C’est un signe qui ne trompe pas. La soi­rée, à Champhol, de soli­da­ri­té avec les gré­vistes, au soir d’une nou­velle mani­fes­ta­tion dans les rues de Chartres contre la réforme Macron de retraites par points, a ras­sem­blé dans l’enthousiasme 400 participant·te·s ! Le mou­ve­ment per­dure, se diver­si­fie et veut conti­nuer jusqu’au retrait. Il amal­game peu à peu les dif­fé­rentes sen­si­bi­li­tés qui font bien de faire de leurs dif­fé­rences une richesse pour la lutte. Comme disait le poète :

« Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le déli­cat
Fou qui songe à ses que­relles
Au cœur du com­mun com­bat. »
(1)

De Solidaires à la CFE-CGC, les syn­di­cats res­tent unis depuis le début. Toutes les nuances de la gauche de LO à des mili­tants PS, tous ceux qui veulent vrai­ment un autre monde plus soli­daire sont là. Et tous ceux qui ne se donnent pas d’étiquette aus­si.

 

Chapeau pour les gré­vistes

Pour entrer, on donne « au cha­peau », selon ses moyens et son cœur (2). Même en arri­vant en avance, on se retrouve dans un hall de la salle Jean-Moulin bon­dé où Marie Pétrolette essaie de faire entendre ses chan­sons fémi­nistes au milieu des sand­wichs et bois­sons indis­pen­sables après avoir lon­gue­ment mar­ché dans Chartres.

La salle rem­plie, toutes les chaises occu­pées et de nom­breuses per­sonnes res­tées debout, Bertrand Clavelier, secré­taire des che­mi­nots CGT de Chartres, dit quelques mots : « Ce qui se passe à Chartres est incroyable. Au bout de 43 jours pas­sés ensemble, nous appre­nons à nous connaître et à retrou­ver la fra­ter­ni­té dans les rela­tions humaines. C’est aus­si ça, la lutte. […] Nous nous trou­vons dans un mou­ve­ment social d’une puis­sance inéga­lée depuis des décen­nies. La manière dont le pré­sident, le plus mal élu de France, gère la réforme des retraites, tant sur le conte­nu que sur la forme, nous place dans un affron­te­ment de classes violent. Nous en avons pris acte et nous rele­vons le défi dans ce mou­ve­ment d’intérêt géné­ral. » Il  conclut : « On recon­duit la grève, on conti­nue ! On conti­nue pour nos liber­tés, pour la démo­cra­tie, pour le retrait de cette réforme, pour une autre socié­té, on conti­nue pour nos enfants. On lâche rien ! »

 

El pue­blo uni­do jamás será ven­ci­do

Marie Pétrolette revient en guest star pour deux titres, plus audibles que dans le hall, avant que Jolie Môme  fasse pétiller la scène de chan­sons plus reven­di­ca­tives et révo­lu­tion­naires les unes que les autres dans des cho­ré­gra­phies épous­tou­flantes. Toutes les tares de notre socié­té capi­ta­liste passent dans leur mou­li­nette :  exploi­ta­tion, consu­mé­risme, cha­ri­té for­ma­tée des peoples… Les inter­mèdes sont l’occasion de déployer l’humour aux dépens des puis­sants. L’hommage aux figures mul­tiples du com­bat sécu­laire pour l’émancipation étreint d’émotion. À plu­sieurs reprises, les révol­tés de la salle reprennent les refrains des chan­sons, notam­ment le célèbre « El pue­blo uni­do jamás será ven­ci­do » en hom­mage aux morts de la répres­sion actuelle contre le mou­ve­ment démo­cra­tique au Chili. Le concert soli­daire se ter­mine par de longs applau­dis­se­ments debout pour remer­cier cette troupe si géné­reuse, enga­gée et soli­daire.

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  1. Louis Aragon : La Rose et le Réseda.
  2. Plusieurs mil­liers d’euros ont été récol­tés.

Pour sou­te­nir Jolie Môme en :

Deux vidéos du concert