Marche blanche pour Nahel à Nogent-le-Rotrou

Nogent-le-Rotrou 29-06-2023 Marche blanche NahelComme dans de nom­breuses villes, des habitant·e·s de Nogent-le-Rotrou, dont des jeunes et moins jeunes du quar­tier des Gauchetières, rejoint·e·s par des sou­tiens du Perche nogen­tais, ont orga­ni­sé une marche blanche, le jeu­di 29 juin. À 18 h., dans l’espace du centre com­mer­cial du quar­tier, une tren­taine de per­sonnes se regroupent. Le nom de Nahel, abat­tu à bout por­tant par un poli­cier la veille à Nanterre, est sur toutes les lèvres, un sen­ti­ment par­ta­gé d’injustice.

Marche vers le centre-ville

Nogent-le-Rotrou 29-06-2023 Marche blanche NahelLe grand pan­neau de tête annonce Justice pour Nahel. D’abord silencieux/ses, les manifestant·e·s crient Justice pour Nahel ! et Pas de jus­tice, pas de paix. Des jeunes tiennent des dra­peaux et des pan­cartes dont l’une affirme : La France pays des droits [de l’homme] de la police. La popu­la­tion du quar­tier popu­laire des Gauchetières, comme celle des ban­lieues des plus grandes villes, n’ignore pas que l’égalité et la fra­ter­ni­té, l’emploi et les salaires, etc. sou­hai­tés par la popu­la­tion — quelle que soit son ori­gine — ne sont pas les objec­tifs prio­ri­taires des gou­ver­ne­ments de droite et macronistes.

Surveillance poli­cière

Le pas­sage dans la rue de la Herse a été remar­qué par le dyna­misme du défi­lé et son niveau sonore. Le long du par­cours, puis sur la place Saint-Pol, plu­sieurs dizaines de gen­darmes avaient été posi­tion­nés (il se dit une tren­taine). À l’arrivée sur la place, où une cin­quan­taine de per­sonnes se sont regrou­pées, des enre­gis­tre­ments audios d’amis proches du jeune Nahel assas­si­né et de sa mère sont dif­fu­sés. Puis une minute de silence est obser­vée, là encore le moment est émou­vant quand les participant·e·s s’allongent sur le sol.

Le maire en don­neur des leçons

Nogent-le-Rotrou 29-06-2023 Marche blanche NahelHarold Huwart, maire de Nogent-le-Rotrou et sou­tien de Macron,  se trou­vait sur le pla­teau d’enregistrement de France 3 Centre pour un jour­nal en direct, à par­tir de 19 h., à l’arrière de la mai­rie, sur l’espace qui sur­plombe la place Saint-Pol. Après la minute de silence des manifestant·e·s, les slo­gans reprennent, par­ti­cu­liè­re­ment lorsque le maire tente de s’adresser à la foule du haut de l’esplanade pour deman­der le silence. Devant les pro­tes­ta­tions, il décide de rejoindre le groupe. D’abord com­pas­sion­nel : ‘’J’ai été comme une écra­sante majo­ri­té de Français, cho­qué… On n’a pas le droit de tirer sur les citoyens, même s’ils sont en faute, dans ces condi­tions’’, il insiste ensuite sur la néces­si­té de ‘’lais­ser la jus­tice faire son tra­vail’’. Il craint pour la démo­cra­tie du fait que la jus­tice est mise en cause. Un mani­fes­tant lui rap­pelle que ce n’est pas un évé­ne­ment ‘’d’aujourd’hui ‘’, ‘’on a eu la chance que ça ait pu être fil­mé.’’ Le juge­ment injuste concer­nant l’atteinte grave subie par Théo [en 2017] est cité. Le maire répète que la jus­tice est indé­pen­dante… Un autre lui fait remar­quer que la jus­tice est très lente. ‘’On ne gagne rien à divi­ser les Français’’ insiste Harold Huwart.

Nogent-le-Rotrou 29-06-2023 Marche blanche NahelUn dis­cours qui refuse le droit à l’expérience et au  juge­ment indé­pen­dant des citoyen·ne·s

Les habi­tants des quar­tiers popu­laires ont l’expérience d’une socié­té injuste, la loi devrait pour­tant don­ner à tous et toutes le droit à l’ex­pres­sion sur tous les sujets. Même sur le fonc­tion­ne­ment démo­cra­tique, ou non, d’une ins­ti­tu­tion comme la Justice, tout comme sur le manque de moyens qui carac­té­rise les ser­vices publics actuel­le­ment. La clar­té est par­ti­cu­liè­re­ment néces­saire concer­nant la loi de 2017. Citons Le Monde : ‘’La loi de 2017 auto­rise le recours à l’emploi des armes en cas de refus d’obtempérer […] Dans une étude récente les cher­cheurs Sébastian Roché (CNRS), Paul Le Derff (Université de Lille) et Simon Varaine (Université de Grenoble) éta­blissent un lien direct entre l’entrée en vigueur de la loi de 2017 et la mul­ti­pli­ca­tion par cinq du nombre de per­sonnes se trou­vant dans des véhi­cules, tuées par des tirs policiers.”

La sup­pres­sion claire et nette de cet article est deman­dée par de nom­breuses orga­ni­sa­tions de gauche. Il faut la soutenir !