Après le « tun­nel » des fêtes de fin d’année, tun­nel pas du tout sombre puisque ponc­tué de mani­fes­ta­tions ( 19, 21, 28 décembre, 4 jan­vier), certes plus res­treintes mais qui ont entre­te­nu la flamme, après ce tun­nel donc, l’enjeu était de savoir si les Euréliens se mobi­li­se­raient encore mas­si­ve­ment. Pari gagné puisque la par­ti­ci­pa­tion (pas loin de 3 000) a per­mis, au départ du Théâtre, de faire le grand tour de la ville par la place Drouaise, le bou­le­vard Jean-Jaurès, la place Morard et la Courtille.

Si le temps, sou­vent plu­vieux, n’incitait pas à l’exubérance, les sonos n’ont pas lais­sé de répit aux mani­fes­tants qui devaient répondre aux sol­li­ci­ta­tions, notam­ment : « — La retraite, elle est à qui ? — Elle est à nous ! On s’est bat­tu pour la gagner, on se bat­tra pour la garder ! ».

Presque reve­nue à son point de départ, la mani­fes­ta­tion a connu un petit moment de flot­te­ment lorsque les che­mi­nots qui étaient au devant de cor­tège, tout de suite der­rière la ban­de­role de tête, se sont enga­gés dans le centre-ville par la rue Mathurin-Régnier. Après un moment d’hésitation,  la tête a sui­vi, puis le gros de la manif, par les rues de la Tonnellerie et du Bois-Merrain.

Il y a urgence à éla­bo­rer un pro­jet com­mun de société”

Deux prises de paroles avant la dis­lo­ca­tion. D’abord celle de Bertrand Clavelier de la CGT Cheminots de Chartres qui a rap­pe­lé que ceux-ci sont en grève depuis plus d’un mois et qu’ « il est de la res­pon­sa­bi­li­té de cha­cun de rejoindre ce com­bat sans délai ». Évoquant la remise de la Légion d’Honneur au PDG de BlackRock-France et la fuite de Carlos Ghosn, il a consta­té « Nous sommes confron­tés à des socio­pathes sans limites qui sont prêts à tout dyna­mi­ter […] La classe domi­nante ne compte plus faire aucun com­pro­mis avec le monde du tra­vail. Eh bien nous aus­si, affir­mons-le haut et fort : que les nui­sibles dégagent. Il y a urgence à éla­bo­rer un pro­jet com­mun de socié­té et plus pré­ci­sé­ment sur les retraites. Un régime uni­ver­sel, pour­quoi pas, mais en ali­gnant tout le monde vers le haut ».

Actions qua­si quotidiennes

Ensuite, Pierre Licout et Bernard Vinsot ont lu la décla­ra­tion com­mune de l’Intersyndicale (CGT, FO, CFE-CGC, FSU, Solidaires) en insis­tant sur la par­ti­ci­pa­tion aux pro­chaines actions qu’elle sou­haite main­te­nir qua­si quo­ti­dien­ne­ment : Vendredi 10 à midi, pique-nique de soli­da­ri­té avec les che­mi­nots à la gare de Chartres, same­di 11 à 14 h. 30, grande mani­fes­ta­tion au départ de la place Morard, etc.

Le soir même l’Intersyndicale natio­nale appe­lait à trois jour­nées d’action natio­nales les 14, 15 et 16 janvier.

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L’intégrale de la mani­fes­ta­tion en deux vidéos

Ci-des­sous toute la mani­fes­ta­tion au départ sur le bou­le­vard Chasles.

Pour voir son pas­sage le long de la butte des Charbonniers (avec, en fin de film, des images d’ar­chives du pas­sage au même endroit, en 2006, de la mani­fes­ta­tion contre le CPE qui a dû être reti­ré), cli­quez sur ce lien.

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Pour voir d’autres pho­tos de cette mani­fes­ta­tion prises par notre ami pho­to­graphe Willy Proust, consul­tez la page Les belles pho­tos de la manif (10 pho­tos du haut de la colonne).