C’est plus de 4 000 mani­fes­tants qui, à Chartres,  ont répon­du à l’appel des syn­di­cats, ce 5 décembre, pour deman­der le retrait du pro­jet réforme « par points » du régime de retraites. Il faut remon­ter loin pour retrou­ver une telle affluence, sans doute en 2003 ou 2010 lors d’autres mobi­li­sa­tions pour les retraites, voire en 1995 où Juppé avait dû plier. Lors des mani­fes­ta­tions contre la loi Travail d’El Kohmri, la par­ti­ci­pa­tion avait culmi­né à 1 000 dans la capi­tale de la Beauce.

Derrière les ban­de­roles des trois prin­ci­paux syn­di­cats défi­laient envi­ron 90% des mani­fes­tants, dans trois tron­çons d’importances équi­va­lentes. Solidaires et l’UNSA accueillant les 10% res­tants. À noter aus­si, la pré­sence signi­fi­ca­tive de Gilets Jaunes, notam­ment de Chartres et Nogent-le-Rotrou (1).

 

Un dyna­misme retrou­vé

 

Le défi­lé a été dyna­mique, la reprise des slo­gans joyeuse. On sen­tait le plai­sir de mani­fes­ter, d’être ensemble, d’être forts, le refus de se lais­ser faire. Les retraites n’étaient pas les seules moti­va­tions , mais aus­si : le ras-le-bol du blo­cage des salaires, des condi­tions de tra­vail, de la pré­ca­ri­té, des atteintes aux ser­vices publics. On pou­vait iden­ti­fier de nom­breux jeunes sala­riés ou chô­meurs et beau­coup de femmes.

Devant la pré­fec­ture, après avoir repris leurs griefs contre le pro­jet Macron et leurs pro­po­si­tions, les porte-paroles des syn­di­cats ont expri­mé leurs visions de la suite du mou­ve­ment.

 

Quelle suite au mou­ve­ment ?

 

« FO appelle les sala­riés du public, du pri­vé, par­tout où c’est pos­sible à se réunir en assem­blées géné­rales pour déci­der de la recon­duc­tion de la grève, avec nos cama­rades che­mi­nots et de la RATP et des trans­ports. »

CGT : « Dès demain, convo­quons des AG dans les entre­prises et déci­dons de la suite à cette jour­née de grève. C’est en conti­nuant la mobi­li­sa­tion et les actions dans les entre­prises, y com­pris la grève que nous réus­si­rons à faire recu­ler le gou­ver­ne­ment. Restons unis et mobi­li­sés le temps qu’il fau­dra. »

« La FSU pro­pose que nous dis­cu­tions dès ce soir, ici, de ce que nous fai­sons demain et la semaine pro­chaine. Nationalement, dès demain matin l’Interpro CGT FO FSU Solidaires se réunit et nous pour­rons conti­nuer à nous orga­ni­ser. »

Solidaires : « Demain, la lutte conti­nue et je vous invite à conti­nuer le mou­ve­ment. La lutte doit être per­pé­tuelle et elle doit être conti­nue. Je vous invite à une AG, après vette mani­fes­ta­tion, pour débattre et échan­ger. »

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  1. Après les prises de paroles syn­di­cales, les Gilets Jaunes ont deman­dé à s’exprimer au micro. Cette pos­si­bi­li­té leur a été refu­sée par les repré­sen­tants de l’Intersyndicale (Solidaires qui y était favo­rable était mino­ri­taire). Finalement, Benoît Le Cam, un Gilet jaune char­train, avec un méga­phone a pu  faire valoir : « Notre com­bat, il est com­mun à tous… C’est de savoir com­ment on veut vivre ensemble… Est-ce qu’on veut être dans la fra­ter­ni­té et le col­lec­tif ? On sait qu’il y a eu des dis­sen­sions avec des per­sonnes des syn­di­cats. On a fait aus­si des erreurs… C’est pas en s’opposant les uns les autres qu’on y arri­ve­ra. »

 

Prenez connais­sance de paroles de manifestant·e·s en cli­quant ici. Consultez aus­si notre relay web sur les pom­piers de Chartres et notre article sur la mani­fes­ta­tion de Châteaudun.