Chartres : La CARSAT bunkérisée pour Dussopt

La visite du Ministre du Travail, Olivier Dussopt, rap­por­teur de la réforme des Retraites vou­lue par Macron, venu van­ter à Chartres à la CARSAT1 la loi, adop­tée avec de nom­breux détours anti­dé­mo­cra­tiques, et suivre ‘’la mise en œuvre des reva­lo­ri­sa­tions des petites pen­sions’’2, avait l’allure d’une provocation.

Dès 13 h., alors que le Ministre devait arri­ver à 15 h., tout le quar­tier entou­rant le bâti­ment admi­nis­tra­tif avait été bou­clé par de nom­breuses forces de police et de gen­dar­me­rie. Un poli­cier affir­mait que la bun­ké­ri­sa­tion était la consé­quence de ‘’l’accueil’’ fait à Mme Borne ven­dre­di der­nier à Hanches.

Manifestant·e·s tenu·e·s à l’écart

Aussi, les manifestant·e·s, bloqué·e·s à l’angle des rues du Docteur-Maunoury et Pierre-Brossolette, au nombre d’une cen­taine, par­mi les­quels on recon­nais­sait des syn­di­ca­listes de la CGT,  de la FSU, de FO et de l’UNSA purent à peine aper­ce­voir les voi­tures du cor­tège minis­té­riel. Mais le ministre put peut-être entendre les bruyantes pro­tes­ta­tions sou­vent reprises dans le cours de l’après-midi, c’est-à-dire les chan­sons et slo­gans des récentes manifestations.

Toutes les forces de police étant mobi­li­sées pour tenir le bun­ker, de nom­breux véhi­cules, y com­pris des gros camions ou des cars s’engageaient depuis la place des Épars et devaient faire un demi-tour acro­ba­tique au milieu de la circulation.

Lacrymogènes

Une échauf­fou­rée (voir nos vidéos) don­na lieu à une pous­sée des poli­ciers et à la pro­jec­tion de gaz lacry­mo­gènes sur le pre­mier rang… mais, le vent rabat­tant les vapeurs côté bun­ker, les manifestant·e·s ne furent pas les seules à pleu­rer… l’arroseur arro­sé ver­sion cops3 ! Un mani­fes­tant ayant été pla­cé en garde à vue, des ‘’Libérez notre cama­rades’’ fusèrent.

Peu après, Céline Prier (FSU) lut au méga­phone la plaque com­mé­mo­ra­tive dédiée à Jean Moulin, qui se trou­vait juste devant le nez du camion de gen­dar­me­rie qui bar­rait la route, et ter­mi­na par ces mots ‘’…il était deve­nu pré­sident du Conseil natio­nal de la Résistance’’. Aussitôt, la petite foule reprit ‘’Résistance ! Résistance !…’’

Ainsi se dérou­la l’après-midi jusqu’à un der­nier ‘’On est là, même si Macron ne le veut pas’’ alors que les voi­tures minis­té­rielles quit­taient la CARSAT. C’était l’heure aus­si pour des che­mi­nots CGT venus de Paris-Montparnasse de s’en retour­ner, non sans avoir ins­crit au fumi­gène sur la chaus­sée ‘’Macron démis­sion’’. Cet accueil char­train du Ministre ‘’des Retraites’’ confirme que les membres du gou­ver­ne­ment, et sans doute le Président lui-même, ne peuvent plus se dépla­cer sans être vive­ment interpelés.

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  1. Caisse d’as­su­rance retraite et de la san­té au travail.
  2. Élément de lan­gage du Ministère du Travail repris par l’Écho répu­bli­cain.
  3. Terme argo­tique amé­ri­cain dési­gnant la police. Les cops sont des per­son­nages récur­rents dans les films comiques muets des débuts du cinéma.