Le ras­sem­ble­ment de ce same­di 14 décembre, sur la place Châtelet à Chartres, avait été déci­dé par l’assemblée géné­rale  char­traine (ouverte à tous qui se tient chaque soir au kiosque à musique à 17 h.). Solidaires, la FSU et les che­mi­nots CGT y appe­laient aus­si.

Manif en centre-ville

Son objec­tif était de main­te­nir la mobi­li­sa­tion et la pres­sion sur le gou­ver­ne­ment avant la grande mani­fes­ta­tion pré­vue le 17 décembre à Chartres comme dans toute la France. Objectif réus­si puisque 200 per­sonnes ont répon­du à l’appel. Aussi a‑t-il été déci­dé de trans­for­mer le ras­sem­ble­ment en mani­fes­ta­tion à tra­vers le centre-ville à l’heure où la foule cir­cu­lait pour les achats de Noël. Outre de faire entendre les slo­gans désor­mais habi­tuels comme « Retraite à points, retraite en moins ! », cette déam­bu­la­tion a per­mis dis­cus­sions et dis­tri­bu­tion de tracts.

Des déci­sions d’ac­tion prises en AG

Avant le départ comme avant la dis­per­sion, le micro a été ouvert à qui vou­lait s’exprimer. Vincent Chevrollier, pilier de l’AG, dit d’abord briè­ve­ment que les annonces de Philippe n’ont ras­su­ré per­sonne. Puis : « ce qui s’est pas­sé jusqu’ici à Chartres, c’est un petit peu nou­veau, il y a eu des AG où c’est les gré­vistes eux-mêmes, les gens en lutte qui ont déci­dé de leurs actions, comme celle-ci. Ça n’a pas for­cé­ment été bien vu […] C’est pas du tout en contra­dic­tion avec ce que l’Intersyndicale décide. On appelle tous et on sera nom­breux mar­di à la manif. […] ça nous empêche pas de faire des actions et de les voter démo­cra­ti­que­ment. »

Fernand Carré de la CGT Cheminots indique qu’au 10ème jour, la grève est recon­duite jusqu’à lun­di au dépôt de Chartres, donc très peu de trains. «  On ne veut pas aban­don­ner nos jeunes. La réforme, avec les dates butoirs, c’est 35 000 che­mi­nots qui pas­se­raient au régime à points […] Mardi, il faut que ce soit très fort, c’est pour­quoi ce matin, nous avons trac­té à Leclerc. »

Réussir une grande mani­fes­ta­tion le 17 décembre

Benoît Le Cam, Gilet Jaune (d’autres sont pré­sent au ras­sem­ble­ment) : « On sou­tient le mou­ve­ment de grève, c’est impor­tant de sou­te­nir les per­sonnes qui tra­vaillent mais on repré­sente aus­si tous les citoyens, dans leur ensemble, qu’ils soient sala­riés, chô­meurs, anciens, jeunes qui ont des pro­blèmes […] On demande à tout le monde de s’unir, de venir et d’ouvrir les yeux, c’est chaque citoyen qui doit se sen­tir concer­né. »

Céline Prier de la FSU : « Nous sommes pro­fon­dé­ment atta­chés à la soli­da­ri­té, nous refu­sons la divi­sion entre géné­ra­tions et caté­go­ries pro­fes­sion­nelles ain­si que de lais­ser nos jeunes col­lègues subir cette réforme, pas plus que nos enfants ou petits enfants. Ce régime par points, c’est l’incertitude géné­ra­li­sée, la baisse des pen­sions de tous et la pau­pé­ri­sa­tion des retrai­tés qui a déjà com­men­cé, c’est le recul de l’âge de départ à la retraite pour toutes et tous […] il faut faire de la jour­née du 17, une grande jour­née de mobi­li­sa­tion dans la rue, dans la grève et dans les AG. »

Vincent, mili­tant CGT de l’Hôpital témoigne que le gou­ver­ne­ment n’a jamais autant cas­sé la fonc­tion publique hos­pi­ta­lière et annonce qu’un pré­avis de grève illi­mi­tée a été dépo­sé.