Marche blanche pour Nahel à Nogent-le-Rotrou
Comme dans de nombreuses villes, des habitant·e·s de Nogent-le-Rotrou, dont des jeunes et moins jeunes du quartier des Gauchetières, rejoint·e·s par des soutiens du Perche nogentais, ont organisé une marche blanche, le jeudi 29 juin. À 18 h., dans l’espace du centre commercial du quartier, une trentaine de personnes se regroupent. Le nom de Nahel, abattu à bout portant par un policier la veille à Nanterre, est sur toutes les lèvres, un sentiment partagé d’injustice.
Marche vers le centre-ville
Le grand panneau de tête annonce Justice pour Nahel. D’abord silencieux/ses, les manifestant·e·s crient Justice pour Nahel ! et Pas de justice, pas de paix. Des jeunes tiennent des drapeaux et des pancartes dont l’une affirme : La France pays des droits [de l’homme] de la police. La population du quartier populaire des Gauchetières, comme celle des banlieues des plus grandes villes, n’ignore pas que l’égalité et la fraternité, l’emploi et les salaires, etc. souhaités par la population — quelle que soit son origine — ne sont pas les objectifs prioritaires des gouvernements de droite et macronistes.
Surveillance policière
Le passage dans la rue de la Herse a été remarqué par le dynamisme du défilé et son niveau sonore. Le long du parcours, puis sur la place Saint-Pol, plusieurs dizaines de gendarmes avaient été positionnés (il se dit une trentaine). À l’arrivée sur la place, où une cinquantaine de personnes se sont regroupées, des enregistrements audios d’amis proches du jeune Nahel assassiné et de sa mère sont diffusés. Puis une minute de silence est observée, là encore le moment est émouvant quand les participant·e·s s’allongent sur le sol.
Le maire en donneur des leçons
Harold Huwart, maire de Nogent-le-Rotrou et soutien de Macron, se trouvait sur le plateau d’enregistrement de France 3 Centre pour un journal en direct, à partir de 19 h., à l’arrière de la mairie, sur l’espace qui surplombe la place Saint-Pol. Après la minute de silence des manifestant·e·s, les slogans reprennent, particulièrement lorsque le maire tente de s’adresser à la foule du haut de l’esplanade pour demander le silence. Devant les protestations, il décide de rejoindre le groupe. D’abord compassionnel : ‘’J’ai été comme une écrasante majorité de Français, choqué… On n’a pas le droit de tirer sur les citoyens, même s’ils sont en faute, dans ces conditions’’, il insiste ensuite sur la nécessité de ‘’laisser la justice faire son travail’’. Il craint pour la démocratie du fait que la justice est mise en cause. Un manifestant lui rappelle que ce n’est pas un événement ‘’d’aujourd’hui ‘’, ‘’on a eu la chance que ça ait pu être filmé.’’ Le jugement injuste concernant l’atteinte grave subie par Théo [en 2017] est cité. Le maire répète que la justice est indépendante… Un autre lui fait remarquer que la justice est très lente. ‘’On ne gagne rien à diviser les Français’’ insiste Harold Huwart.
Un discours qui refuse le droit à l’expérience et au jugement indépendant des citoyen·ne·s
Les habitants des quartiers populaires ont l’expérience d’une société injuste, la loi devrait pourtant donner à tous et toutes le droit à l’expression sur tous les sujets. Même sur le fonctionnement démocratique, ou non, d’une institution comme la Justice, tout comme sur le manque de moyens qui caractérise les services publics actuellement. La clarté est particulièrement nécessaire concernant la loi de 2017. Citons Le Monde : ‘’La loi de 2017 autorise le recours à l’emploi des armes en cas de refus d’obtempérer […] Dans une étude récente les chercheurs Sébastian Roché (CNRS), Paul Le Derff (Université de Lille) et Simon Varaine (Université de Grenoble) établissent un lien direct entre l’entrée en vigueur de la loi de 2017 et la multiplication par cinq du nombre de personnes se trouvant dans des véhicules, tuées par des tirs policiers.”
La suppression claire et nette de cet article est demandée par de nombreuses organisations de gauche. Il faut la soutenir !
