Le 26 mars der­nier l’Intersyndicale dépar­te­men­tale CGT-FO-FSU-Solidaires avait deman­dé une audience à la Préfète décla­rant que leurs « orga­ni­sa­tions syn­di­cales sont indi­gnées par la pour­suite du tra­vail dans un cer­tain nombre d’entreprises et d’administrations d’Eure-et-Loir qui n’ont aucune uti­li­té dans la ges­tion de cette crise », c’est pour­quoi elles deman­daient à la repré­sen­tante de l’État  « d’intervenir de toute urgence pour mettre en sécu­ri­té tous les salarié·e·s » du dépar­te­ment.

Cette audience a eu lieu à dis­tance. Voici le compte ren­du qu’en fait l’Union dépar­te­men­tale FO. Son secré­taire géné­ral, Éric Jarry, met en garde : «Aujourd’hui plu­sieurs entre­prises envi­sagent de redé­mar­rer leurs acti­vi­tés, déjà des CSE (Comité Social Economique) sont pro­gram­més pour dis­cu­ter des condi­tions de reprise.  Attention, par le biais de ces ”réunions”, les employeurs tentent de se cou­vrir en asso­ciant les repré­sen­tants du per­son­nel à la déci­sion d’ouverture de l’entreprise avec tous les dan­gers que cela com­porte pour le per­son­nel !»

Nous consta­tons effec­ti­ve­ment, à la lec­ture de l’Écho, que de plus en plus d’entreprises ou de com­merces (non essen­tiels) font redé­mar­rer tout ou par­tie de leurs acti­vi­tés. Le gou­ver­ne­ment a mon­tré la voie en neu­tra­li­sant le code du tra­vail par l’état d’urgence sani­taire.

 

Voir aus­si notre article : Entreprises pri­vées : les sala­riés dans la tour­mente

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Lors de ce qui ne peut pas être qua­li­fié d’entretien télé­pho­nique mais de mono­logue, la Préfecture a répé­té le dis­cours gou­ver­ne­men­tal qui impose à la fois le confi­ne­ment et l’obligation de pro­duc­tion. Ce qui est contra­dic­toire.  C’est une mise en dan­ger des sala­riés au seul béné­fice des action­naires.

On parle de pan­dé­mie, on parle de mil­liers de morts et nous n’en sommes qu’au début. Nous éle­vons la plus vive pro­tes­ta­tion contre les condi­tions de cet « entre­tien » qui revient à nier la repré­sen­ta­ti­vi­té des orga­ni­sa­tions syn­di­cales et obli­ger des mil­lions d’ouvriers à pro­duire dans des sec­teurs non prio­ri­taires quitte à mettre leur vie et ceux de leurs proches en dan­ger pour le seul béné­fice des action­naires

Si la situa­tion est à ce point sous contrôle, pour­quoi n’avons-nous pas été reçus nor­ma­le­ment en Préfecture pour expo­ser et défendre nos reven­di­ca­tions ?

Nous affir­mons : faute de masques, faute de gel, faute de tests :

  • Les tra­vailleurs sont en dan­ger dans les entre­prises.
  • Les tra­vailleurs sont en dan­ger dans les hôpi­taux où les masques manquent, les com­bi­nai­sons manquent, le per­son­nel et les lits font défaut du fait de 30 ans de poli­tique de réduc­tion des dépenses de san­té  • Les tra­vailleurs sont en dan­ger à La Poste
  • Le télé­tra­vail impo­sé dans l’enseignement est un désastre et la Préfète n’a répon­du à aucune ques­tion de nos cama­rades ensei­gnants sur ce qui appa­raît de plus en plus clai­re­ment comme une rampe de lan­ce­ment de la pri­va­ti­sa­tion de l’enseignement à une échelle indus­trielle et donc de dis­cri­mi­na­tion sociale into­lé­rable.
  • Nos anciens sont en dan­ger dans les EHPAD où près de 1000 morts viennent hier d’être avoués par ce gou­ver­ne­ment qui avait camou­flé les chiffres.
  • Des mil­lions de tra­vailleurs pauvres ou aban­don­nés à domi­cile sans res­sources, sont mena­cés de la faim car les cir­cuits paral­lèles de dis­tri­bu­tion de nour­ri­ture sont « en panne » à cause du confi­ne­ment qui s’éternise faute de masques et de dépis­tage.

De tout cela, il a été impos­sible ne serait-ce que d’en dis­cu­ter pré­ci­sé­ment sur des dos­siers que nos adhé­rents nous avaient trans­mis.

Pour notre part, nous ne par­ti­ci­pe­rons d’aucune manière à l’Union sacrée avec ce gou­ver­ne­ment ni avec les patrons.

La crise sani­taire ne fait qu’aggraver et rendre plus criantes les inéga­li­tés sociales, la répres­sion comme seule réponse du gou­ver­ne­ment, l’abandon par les pou­voirs publics de pans entiers de la popu­la­tion.

Elle appelle plus que jamais la mobi­li­sa­tion et la grève pour faire échec à l’aggravation bru­tale de l’offensive anti-ouvrière du gou­ver­ne­ment dans tous les domaines en pro­fi­tant de la crise du « COVID-19 », la dérè­gle­men­ta­tion à la hus­sarde du code du tra­vail en est l’expression la plus bru­tale.

  • Nous dénon­çons les condi­tions de mépris total dans les­quelles s’est dérou­lée ce qu’on ne peut appe­ler une audience. SI aller tra­vailler n’est pas dan­ge­reux, on ne voit pas pour­quoi ne pas rece­voir nor­ma­le­ment les orga­ni­sa­tions syn­di­cales à la Préfecture.
  • Nous exi­geons des masques, des tests, du gel pour toute la popu­la­tion, pour tous les sala­riés, chô­meurs, retrai­tés.
  • Nous exi­geons la mobi­li­sa­tion et la réqui­si­tion de tous les moyens de pro­duc­tion à cet effet et la construc­tion d’hôpitaux de cam­pagne à l’instar de ce qui vient d’être fait à Londres en 10 jours, la pro­duc­tion des mil­lions de masques et de tests néces­saires. La pro­duc­tion en masse des moyens de réani­ma­tion (appa­reils res­pi­ra­toires, bou­teilles d’oxygène…).
  • Nous exi­geons la mise à l’arrêt immé­diat des entre­prises non stric­te­ment indis­pen­sables à ces mesures.
  • Nous dénon­çons la mise sous tutelle de l’Inspection du tra­vail et exi­geons des contrôles sys­té­ma­tiques avec des pou­voirs spé­ciaux ren­for­cés en termes de mise à l’arrêt des entre­prises, y com­pris dans les sec­teurs essen­tiels, qui ne met­traient pas en œuvre les mesures de pro­tec­tion ou qui feraient obs­tacle au droit de retrait. Si l’entreprise n’est pas dan­ge­reuse pour les ouvriers, elle ne devrait pas l’être pour les agents publics qui les contrôlent. Leur confi­ne­ment « télé­pho­nique » n’est que le paravent de leur mise sous tutelle.

Nous deman­dons qu’une véri­table délé­ga­tion de nos syn­di­cats soit reçue en urgence par la Préfète dans les locaux de la pré­fec­ture et que des réponses pré­cises soient appor­tées aux reven­di­ca­tions pré­cises dont nous sommes por­teurs.