Gilets Jaunes à Margon, le 8 décembre 2018

Après des semaines de silence ou de paroles creuses, Macron a com­pris la puis­sance du sou­lè­ve­ment popu­laire. Mais il refuse de s’attaquer aux véri­tables déten­teurs de la richesse pour répondre à la crise sociale et poli­tique.

Le SMIC aug­men­té de 100 euros ? C’est tou­jours bon à prendre, mais ce n’est pas une aug­men­ta­tion de salaire ! C’est une prime payée par l’Etat, pas par les patrons. Ce sera donc au détri­ment des ser­vices publics ou par nos impôts : drôle de cadeau.

Les retraité.e.s qui ont moins de 2000 euros n’auront plus la hausse de dizaines d’euros de CSG : très bien, mais les retraites n’augmentent plus depuis des années ! Leur indexa­tion sur la hausse des prix est refu­sée. Les heures sup­plé­men­taires défis­ca­li­sées, ce n’est pas une hausse des salaires, c’est encore nos impôts qui financent. De plus, les heures sup­plé­men­taires empêchent d’employer les pri­vés d’emplois : Macron n’a rien dit pour les chô­meurs ! Pire : il conti­nue de leur faire les poches en impo­sant près de 4 mil­liards d’économies à l’UNEDIC. Enfin, Macron conti­nue de favo­ri­ser les plus riches en refu­sant de reve­nir à l’ISF, pri­vant ain­si de 5 mil­liards celles et ceux qui n’arrivent pas à bou­cler les fins de mois. Quant à l’urgence cli­ma­tique, elle a dis­pa­ru de son dis­cours. Alors que plus de 100 0000 per­sonnes ont défi­lé same­di 8 décembre !

Pas un mot pour les lycéens, les étu­diants enga­gés dans une lutte contre la sélec­tion et la réforme du bac­ca­lau­réat ! Or le bac Macron aura une valeur dif­fé­rente selon les lycées d’où on vient, et les droits d’inscription sont gra­ve­ment aug­men­tés pour les étudiant.e.s étran­gers. La seule réponse est poli­cière : mettre les lycéen.ne.s à genoux parce que ce gou­ver­ne­ment ne veut pas d’une jeu­nesse debout.

Les annonces de Macron n’arrêteront pas l’action de celles et ceux qui agissent depuis près d’un mois sur les car­re­fours et dans la rue. Et qui réclament aus­si une vraie démo­cra­tie poli­tique. Or, le pré­sident n’a rien annon­cé à ce sujet alors que, sur les bar­rages, les exi­gences de son départ, de la dis­so­lu­tion de l’assemblée, d’un réfé­ren­dum, se sont expri­mées.

En grève et dans la rue le 14 décembre

Les annonces Macron montrent néan­moins que le pou­voir peut recu­ler. C’est la pre­mière fois depuis que les jeunes avaient gagné sur le CPE en 2006. C’est la preuve que, par une action déter­mi­née on peut obte­nir satis­fac­tion. Mais la mobi­li­sa­tion est encore parce que tout le monde ne s’y est pas encore mis, notam­ment dans les entre­prises.

C’est aux gilets jaunes de déci­der un acte 5 le same­di 15 décembre. Notamment dans des assem­blées géné­rales.

Mais, dès ce ven­dre­di 14 décembre, les orga­ni­sa­tions syn­di­cales appellent à se mobi­li­ser par la grève et dans la rue. Les salarié.e.s, les privé.e.s d’emploi, les lycéen.ne.s et étudiant.e.s, mon­tre­ront leur force. Ce peut être le début d’une mobi­li­sa­tion géné­rale pour un véri­table chan­ge­ment de poli­tique, pour :

- La jus­tice fis­cale, et d’abord le réta­blis­se­ment de l’ISF, la baisse de la TVA sur les pro­duits de pre­mière néces­si­té, l’annulation des hausses de la CSG, l’annulation du CICE (40 mil­liards).

- Une vraie aug­men­ta­tion des salaires, payées par les entre­prises : la hausse du SMIC à 1800 euros, et 300 euros d’augmentation des indem­ni­tés de chô­mage, des pen­sions, des mini­mas sociaux.

- L’arrêt du déman­tè­le­ment des ser­vices publics de proxi­mi­té, des fer­me­tures de lignes fer­ro­viaires, le déve­lop­pe­ment de trans­ports publics de qua­li­té, notam­ment dans les zones rurales et dans les ban­lieues.

- Une poli­tique éco­lo­gique qui s’attaque aux prin­ci­paux res­pon­sables de la dégra­da­tion envi­ron­ne­men­tale et non aux popu­la­tions en dif­fi­cul­té.

Le mou­ve­ment ENSEMBLE sou­tient la mobi­li­sa­tion pour ce chan­ge­ment total de poli­tique.

Le gou­ver­ne­ment reste sourd ! Si le pou­voir ne cède pas, ce sera au peuple de tran­cher. Un réfé­ren­dum sur des mesures sociales est indis­pen­sable.

 

Le 11 décembre 2018.