h57 L’AMBAZADA enva­hie par les flics, qui gazent à tout va.
7h45 Gros dis­po­si­tif éga­le­ment autour des Vraies Rouges. Des gens sont sur le toit.
7h42 Un blin­dé attaque la bar­ri­cade “Lascar” qui pro­tège l’accès au che­min de Suez et à la Wardine.
7h39 CARREFOUR DE LA SAULCE : les flics ont pris posi­tion des­sus, les bar­ri­cades sont en feu.
7h35 La Grée : une tren­taine de per­sonnes main­te­nue pri­son­nière, nas­sée, dans la cour. Une per­sonne aurait été éva­cuée en civière, on n’en sait pas plus pour l’instant.
7h34 WARDINE : les flics seraient par­tis, après avoir contrô­lé les iden­ti­tés et fouillé les sacs des per­sonnes pré­sentes sur le cam­ping.
 7h19 Surprise ! La Préfecture ment ! 2 minutes après l’annonce que l’opération ne concer­nait que la Grée on apprend que les flics sont sur le cam­ping de la Wardine, demandent aux gens de ne pas sor­tir de leur tente et contrôlent les iden­ti­tés.
7h13 D’après la Préfecture, l’invasion mas­sive de la zad au petit matin est liée à une opé­ra­tion deman­dée par le pro­cu­reur de la répu­blique et la Police Judiciaire, afin d’effectuer des arres­ta­tions ciblées, notam­ment à la Grée. On reste vigilant.e.s.
5h30 “J’annonce la fin des opé­ra­tions menées par les gen­darmes” a décla­ré la Préfète hier, vers 22h, dans Ouest-France.

 

Jeudi 12 avril 2018 :

En rai­son de la venue de Macron à Bed’huis (près de Nogent-le-Rotrou) où nous serons sur place pour suivre la contes­ta­tion syn­di­cale, nous ne pou­vons assu­rer le fil d’in­fo NDDL. Nous vous ren­voyons au site de la ZAD zad.nadir.org jus­qu’à notre retour.

Mercredi 11 avril 2018 :

21h16 Retour sur la vio­lente éva­cua­tion de la per­sonne qui était sur le toit de la Chèvrerie pour empê­cher sa des­truc­tion : en se rete­nant aux tôles du toit, deux ten­dons sec­tion­nés sur le même doigt , 30 points de suture sur la paume d’une de ses mains, et 15 points de suture sur l’autre face de la même main, l’autre main abî­mée, tout en étant menot­té et éva­cué de force.

20h48 Malgré la “fin” de la jour­née et le retrait d’une par­tie des troupes de GM, les jets de gre­nades offen­sives F4 conti­nuent au car­re­four de la Saulce, et les per­sonnes sur place demandent à des jour­na­listes de les aider en venant consta­ter sur place les per­sonnes bles­sées par les explo­sions.

20h29 La blague du jour : La pré­fète Nicole Klein affirme que “le dia­logue n’est abso­lu­ment pas inter­rom­pu. Il repren­dra, je l’espère, aus­si vite que ce sera pos­sible”. Hé Nicole, on attend le bilan de la médic et on en reparle !

20h09 Retour au “calme” à Lascar, au car­re­four de la Saulce, on compte nos blessé.e.s ! Ils sécu­risent des machines qui sont arri­vées (une mini­pelle et un trac­to­pelle) vers l’Isolette depuis la Pruche. Des camions bennes éva­cuent tout ce qui peut ser­vir de bar­ri­cades tout au long de la route des Fosses et à la Saulce.

19h46 Besoin d’aide ! Malgré les décla­ra­tions de la pré­fète, les troupes de GM sont de plus en plus nom­breuses au car­re­four de la Saulce, et les vio­lences conti­nuent. Ils ont conti­nué à lan­cer des gre­nades lacry­mo­gènes, de désen­cer­cle­ment et offen­sive au lance-gre­nade Cougar dans à peu près n’importe quelle direc­tion ! Un bles­sé a été éva­cué à la bar­ri­cade Lascar.

L’Isolette a été éva­cuée, mais on ne sait pas encore si elle a été détruite.

19h43 Près de La Rolandière, une tren­taine de per­sonnes assises sur la route bloquent les blin­dés

19 h29 Bilan médic inter­mé­diaire, non exhaus­tif et sous-éva­lué ! Aujourd’hui à 17h45, on a vu 9 bles­sures au Flashball, dont une grave au visage, 16 bles­sures suite à des tirs ten­dus de gre­nades lacry­mo­gènes à la tête. Selon les médics, c’est évident qu’ils uti­lisent les gre­nades lacry­mo­genes comme pro­jec­tile pour viser les gen.te.s. Il y aus­si 22 bles­sures liées à des explo­sions de gre­nades, dont une quin­zaine liées à des éclats de gre­nades, y com­pris à la gorge, et avec des séquelles sus­pec­tées au niveau des ten­dons et des nerfs, et d’autres avec des troubles audi­tifs liées aux explo­sions de gre­nade F4 tirées à l’aveugle sur les gent.te.s. Avec en plus 12 bles­sures diverses à la tête, cer­taines tou­chant l’œil.

Il y a eu l’évacuation d’une per­sonne gra­ve­ment bles­sée en voi­ture par des aides-soignant.e.s qui a été blo­quée pen­dant plus de 30 minutes, avant d’avoir accès au SAMU, sans que les soignant.e.s soient autorisé.e.s a reve­nir.

Il y a trois jour­na­listes bles­sés après avoir été déli­bé­re­ment visés.

19h16 Les affron­te­ments se pour­suivent au car­re­four de la Saulce. Deux héli­cos tournent, des gre­nades explosent par dizaine, par­fois à trois mètres du sol. En face, côté zadistes, des mélanges de boue, de bouse et de cock­tails Molotov.

19h02 L’équipe médic est pas assez nom­breuse pour prendre en charge tous les bles­sés, et cer­taines par­ties de la zad ne sont tou­jours pas acces­sibles aux équipes médics, notam­ment à cause des GM qui empêchent les gent.te.s de pas­ser, notam­ment les jour­na­listes pour évi­ter les pho­tos et témoi­gnages.

18 h46 La 4L est à terre, une cabane de plus a été détruite par les pel­le­teuses, les conflits sont très vio­lents et conti­nuent au car­re­four de la Saulce, les jour­na­listes sont cho­qués des vio­lences obser­vées ! La Grée est tou­jours entou­rée par d’innombrables GM !

18h35 — Point sur la situa­tion. Ce mer­cre­di après-midi, les gen­darmes ont mené une grande offen­sive sur la Zad. La mani­fes­ta­tion fes­tive menée par une batu­ca­da s’est ter­mi­née en de vio­lents affron­te­ments. D’autre part, les gen­darmes mobiles ont enva­hi le car­re­four de la Saulce, point névral­gique de la Zad, ain­si que les routes menant aux Fosses noires et à la Rolandière. Ils ont détruit les cabanes situées autour de la Grée et des Fosses noires (Sécherie, Gourbi, Isolette). L’équipe Médics a recen­sé de nom­breuses bles­sures — 9 cau­sées par un fla­sh­ball, 16 suites à des tirs ten­dus de lacry­mo­gène, et 22 bles­sures liées à des explo­sions des gre­nades

18h33 Pendant ce temps au car­re­four de la Saulce, des cock­tails Molotov et des bouses de vaches sont jetés au cor­don de gen­darmes mobiles.

18h30 Aux Fosses noires, pas mal de monde s’est retrou­vé pour se repo­ser autour d’une tasse de thé chaud. L’écho des affron­te­ments est loin­tain. Quelques per­sonnes jouent de la musique. Cris et huées au moment où les gen­darmes passent, rac­com­pa­gnant la pel­le­teuse vers la route des chi­canes. Les opé­ra­tions de des­truc­tion des cabanes semblent donc être finies pour cette après-midi.

18h26 — com­mu­ni­qué de l’équipe Médics. « 9 bles­sures au fla­sh­ball dont une grave parce qu’au visage. 16 bles­sures suites à des tirs ten­dus de lacry­mo­gène com­pris sur la tête, c’est évident qu’ils uti­lisent lacry­mo­gène comme un pro­jec­tile pour viser les gens. 22 bles­sures liées à des explo­sions des gre­nades, une quin­zaine avec des éclats de gre­nades com­pris une à la gorge, cer­tains avec des séquelles sus­pec­tés des ten­dons et des nerfs, et d’autres avec des pro­blèmes audi­tifs.
En total, 12 bles­sures diverses à la tête, cer­taines tou­chant l’œil. Évacuation d’une per­sonne en état grave en voi­ture par des soi­gnants qui a été diri­gée sur une route par des gen­darmes où ils ont été blo­qués par 2 blin­dés pen­dant 30 minutes avant qu’ils ne laissent entrer le SAMU puis empêchent les soi­gnants de rejoindre le site. 3 jour­na­listes bles­sés, dont deux alors qu’ils étaient visi­ble­ment iden­ti­fiables comme jour­na­listes. L’essentiel des bles­sés fait suite à une charge devant une ras­sem­ble­ment bon enfant de toute âge avec une batu­ca­da après le pic­nic. »
L’équipe Médics a été ins­tal­lée dans une tente der­rière les Fosses noires.

17h50 Après l’offensive de l’après-midi, des gen­darmes sont posi­tion­nés depuis les Fosses noires jusqu’au car­re­four de la Saulce, et sur 100 mètres entre le car­re­four et la Rolandière, où se trouve un de nos deux repor­ters. Sur la route, 200 per­sonnes envi­ron sont face à eux. Commentaire de Geneviève Coiffard : « notre vic­toire ne sera pas mili­taire mais poli­tique, grâce aux nom­breux sou­tiens que nous ne ces­sons de rece­voir ». Des cabanes sont en cours de des­truc­tion, pro­ba­ble­ment autour de l’Isolette, de la Sécherie, du Gourbi.

17h35 Le Gourbi, dôme géo­dé­sique en terre/paille construit très col­lec­ti­ve­ment lors des chan­tiers fes­tifs lan­cés au moment du réfé­ren­dum bidon­né sur l’aéroport, vient d’être démo­li.

17 h 23 Du côté de la Grée, bonne nou­velle, ils viennent d’embourber un camion bâché et ils ne sont pas très nom­breux (une ving­taine de flics).

17 h 20 Entre six et dix pel­le­teuses en pro­ve­nance de Vigneux et en direc­tion de la saulce viennent d’être signa­lées.

16h55 La tente Médics a été dépla­cée der­rière les Fosses noires. Les gen­darmes seraient tout autour de ce lieu de vie et agri­cole. Du côté de la Grée, les lieux-dits l’Isolette et la Sécherie auraient été pris par les gen­darmes mobiles. L’électricité ayant été cou­pée au niveau des Fosses noires et du che­min de Suez, Radio Klaxon, la radio pirate de la Zad n’émet plus pour le moment.

16h35 Pendant ce temps-là, à l’Assemblée natio­nale, lors des ques­tions au gou­ver­ne­ment, le Premier ministre a balayé l’idée d’une pause, mal­gré les demandes de plu­sieurs dépu­tés de la majo­ri­té. Édouard Philippe a salué le « très grand pro­fes­sion­na­lisme » des gen­darmes. « Les opé­ra­tions se déroulent confor­mé­ment au calen­drier qui avait été envi­sa­gé […] les opé­ra­tions vont se pour­suivre dans le même esprit, avec la même fer­me­té et avec la même mesure », a‑t-il décla­ré, d’après Ouest-France.

16h30 Le four­gon et l’équipe Médics ont dû démé­na­ger en catas­trophe du lieu-dit Le Gourbi où ils s’étaient repliés. Au moins un bles­sé grave côté zadiste a dû être éva­cué vers un hôpi­tal.

16h27 L’electricité a été cou­pée sur tout le che­min de Suez et route des fosses Noires.

16h02 Les GM ont posé une bar­rière anti émeute sur la D81 au niveau de Land Rohan. Ils sont main­te­nant déployés au car­re­four de la Saulce et aux abords de la forêt de Rohanne de Lama sacré jusuq’à la Saulce, ils ont pris la route des fosses noires . Ils sont au nord de la Saulce et au sud du Moulin. Un bles­sé au niveau du Gourbi devrait être éva­cué. Tout ce dis­po­si­tif leur per­met de détruire l’Isolette, en cours.

16h10 Une jour­na­liste de Reporterre, pré­sente sur le ter­rain, Marie Astier, a été bles­sée vers 15h15, non loin de la route D 281, dans un champ, par un éclat de gre­nade qui l’a frap­pée à l’arrière du genou droit.

16h05 Les affron­te­ments se pour­suivent à la Grée. Deux grim­peurs de la gen­dar­me­rie sont au pied du bâti­ment, s’apprêtant à aller délo­ger les habi­tants sur le toit.

15h50 Des gen­darmes mobiles sont signa­lés à la Grée et autour de la Saulce et de la Sécherie. Canapés, pou­belles et sièges de voi­ture s’entassent sur une bar­ri­cade en flammes à la Grée. Des car­casses de voi­ture sont éga­le­ment enflam­mées. Des trac­teurs se trouvent autour du bâti­ment ; ils sont assaillis de gre­nades envoyées par les gen­darmes qui cernent la Grée. Les trac­teurs reculent dans le champ atte­nant au hameau.

15h50 Des gen­darmes mobiles sont signa­lés à la Grée et autour de la Saulce et de la Sécherie. Canapés, pou­belles et sièges de voi­ture s’entassent sur une bar­ri­cade en flammes à la Grée. Des car­casses de voi­ture sont éga­le­ment enflam­mées. Des trac­teurs se trouvent autour du bâti­ment ; ils sont assaillis de gre­nades envoyées par les gen­darmes qui cernent la Grée. Les trac­teurs reculent dans le champ atte­nant au hameau.

15h35 Des gen­darmes mobiles attaquent par la Grée et d’autres par le che­min de la Mancelière. Une cin­quan­taine de camions et blin­dés arrivent sur la D81 au car­re­four de la Saulce.

15h00 Suite à l’arrivée de la mani­fes­ta­tion dans le champ, les affron­te­ments ont repris entre zadistes et gen­darmes.

14h50 D’après Ouest-France, le com­man­dant de gen­dar­me­rie qui dirige les opé­ra­tions sur la route D281 a indi­qué : « Nous tenons le ter­rain et nous allons main­te­nant récu­pé­rer un com­par­ti­ment de ter­rain pour per­mettre de conti­nuer les opé­ra­tions et réta­blir l’État de droit ». Pendant ce temps, le cor­tège ini­tié par la batu­ca­da a rejoint un champ et fait face aux gen­darmes. La petite mani­fes­ta­tion reçoit une décharge de gaz lacry­mo­gènes. Les som­ma­tions des gen­darmes alternent avec les rythmes de la batu­ca­da dans un étrange rap.

14h40 Parmi les Cheveux blancs pré­sents au pique-nique, Reine, Bernard, Daniel et Marie-Hélène sont arri­vés « pour défendre les alter­na­tives nées et déve­lop­pées dans le bocage ». Ils viennent sur la Zad depuis dix ans, oppo­sés à « un pro­jet d’aéroport absurde et anti-démo­cra­tique. » A l’inverse, « les pro­jets des jeunes habi­tants sont des pro­jets de culture nour­ri­cière et intel­lec­tuelle », explique Daniel.

14h35 Guidé par une batu­ca­da, un cor­tège s’est impro­vi­sé dans le bocage.

14h30 Communiqué de la Confédération pay­sanne. « Les auto­ri­tés ont refu­sé la main ten­due hier par des habi­tant-e‑s de la ZAD de se mettre autour d’une table, avec comme préa­lable l’arrêt des opé­ra­tions poli­cières. Le gou­ver­ne­ment doit aujourd’hui l’accepter pour obte­nir un retour au calme. Sinon, il prend le risque que l’escalade de la vio­lence consta­tée hier, avec des bles­sés de part et d’autre, ne conduise à un drame. » La Confédération pay­sanne demande l’arrêt de l’intervention et appelle les pay­sannes et pay­sans « à conver­ger aujourd’hui mas­si­ve­ment en trac­teur vers Notre-Dame-des-Landes. »

14h17 La cabane de la Gaité est tom­bée, de même que la Boite Noire et la Dalle à Caca. Ils détruisent ? On recons­trui­ra.

13 h 25 Aux der­nières nou­velles la Bellich tient tou­jours, et le mur anti émeute a quit­té la route entre NDDL et la Boissière.

13h10 La dizaine de trac­teurs arri­vés il y a une petite heure devraient être rejoints par une tren­taine d’autres. En pro­ve­nance du Morbihan, du Maine-et-Loire, de Vendée et bien sûr de Loire-Atlantique, ces agri­cul­teurs ont répon­du à l’appel à soli­da­ri­té lan­cé par Copains 44. D’autres devraient arri­ver dans les pro­chains jours, afin de faire des rou­le­ments : « à cette sai­son, nous avons besoin des trac­teurs sur nos exploi­ta­tions, on ne peut pas les lais­ser une semaine, explique l’un d’eux. Mais nous vou­lons être là, mon­trer notre soli­da­ri­té ». S’ils avaient salué la volon­té de l’Etat de garan­tir la voca­tion agri­cole des terres et s’ils s’étaient mobi­li­sés pour déblayer et rendre à la cir­cu­la­tion la route des chi­canes, ces pay­sans sont été cho­qué par la des­truc­tion des Cent noms lun­di 9 avril : « l’État a fran­chi la ligne rouge, c’était un des pro­jet agri­coles les plus solides de la Zad ».

12h45 D’ici une quin­zaine de minutes débu­te­ra le pique-nique au cam­ping des Cheveux blancs.

12h37 Les affron­te­ments suc­cèdent à des moments de pause. Des bar­ri­cades finissent de brû­ler, tan­dis que d’autres sont construites autour des Fosses noires, à par­tir de boue et de pierres récu­pé­rées sur le lieu de vie « Youpi you­pi » détruit. Comme hier, une dizaine de trac­teurs vigi­lants cir­cule.

12h13 BELLISH : la des­truc­tion du lieu semble immi­nente. Nous appe­lons à se rendre sur place pour faire ce qu’il est pos­sible pour l’empêcher ! Encore un lieu avec un pro­jet agri­cole mena­cé de des­truc­tion, à croire que les gen­darmes ne lisent pas ce qu’écrit la pré­fète sur la voca­tion agri­cole de la zone !

11h30 Selon une infor­ma­tion des Zadistes, les gen­darmes atta­que­raient Bellish, une habi­ta­tion située à un kilo­mètre à vol d’oiseau à l’est de Lama fâché.

11h06 Le dépu­té LREM Matthieu Orphelin « appelle à une pause dans l’opération pour per­mettre un arrêt des affron­te­ments et une reprise du dia­logue ». Là, « les risques sont trop impor­tants pour nos gen­darmes et pour les mili­tants non vio­lents, pré­cise-t-il. En rai­son notam­ment d’un afflux de per­sonnes ultra­vio­lentes ».

11h00 — Point sur la situa­tion. Les affron­te­ments se pour­suivent dans les prai­ries autour du Lama fâché. Vers 10h30, deux per­sonnes ont été éva­cuées par l’équipe Médics. Un groupe d’accueil et des ate­liers ont été mis en place afin d’aiguiller les nou­veaux arri­vants, plus nom­breux qu’hier. Un grand pique-nique est pré­vu à 13 h au cam­ping des Cheveux blancs.

9h57 Une per­sonne arrive avec un méga­phone et prend les gen­darmes à leur jeu : « Commune de la Zad, recu­lez ! ».

9h32 La fumée des lacry­mo­gènes se rap­proche du car­re­four des Fosses noires, où se trouve la cha­riote thé café.

8h59 Le face à face se pour­suit. L’un des zadistes à l’adresse des gen­darmes : « Attention, nous allons faire usage de la boue ! Première som­ma­tion ».

8h40 D’un strict point de vue mili­taire, les gen­darmes ont per­du leur posi­tion de mar­di et ont dû recu­ler pour reve­nir là où ils ont com­men­cé lun­di 9 avril, à 50 mètres à peine de la D281, là où sont les décombres du Lama faché. Malgré des mil­liers de gre­nades lacry­mo­gènes et explo­sives, le lieu du pique-nique de sou­tien pré­vu ce mer­cre­di à 13 h se trouve désor­mais bien à l’arrière de la « ligne de front ». Hier, ce « Camping des che­veux blancs était noyé sous les gaz ».

8h30 Dans le champ qui jouxte la D281, un mani­fes­tant en longue robe de moine rem­plit des seaux d’eau pui­sés dans les trous d’eau et les jette sur un groupe de trois gen­darmes en leur disant : « Un bap­tême au nom de la Zad ». Riposte des mili­taires : un petit nuage de gazeuse à main, qui se dis­perse sans atteindre per­sonne. La deuxième fois, un gen­darme en perd son ton­fa (matraque longue). Le ton­fa est pris aus­si­tôt par le faux moine au milieu des vivats.

8h04 Déjà des lacry­mo­gènes sur le che­min avant les Vraies rouges. La bar­ri­cade a avan­cé de 500 mètres durant la nuit. Sur la D281, les camions de gen­dar­me­rie sont garés. Dans le champ en bor­dure de la route, les gen­darmes sont en groupe de trois à cinq, à cin­quante mètres des camions. Les gens sont dis­per­sés dans le champ devant, quelques-uns avec des bou­cliers.

Mardi 10 avril 2018 :

20h35 

Les affron­te­ments conti­nuent…  tou­jours devant les Vraies rouges, on entend les gre­nades de désen­cer­cle­ment explo­ser toutes les 5 minutes voire moins.

Pour le moment, la Chèvrerie a mal­heu­reu­se­ment été expul­sée et détruite, ain­si que  le Port, la Tour, le No name.

La Boite Noire a été expul­sée mais visi­ble­ment pas détruite, aucun lieu n’a été détruite a cette heure dans la zone Est.

19h51  Bilan médi­cal : L’équipe medic nous fait part d’un bilan non exhaus­tif de cette jour­née très ten­due.

Au moins une tren­taine de per­sonnes ont été trai­tées au point medic du Gourbi, tan­dis que des équipes mobiles ont pris en charge des bles­sures légères qui n’ont elles pas été comp­ta­bi­li­sées.

2 per­sonnes bles­sées gra­ve­ment ont dû être éva­cuées pour être hos­pi­ta­li­sées, et 4 per­sonnes ont été trai­tées pour des bles­sures jugées sérieuses.

La plu­part des bles­sures ont été cau­sées par des éclats de gre­nades désen­cler­clantes (dont au visage ou au tho­rax), des tirs de LBD (là encore au niveau tho­ra­cique), et des tirs ten­dus de gaz lacry­mo­gènes. Cette liste ne prend pas en compte l’exposition au très très nom­breux gaz lacry­mo­gènes qui ont été tirés toute la jour­née.

Par ailleurs depuis la fin d’après midi, de nom­breux tirs de gre­nades GLI-F4 (qui avaient par exemple cau­sé la bles­sure très grave au pied d’un manies­tant à Bure en août der­nier) ont été remar­qués . L’équipe medic signi­fie sa vive inquié­tude pour les jours à venir.

18h01  Les flics de la Saulce ont enle­vé une bar­ri­cade et sont repar­tis. Un.e envoyé.e spécial.e a ten­té en vain de pas­ser à l’est, mais la D281 est trop bien gar­dée, camions cul à cul aux aguets. Forte pré­sence dans la jour­née vers No Name et le Phare Ouest, mais ils auraient galé­ré à accé­der aux cabanes avec leurs machines.

18h00 — Point sur la situa­tion. Les affron­te­ments se concentrent tou­jours autour des Vraies rouges et de la route menant aux Fosses noires. Pour le moment, seule la Chèvrerie a été expul­sée et détruite. D’après la pré­fec­ture, une dizaine de gen­darmes ont été bles­sés par des jets de pro­jec­tiles et de cock­tails Molotov. Côté zadistes, l’équipe Médics fai­sait état en début d’après-midi d’une ving­taine de bles­sés, dont trois sérieux. Plusieurs per­sonnes ont été tou­chées par des éclats de gre­nades. Le bocage est enva­hi par les fumée des gaz lacry­mos, par­fois dis­si­pée par des averses. Des bar­ri­cades sont ren­for­cées à l’aide de maté­riaux récu­pé­rés sur les mai­sons détruites. Les habi­tants ont lan­cé un appel à un grand pique-nique de pro­tes­ta­tion face aux expul­sions et démo­li­tions en cours. Ce pique-nique aura lieu ce mer­cre­di à 13h sur le camp des Cheveux blancs.

17h00 Au nom de l’Acipa, prin­ci­pale asso­cia­tion citoyenne anti-aéro­port, Julien Durand « demande l’arrêt des opé­ra­tions ce soir. Si ce soir, il n’y a pas d’arrêt des éva­cua­tions, il n’y aura pas de reprise pos­sible du dia­logue ».

16h50 Les bar­ri­cades sont ren­for­cées avec des restes de fenêtres, des palettes, des pneus et des taules récu­pé­rés sur les mai­sons détruites. « Quel dom­mage pour les gen­darmes qu’ils n’aient pas tout débar­ras­sé aus­si­tôt les cabanes détruites ! » com­mente un zadiste. Au milieu des gre­nades assour­dis­santes résonne le son d’un accor­déon dia­to­nique.

16h15 — Communiqué de la Confédération pay­sanne. « Hélicoptère, véhi­cules blin­dés, lacry­mo­gènes et 2 500 ner­vis sur place… L’Etat est en train de déployer l’équivalent de près de 50 % des effec­tifs humains qu’elle a enga­gés dans ses opé­ra­tions exté­rieures mili­taires à l’étranger. De quoi le ministre de l’Intérieur veut-il nous pro­té­ger ? Atelier bois, fabrique de pâtes et de bière arti­sa­nale, pro­jets cultu­rels, démar­rage de pro­duc­tion ovine, bou­lan­ge­rie, ate­lier méca­nique, trou­peau col­lec­tif bovin allai­tant… sont autant de pro­jets déjà exis­tants sur place. Aujourd’hui, des pay­sannes et pay­sans en deve­nir ou en place se font expul­ser, ce qui est inad­mis­sible ! »

15h45 Les « che­veux blancs » du « cam­ping des vieux four­neaux » sont de plus en plus nom­breux sur zone. Certains de ces retrai­tés et « jeunes de tous âges » font du ménage dans les champs en ramas­sant les restes de gre­nades et de lacry­mos. Ils iront les dépo­ser devant la pré­fec­ture de Loire-Atlantique. Une dame explique : « le coût com­plet d’une lacry­mo, fabri­ca­tion et lan­cer, c’est 120 euros ».

15h13 Conférence de presse qui s’est tenue à 14h à la Rolandière :

22 per­sonnes por­teuses de pro­jets agri­coles et arti­sa­naux sont inter­ve­nues col­lec­ti­ve­ment pour expri­mer leur conster­na­tion face au double-jeu de la pré­fète et leur déter­mi­na­tion à défendre un pro­jet col­lec­tif pour l’avenir de la Zad. « On s’est enga­gé dans un dia­logue, on y a cru et on s’aperçoit qu’en fait, tous les pro­jets sont mena­cés, » ont-ils dénon­cé.

« La ferme des Cent noms a été rasée en pleine connais­sance de cause qu’il y avait un pro­jet en cours, connu des auto­ri­tés, a regret­té Vincent Delabouglise, pay­san membre de Copains 44, sou­li­gnant que les bre­bis ont été pucées et domi­ci­liées à la ferme une semaine plus tôt. On en tire une consé­quence : tous les pro­jets agri­coles sont mena­cés, y com­pris les his­to­riques dans la mesure où on ne peut avoir aucune confiance dans la parole de l’État. » Aujourd’hui, c’est le pro­jet de maraî­chage aux Vraies rouges qui a été détruit.

Paysans bou­lan­gers, her­bo­ristes ou semen­ciers, pépi­nié­ristes, meu­niers, pay­san bras­seur, char­pen­tier, api­cul­trice, éle­veurs, pro­duc­teurs de plantes médi­ci­nales, arti­sans potier et cuir, maraî­cher. Tous et toutes sont venus rap­pe­ler la dimen­sion col­lec­tive de leurs acti­vi­tés.

« La pré­fète ne parle que de pro­jets indi­vi­duels, elle refuse d’examiner notre pro­jet col­lec­tif, a ain­si expli­qué Willem, éle­veur. Pourtant, une conven­tion d’occupation pré­caire à titre col­lec­tif lui a été pré­sen­tée, il faut qu’elle soit étu­diée. Pourquoi ce pro­jet col­lec­tif serait-il mau­vais alors que l’histoire nous four­nit plu­sieurs exemples de belles réus­sites pour les ter­ri­toires, comme au Larzac ? L’inverse du col­lec­tif, c’est l’isolement, qui mène à l’agrandissement des fermes et aux sui­cides nom­breux dans le monde agri­cole. »

Les per­sonnes pré­sentes ont éga­le­ment pré­ci­sé que « les pro­jets agri­coles prennent du temps ; ce tra­vail est en ges­ta­tion depuis dix ans, sous la menace d’expulsions ; on peut pas en deux mois pro­po­ser un pro­jet par­fait. »

Elles ont deman­dé « le retrait immé­diat des forces de l’ordre et le retour à l’État de droit ». A un jour­na­liste qui deman­dait com­bien de temps les zadistes comp­taient tenir, une habi­tante a répon­du : « Ce n’est pas la ques­tion. Nous vou­lons l’arrêt de la des­truc­tion de nos lieux de vie, lieux de nos ami­tiés, de nos amours et de nos pro­jets agri­coles et arti­sa­naux. »

13h45 En sou­tien à la Zad, l’École des hautes études en sciences sociales de Paris (EHESS) est occu­pée depuis ce matin. Dans un com­mu­ni­qué, des étu­diants expliquent les rai­sons du blo­cage : « Parce qu’on a tou­jours une excuse pour ne pas par­ti­ci­per aux luttes en cours autre­ment que par la pos­ture de l’intellectuel enga­gé. Parce que les mots n’ont jamais mis en déroute les flics, parce que les sémi­naires mili­tants n’ont jamais blo­qué les flux éco­no­miques et que pro­duire un savoir cri­tique n’arrête pas les attaques néo­li­bé­rales qui se suc­cèdent d’années en années dans tous les sec­teurs. Signer une tri­bune dans le Monde n’exempte pas de des­cendre dans la rue et ne pré­mu­nit pas du blo­cage – dis­ser­ter sur la grève ne dis­pense pas de la faire. »

12h38 Aux Fosses Noires, une dizaine de trac­teurs du col­lec­tif Copain arrivent de la ferme de Bellevue, enca­drés par une haie d’honneur, sous les applau­dis­se­ments. « C’est le signe que le mou­ve­ment reste uni et se retrouve face à l’ennemi com­mun », com­mentent les zadistes en finis­sant leur assiette de riz, carottes et pois-chiches ser­vi par la can­tine sous la pluie fine.

12h15 Selon l’équipe Médics de la Zad, il y aurait une ving­taine de bles­sés du côté des zadistes et de leurs sou­tiens, dont trois sérieux. L’un d’eux a été éva­cué à l’hôpital. La plu­part seraient bles­sés par des éclats de gre­nade, l’un serait brû­lé.

11h06 Aux Vraies rouges, une pluie de gre­nades et de gaz lacry­mos. Le blin­dé tente une nou­velle per­cée sans suc­cès ; le nuage dis­si­pé, les oppo­sants avancent à nou­veau.

10h44 Une des per­sonnes qui étaient sur le toit de la Chèvrerie a été frap­pée par les gen­darmes et ame­née à l’hôpital peu avant 10h. Le lieu est en train d’être détruit.

9h55 Une per­sonne a reçu des éclats de gre­nade de désen­cer­cle­ment dans la jambe. Des gens crient « Médics ! ». Il semble y avoir un autre bles­sé.

9h38 Aux Vraies rouges. Les gen­darmes reculent. Ils s’en vont dans un concert de gre­nades assour­dis­santes, de pluie de lacry­mos et avec la voix enre­gis­trée qui répète en boucle : « Obéissance à la loi, der­nière som­ma­tion, on va faire usage de la force ».

9h34 Les gre­nades explo­sives se mul­ti­plient dans le bois.

9h02 Dans la prai­rie, à la Chèvrerie, au milieu des cor­dons de gen­darmes mobiles, en tan­dem der­rière un por­teur de bou­clier, un gen­darme porte un fusil mitrailleur le long de la cuisse.

8h35 Les Vraies rouges atta­qués par un blin­dé avant l’ar­ri­vée de deux trac­to­pelles.

8h36 A la Chèvrerie, une charge de dix mètres repousse les lan­ceurs de boue et les noie sous les gaz que le vent faible rabat sur eux. Les mani­fes­tants reviennent en disant : « Dernière som­ma­tion, nous allons faire usage de la boue ».

8h07 — Toujours près des Fosses noires, une gre­nade assour­dis­sante contre un jet de bou­teille. Au loin, du côté de la Chèvrerie, on entend aus­si des tirs de gre­nades. Le poste de médics a dû se dépla­cer et quit­ter les Fosses noires noyées sous les gaz.

7h44 A la Chèvrerie, les gen­darmes mobiles sont sur­vol­tés. Tirs de fla­sh­ball sans som­ma­tion, une arres­ta­tion.

7h35 L’OPJ (offi­cier de police judi­ciaire) répète en boucle et en conti­nu « Obéissance à la loi, pre­mière som­ma­tion, der­nière som­ma­tion, on va faire usage de la force ».

6h40 C’est encore la nuit. L’hélicoptère tourne autour de la zone et éclaire le sol d’un puis­sant pro­jec­teur. Près des Fosses noires, une bar­ri­cade s’est éle­vée.

 Ci-dessous le fil de la journée de lundi 9 avril 2018

Communiqué de bilan d’une journée d’expulsion sur la zad et appel général à se rendre sur place pour stopper l’opération

L’après-midi se finit dans un bocage asphyxié par les gaz lacry­mo­gènes après déjà de longues heures de résis­tance face à la des­truc­tion d’habitats et fermes de la zad. Au moins 9 lieux de vie col­lec­tifs ont péri, avec leurs divers habi­tats par­ti­cu­liers bri­sés, leurs ate­liers en miettes, leurs jar­dins pié­ti­nés : plan­chettes, plan­chouette, lama fâché, noue non plu, you­piyou­pi, jes­sie james, phare ouest, chè­vre­rie, 100 noms…

L’invasion poli­cière a trou­vé face à elle diverses formes de résis­tance  : bar­ri­cades, bar­rages de trac­teurs, mêlées, per­sonnes se his­sant sur les toits, chan­tant, se tenant dans les bras. Dans les champs, face aux gen­darmes mobiles et à leur machines de morts, on trou­vait des anciens, des jeunes, des voi­sins, des pay­sans, des occu­pants, des cama­rades de par­tout. 6 des sou­tiens mobi­li­sés sur place ont été bles­sés et 7 per­sonnes arrê­tées. Malgré la dis­pro­por­tion des forces en pré­sence, l’absolue supé­rio­ri­té mili­taire des gen­darmes, un peu de ruse et d’imagination a suf­fi à mettre deux fois le feu à leurs machines. Le dieu de la boue en a embour­bé une autre.

A chaque mai­son expul­sée, bri­sée par les mâchoires des trac­to­pelles, c’est un pan de la vie ici que l’État cher­chait à éra­di­quer, et un pan ferme de colère qui se sou­le­vait en nous. Une colère qui s’est dif­fu­sée toute la jour­née à tous ceux qui scru­taient de plus loin ces évé­ne­ments sans avoir pu encore se rendre sur place. Ils seront désor­mais de plus en plus nom­breux dans les pro­chains jours si l’opération conti­nue. Ils revien­dront en masse pour ne pas lais­ser sans habi­tat ceux que l’Etat a cru aujourd’hui expul­ser du bocage…

La des­truc­tion du han­gar, des serres et de la ber­ge­rie des 100 noms, l’évacuation de ses ânes et de ses mou­tons a ache­vé de dévoi­ler l’hypocrisie abso­lue de la pré­fec­ture, y com­pris sur sa pré­ten­tion affi­chée à conser­ver les pro­jets agri­coles. La pré­fète en pro­fite pour appuyer sur un chan­tage abject à pro­pos des autres lieux abri­tant des pro­jets agri­coles : aban­don­nez la vision col­lec­tive main­te­nant ou vous connai­trez le même sort et les mêmes des­truc­tions. La mai­son des vraies rouges, les jar­dins maraî­cher et médi­ci­nal du Rouge et Noir, et bien d’autres pour­raient bien être en ligne de mire demain. En ce qui concerne cette ferme, un réfé­ré pour voie de fait va être dépo­sé par Me Hurriet à l’encontre de la Préfecture. Les habi­tants des 100 noms s’étaient en effet iden­ti­fiés auprès d’AGO-VINCI et de la pré­fec­ture dès 2013, puis de nou­veau en 2016 et en 2018. AGO-VINCI l’ont sciem­ment igno­ré et ont bafoué le droit de la manière la plus gros­sière en refu­sant de les lais­ser accé­der mal­gré tout à une pro­cé­dure nomi­na­tive d’expulsion. Aujourd’hui encore, l’huissier qui accom­pa­gnait l’expulsion de ce lieu a refu­sé de les lais­ser accé­der au juge­ment d’expulsion et de leur don­ner son nom.

Toute la jour­née de nom­breux sou­tiens se sont déjà mani­fes­tés : com­mu­ni­qués et appels de diverses orga­ni­sa­tions (Sud Rail, Greenpeace, etc), occu­pa­tion de la mai­rie à Forcalquier, ras­sem­ble­ments par­tout en France.

Demain, l’État annonce la pour­suite des expul­sions et de sa volon­té d’éradication de l’expérience de la zad. Il fau­dra les empê­cher, s’enraciner, res­ter. Nous appe­lons tous ceux qui peuvent à se rendre sur place dès l’aube pour leur faire obs­tacle. Nous appe­lons à des mobi­li­sa­tions et réac­tions déter­mi­nées par­tout ailleurs en France.

La zad res­te­ra !

9 avril 2018.

La mai­son des Cent Noms

À son tour déchi­que­tée par les engins de des­truc­tion sous des nuages de lacry­mos. « Arrêtez de détruire ma mai­son ! » pleure de rage une de ses habi­tantes. (17 h. 45)

Greepeace France

Il est irres­pon­sable de la part du gou­ver­ne­ment d’utiliser la force et la répres­sion aujourd’hui à Notre-Dame-des-Landes. Alors que la coor­di­na­tion du mou­ve­ment sur place construit depuis des mois des pro­po­si­tions pour l’avenir de ce ter­ri­toire, dans une logique de res­pect de l’environnement et de soli­da­ri­té, le gou­ver­ne­ment a choi­si la démons­tra­tion de force plu­tôt que le dia­logue. Cette méthode est inac­cep­table. Expulser et mena­cer de des­truc­tion un lieu de vie comme les 100 noms, où ber­ge­rie, pota­gers et autres pro­jets agri­coles fleu­rissent, illustre par exemple l’absurdité de l’action du gou­ver­ne­ment sur place et l’incohérence de son dis­cours. L’opération de com­mu­ni­ca­tion déployée par le gou­ver­ne­ment pour ten­ter de légi­ti­mer cette inter­ven­tion et d’en contrô­ler son trai­te­ment média­tique est très pré­oc­cu­pante. Sous cou­vert de beaux dis­cours prô­nant dia­logue et concer­ta­tions, nous nous inquié­tons de voir la dérive répres­sive de l’État à l’œuvre contre les com­bats envi­ron­ne­men­taux. Nous réaf­fir­mons notre sou­tien au pro­jet d’avenir de la ZAD et à celles et ceux qui se sont bat­tu-e‑s pour ce ter­ri­toire pen­dant des années. (15 h. 40)

Sud Rail

« La Fédération SUD-Rail apporte tout son sou­tien aux zadistes et appelle à par­ti­ci­per mas­si­ve­ment aux ini­tia­tives de sou­tien et de défense des habi­tants de NDDL par­tout sur le ter­ri­toire », indique-t-il. « Alors que des dis­cus­sions étaient en cours avec la pré­fec­ture, alors que les habi­tants n’étaient juri­di­que­ment pas expul­sables, c’est donc encore la logique guer­rière et répres­sive que le gou­ver­ne­ment a choi­si (…). Cette vio­lence, il l’utilise à l’encontre de toutes celles et ceux qui lui résistent. Les che­mi­nots ne sont pas en reste comme les étu­diants, les éboueurs, les pos­tiers avec le licen­cie­ment de Gaël Quirante [syn­di­ca­liste licen­cié contre l’avis de l’inspection du tra­vail], les migrants et plus lar­ge­ment celles et ceux qui refusent sa vision ultra­li­bé­rale de la socié­té. SUD-Rail condamne fer­me­ment cette logique auto­ri­ta­riste qui n’a pour but que de pous­ser les acteurs du mou­ve­ment social dans une spi­rale dan­ge­reuse. Macron semble déci­dé à avoir son affron­te­ment à la Thatcher. (…) Nous appe­lons l’ensemble des che­mi­not-e‑s à s’inscrire dans une conver­gence des luttes et à dur­cir le mou­ve­ment pour mettre fin à ces poli­tiques réac­tion­naires et vio­lentes. » (15 h. 34)

Aux Ardillères

13 trac­teurs vigi­lants face aux GM depuis 15 heures sur la D81 (15 h 28)

Aux cents Noms

Aux Cent Noms

Les GM laissent 5 minutes aux per­sonnes pour par­tir. Ils n’ont pas l’ordonnance, pré­tendent que c’est la pré­fète qui la détient. Il y des gen­darmes tout autour, les copin.e.s sont sur leur toit. (11 h. 54)

 

Déclaration d’Ensemble! 44 suite au début d’in­ter­ven­tion mili­taire sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes

Ensemble! condamne fer­me­ment l’in­ter­ven­tion mili­taire qui vient de débu­ter contre la ZAD de Notre-Dame-des-Landes au mépris des appels conver­gents des asso­cia­tions et col­lec­tifs citoyens d’œuvrer, par le débat, à une issue paci­fique res­pec­tueuse de tous les actrices et acteurs de la résis­tance  citoyenne qui ont conduit à l’abandon du pro­jet d’aéroport.

Le recours à la force, avec ses consé­quences en chaine incer­taines et dan­ge­reuses, est non seule­ment une faute poli­tique majeure mais l’expression d’une vio­lence d’État pour punir rétros­pec­ti­ve­ment celles et ceux qui, en unis­sant leurs forces, ont per­mis l‘abandon du pro­jet d’aéroport et l’expérimentation d’alternatives pay­sannes et éco­lo­giques sur la ZAD.

Ce Gouvernement montre ain­si son intran­si­geance, comme il le fait face aux che­mi­not-e‑s en lutte pour la défense du ser­vice public et aux jeunes qui agissent pour le droit aux études.

Ensemble! appelle à la mobi­li­sa­tion uni­taire contre la répres­sion à Notre-Dame-des-Landes et la dure­té de ce gou­ver­ne­ment de régres­sion sociale.

 

Forcalquier

50 per­sonnes occupent en ce moment même la mai­rie de Forcalquier en sou­tien à la ZAD (pho­to ci-contre)

Conférence de presse des habi­tants à La Rolandière :

Elle est tenue conjoin­te­ment par des habi­tants et des repré­sen­tants de l’Acipa, de Copain 44 (les pay­sans), les Naturalistes en lutte et la Coordination. Tous se disent « très en colère », sou­li­gnant la contra­dic­tion incom­pré­hen­sible entre la « volon­té d’éradication de la Zad » par 2.500 gen­darmes et les décla­ra­tions de la pré­fète par­lant d’apaisement et de lais­ser du temps au pro­ces­sus. La Coordination met aus­si en cause la « concer­ta­tion », à laquelle ils ont par­ti­ci­pé acti­ve­ment, menant un « gros tra­vail qui sem­blait construc­tif et qui amène une grosse décep­tion ». Les habi­tants observent aus­si qu’on par­lait « d’expulsions ciblées » alors qu’en fait 40 lieux de vie sont visés. (10 h. 42)

Témoignage d’un habi­tant :

« Je suis à la Grée, on a éva­cué tout le maté­riel de l’atelier rap et les ins­tru­ments de musique qui crai­gnaient. Il y a des bar­ri­cades tout autour. Les gen­darmes sont à envi­ron 50 mètres d’ici et ne bougent pas. Dès que quelqu’un s’approche un peu trop, ils lancent des gre­nades lacry­mo­gènes. Tout le monde s’observe mutuel­le­ment. Les trac­to­pelles arrivent. Ils vont com­men­cer à détruire les cabanes qui sont si mignonnes, notam­ment à l’Est de la “route des chi­canes”, qui est l’endroit le plus joli du monde, une sorte de pays de Peter Pan. On avait mis le réveil à 4 heures du matin. Finalement, on m’a réveillé à 3h30 avec un café et le sou­rire, les gen­darmes étaient déjà là depuis 2h30 du matin. Une par­tie de notre tra­vail de la mati­née était de gar­der les bar­rages fil­trants. Il y a des chi­canes, mais on veut que les gens qui vont tra­vailler puissent pas­ser. La plu­part nous ont deman­dé gen­ti­ment s’ils pou­vaient pas­ser et nous ont dit qu’ils nous sou­te­naient. Autour de nous, il y a des des rei­nettes, des ros­si­gnols, des cou­cous et beau­coup d’hirondelles. Parmi les sou­tiens venus en ren­fort, il y a beau­coup de retrai­tés, c’est assez mignon ! Et aus­si une quin­zaine ou une ving­taine de trac­teurs. » (10 h. 25)

Un cour­riel envoyé par l’équipe Presse de la Zad :

« Il est main­te­nant assez clair qu’ils ne vont pas limi­ter leur opé­ra­tion “ciblée” à quelques lieux proches de la route, mais qu’ils vont l’étendre beau­coup plus. Ils annoncent 40 lieux expul­sés, c’est énorme. il semble même qu’ils envi­sagent éven­tuel­le­ment de tout expul­ser sauf les mai­sons en dur et que ce soit encore en débat entre la pré­fec­ture et les com­man­dants de gen­dar­me­rie On a besoin de sou­tien abso­lu­ment pour limi­ter l’ampleur de l’opération et sa légi­ti­mi­té. En ce sens toutes les com­mu­ni­qués en propre d’organisations ou un com­mu­ni­qué inter­or­ga­ni­sa­tions seraient les bien­ve­nus. »

Communiqué — les expul­sions ont com­men­cé, la ZAD appelle à se mobi­li­ser

lun­di 9 avril 2018

Conjurée des années durant par le mou­ve­ment, une nou­velle ten­ta­tives d’expulsions sur la zad de Notre dame des landes a com­men­cé. Dès 3h du matin, l’opération s’est déployée dans toute sa bru­ta­li­té : inter­mi­nables files de four­gons bleu marine, chars blin­dés, lacry­mos, pre­miers bles­sés et pre­mières arres­ta­tions. Les gen­darmes ont annon­cé que les jour­na­listes étaient stric­te­ment inter­dits “sur tout le dis­po­si­tif” et leur ont blo­qué l’accès au site. Ils ont affir­mé que la prise d’images de presse était pro­hi­bée et que les médias devraient se conten­ter de celle four­nies par la gen­dar­me­rie.

Ces expul­sions confirment la pré­ten­tion du gou­ver­ne­ment à réta­blir le droit tout en s’asseyant gros­siè­re­ment des­sus. La pré­fec­ture n’a même pas dai­gné lais­ser la pos­si­bi­li­té aux habi­tants de la zad d’avoir accès aux bases mini­males du droit au loge­ment, en l’occurence des pro­cé­dures nomi­na­tives et contra­dic­toires en cas de volon­té d’expulsion. Les habi­tants de la plu­part des lieux de la zad s’étaient pour­tant nom­més et iden­ti­fiés à plu­sieurs reprises au cours des der­nières années.

Le double jeu lamen­table de la pré­fec­ture s’affiche aujourd’hui dans toute son hypo­cri­sie : l’annonce de la recherche d’une évo­lu­tion “sereine et apai­sée de la situa­tion” tout en envoyant 2500 poli­ciers ici raser des habi­tats. On nous annonce un tri qui va s’opérer selon des caté­go­ries qui sont de pures fic­tions qui ne répondent un rien d’autre qu’aux besoins du sto­ry tel­ling répres­sif dans lequel le gou­ver­ne­ment s’est enfer­mé. Il n’y pas ici de radi­caux d’un côté et de pay­sans de l’autre mais un ensemble de façons entre­mê­lées de par­ta­ger ce ter­ri­toire. Contrairement à ce qu’affirme Gérard Collomb, per­sonne ne s’est d’ailleurs régu­la­ri­sé indi­vi­duel­le­ment ces der­nières semaines au dépend des autres. L’ensemble du mou­ve­ment a pro­po­sé un cadre de conven­tion col­lec­tive pour l’ensemble des habi­tants et pro­jets.

Mais le gou­ver­ne­ment ne pou­vait pas sim­ple­ment admettre que le pro­jet d’aéroport était inutile, il fal­lait abso­lu­ment qu’il se venge de ceux qui l’avaient for­cé à cet aban­don. La terre se meurt, les formes éco­no­miques les plus bru­tales atro­phient nos vies, et par­tout des per­sonnes aspirent à sor­tir cet état de fait. Elles étaient 30 000 le 10 février à s’engager à sou­te­nir l’avenir de la zad. Mais Le mes­sage poli­tique du gou­ver­ne­ment est ce matin très clair : il ne devra être lais­sé aucune pos­si­bi­li­té à des espaces d’expérimentation.

Notre colère est ce matin pro­fonde face au lamen­table gâchis que repré­sente la des­truc­tion enga­gée des mai­sons et espaces de vie que nous avons construits ici. Notre émo­tion est grande à l’idée que l’expérience col­lec­tive de la zad soit mise en dan­ger par le défer­le­ment poli­cier. La zad ne dis­pa­raî­tra pas pour autant. Nous habi­tons ici, nous sommes enraciné.e. s à ce bocage, nous ne par­ti­rons pas. Nous saluons le cou­rage des per­sonnes qui nous ont déjà rejoint.e.s sur le ter­rain et ont répon­du aux appels. En 2012, l’arrogance écra­sante de l’Etat a fini par se retour­ner contre lui. Dans un contexte de mon­tée des grèves, mani­fes­ta­tions, occu­pa­tions dans tout le pays, gageons que l’expulsion de Notre Dame des Landes devien­dra un nou­veau moteur de la révolte qui se dif­fuse ici et main­te­nant. Cette opé­ra­tion de des­truc­tion se retour­ne­ra de nou­veau contre ses auteurs.

Nous appe­lons toutes celles et ceux qui peuvent nous rejoindre dès main­te­nant ou dans les pro­chains jours à venir sur la zad. Plus de 80 ras­sem­ble­ments sont d’ores et déjà pré­vus par­tout en france ce soir, à Nantes et Rennes à 18h entre autres. La réponse face à ces expul­sions se trou­ve­ra aus­si dans la durée. Une mani­fes­ta­tion est appe­lée à Nantes ce same­di et une conver­gence sur la zad ce week-end.

Gendarmes mobiles dans le bois
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