Les luttes ne sont pas contra­dic­toires les unes avec les autres. C’est ce que l’on pou­vait pen­ser en décou­vrant, à 11 heures, des dizaines de per­sonnes — des femmes et des hommes soli­daires —  chan­tant à l’unisson l’Hymne des femmes en haut de la rue de la Herse. Originaires du Perche ou pour quelques-unes de Chartres, elles sont enga­gées dans des asso­cia­tions, des syn­di­cats, des orga­ni­sa­tions poli­tiques de gauche ou par­ti­cipent régu­liè­re­ment au mou­ve­ment des Gilets jaunes.  Les voix fémi­nines sont ponc­tuées par le bas­son des hommes, une mixi­té réjouis­sante ! Des passant·e·s s’arrêtent puis se joignent aux cho­ristes et le groupe gros­sit rapi­de­ment.

L’actuel com­bat des sala­riés contre la réforme du régime de retraites, n’est pas oublié, ni les vio­lences subies par les manifestant.e.s récla­mant chaque same­di des mesures de jus­tice sociale. Mais ce 7 mars est la veille du 8 mars, jour­née inter­na­tio­nale des droits des femmes.

Féminisme d’au­jourd’­hui : femmes debout !

La cohé­sion du groupe met du baume au cœur. Les sou­rires cha­leu­reux échan­gés entre participant·e·s, ceux des audi­teurs sur­pris puis atten­tifs, prouvent que cette ini­tia­tive ne manque pas d’intéresser. Certes, des per­sonnes pour­suivent leurs achats sans faire de pause mais elles ne peuvent pas tota­le­ment igno­rer ce que chante ce groupe qui tourne autour de la place St-Pol et de la rue de la Herse et s’arrête 6 fois pour enton­ner de nou­veau ce chant. Il parle du trai­te­ment indigne subi par les femmes au cours des siècles et dans le monde entier, il appelle à la soli­da­ri­té néces­saire des femmes entre elles pour gagner la liber­té et le droit à l’égalité. Il a été écrit col­lec­ti­ve­ment en mars 1971 par des mili­tantes fémi­nistes à Paris, autour du MLF (1), ce texte résonne encore avec l’époque actuelle mar­quée par les vio­lences sexistes et sexuelles, les fémi­ni­cides, le mou­ve­ment #MeToo où les femmes osent sor­tir du silence, la per­ma­nence des scan­da­leuses inéga­li­tés sala­riales et de pen­sions (que la réforme des retraites veut aggra­ver), la pré­ca­ri­té, le débat hou­leux au sujet du congé de pater­ni­té, etc.

Ainsi, sans prise de parole expli­ca­tive, par une simple invi­ta­tion à rejoindre le chœur mixte et sa cha­leur com­mu­ni­ca­tive, le cou­rant est pas­sé. Les expli­ca­tions his­to­riques four­nies au dos du texte de l’Hymne des femmes feront le reste.

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  1. Mouvement de libé­ra­tion des femmes.

 

 

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