Marche annu­lée

 

Depuis sep­tembre et la révé­la­tion qu’un Centre de réten­tion admi­nis­tra­tive (CRA) allait être construit en agglo­mé­ra­tion d’Orléans, la mobi­li­sa­tion s’organise. Un Collectif contre les expul­sions et la réten­tion (COLERE), ras­sem­blant 21 orga­ni­sa­tions syn­di­cales, asso­cia­tives et poli­tiques, appelle à une marche régio­nale le same­di 4 avril pro­chain : ni ici, ni ailleurs, non aux CRA !

Affichage AÉRéSP28 Européennes 2019

Affichage de l’AÉRéSP28 au moment de la cam­pagne des euro­péennes

Le Samedi 4 avril pro­chain, à Orléans, nous mar­che­rons pour dénon­cer la construc­tion d’un Centre de réten­tion admi­nis­tra­tive (CRA) dont l’ouverture est pro­gram­mée en 2023.

Cette marche est appe­lée par un Collectif contre les expul­sions et la réten­tion (COLERE), consti­tué depuis le mois de décembre 2019 et qui regroupe pour l’heure 21 orga­ni­sa­tions syn­di­cales, asso­cia­tives et poli­tiques et col­lec­tifs du Loiret : Abraysie ouverte, Asti, Attac, BDS, Cercle de silence, CGT, Cimade, COJIE, FI, FSU, LDH, MAN, NPA, Offensive fémi­niste, PCF, RESF, Solidaires, SUD édu­ca­tion, UCL, UJFP, Unef… Ci-joint le tract d’appel.

Une pre­mière tri­bune, « Nous ne vou­lons pas de Centre de réten­tion admi­nis­tra­tive, ni à Orléans, ni ailleurs », éma­nant du monde mili­tant, aca­dé­mique et cultu­rel avait par ailleurs été publiée sur Mediapart le 26 novembre.

Localement, la mobi­li­sa­tion peut entre autre s’appuyer sur le tra­vail d’organisation impor­tant four­ni par le Collectif de sou­tien aux jeunes étranger·es isolé·es du Loiret, le COJIE, dont l’action est intense depuis l’été der­nier, et por­tée par les premier·es concerné·es. En ce moment même, le COJIE tente d’empêcher l’ex­pul­sion de Junior Kobongo, enfer­mé au CRA de Vincennes (une péti­tion en ligne ici).

Chartres 03-04-2019 Manifestation Mineurs isolés étrangers

Manifestation de l’AÉRéSP28 pour les MIE à Chartres le 3 avril 2019

La marche du 4 avril sera une démons­tra­tion de force d’une mobi­li­sa­tion appe­lée à s’inscrire dans la durée avec un seul objec­tif : que ce nou­veau CRA ne voit pas le jour. La dimen­sion régio­nale a été vou­lue pour cela, pour que l’événement marque les esprits. Mais nous ne comp­tons pas nous y limi­ter : deux autres CRA sont en construc­tion à Bordeaux et à Lyon.

Il existe aujourd’hui 24 Centres de réten­tion admi­nis­tra­tive et 26 Locaux de réten­tion admi­nis­tra­tive. Il n’y avait pas eu de construc­tion de CRA depuis plus de dix ans. Le choix de l’État de construire trois CRA sup­plé­men­taires est un témoin alar­mant du dur­cis­se­ment de la poli­tique anti-immigré·es du gou­ver­ne­ment, une nou­velle preuve du racisme ins­ti­tu­tion­nel de ce pays.

Dans ceux déjà exis­tants, la Cimade dénonce depuis de nom­breuses années des atteintes aux droits humains, notam­ment récem­ment aux CRA de Rouen-Oissel et du Mesnil-Amelot. Ce que docu­mente éga­le­ment le site InfoCRA consa­cré à « Sortir une parole poli­tique des Centres de Rétention ».

Les CRA sont des pri­sons pour étranger·es et on ne peut que reven­di­quer leur fer­me­ture et l’abolition de toute réten­tion admi­nis­tra­tive, mais aus­si la liber­té de cir­cu­ler et de s’installer pour toutes et tous. C’est bien avec l’État fran­çais que nous enga­geons le rap­port de force. Et nous invi­tons toutes celles et tous ceux volon­taires à y contri­buer à venir mar­cher le same­di 4 avril à Orléans, 14h, Place du Martroi.

Ni expulsé·es, ni enfermé·e·s, ni ici, ni ailleurs. À Bas les CRA !

 

Le tract d’ap­pel et les pre­miers signa­taires

 

Pour une poli­tique d’accueil digne, mobi­li­sons-nous

Non à l’enfermement des étran­gers

Non à la créa­tion d’un Centre de réten­tion à Olivet

Marchons le same­di 4 avril, 14h, place du Martroi

 

Marche contre les CRA, Orléans 04-04-2020 [Affiche]L’État annonce la créa­tion de trois nou­veaux Centres de réten­tion admi­nis­tra­tive (CRA), à Orléans (com­mune d’Olivet), Lyon et Bordeaux. L’ouverture de celui d’Olivet est pro­gram­mée pour 2023.

Un Centre de réten­tion admi­nis­tra­tive (CRA) est une pri­son qui ne dit pas son nom. C’est le pré­fet qui décide d’y enfer­mer les per­sonnes étran­gères, hommes, femmes et enfants, du nour­ris­son au jeune de 17 ans, en vue de leur expul­sion, parce qu’ils n’ont pas de papiers ou pas les bons.

Ces condam­na­tions sont sans juge­ment. Pourtant le séjour irré­gu­lier sur le ter­ri­toire fran­çais n’est plus consi­dé­ré comme un délit (déci­sion de la Cour euro­péenne de jus­tice, 2011). Et la pro­cé­dure contre­vient à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui pré­voit qu’aucun enfer­me­ment ne peut avoir lieu sans juge­ment préa­lable.

Or, le contrôle d’un juge n’intervient qu’après l’enfermement, et par­fois les per­sonnes sont expul­sées avant d’avoir vu le juge et fait valoir leurs droits. 45851 per­sonnes ont été enfer­mées en 2018, presque l’é­qui­valent de la popu­la­tion de Blois, dans les centres et locaux de réten­tion admi­nis­tra­tives. 1429 enfants dont 1221 à Mayotte, mal­gré 5 condam­na­tions de la France par la cour euro­péenne des Droits de l’homme

Intolérable

La France est-elle encore un Etat de droit ? L’existence scan­da­leuse des Centres de réten­tion en fait dou­ter. Ces lieux privent de liber­té sans motif de droit des per­sonnes et leur font subir des trai­te­ments inhu­mains et dégra­dants au mépris des garan­ties indi­vi­duelles et des liber­tés publiques.

Contre la construc­tion d’une pri­son pour étran­gers à Olivet. Ni ici, ni ailleurs, ni enfer­més, ni expul­sés.

 Collectif contre les expul­sions et la réten­tion (COLERE)

Premiers signa­taires :
Abraysie ouverte, Asti, Attac, BDS, Cercle de silence, CGT, Cimade, COJIE, FI, FSU, LDH, MAN, NPA, Offensive fémi­niste, PCF, RESF, Solidaires, SUD édu­ca­tion, UCL, UJFP, Unef…