Chartres : La vychyvanka symbole de la résistance ukrainienne

Ce 16 mai, dans le contexte de l’offensive russe dans l’oblast de Kharkiv, c’est Inna Legall, pré­si­dente de l’Association des Ukrainiens et Amis de l’Ukraine Centre-Val de Loire, qui a ouvert le ras­sem­ble­ment pla­cé sous le signe de la vychy­van­ka, la che­mise bro­dée tra­di­tion­nelle ukrai­nienne dont c’est la Journée mon­diale : ‘’Pour nous, c’est très impor­tant de se réunir aujourd’hui et de voir que vous êtes tou­jours avec nous. On ne pen­sait jamais que ça allait durer si long­temps. Ça fait déjà la troi­sième année qu’on se réunit de temps en temps pour mon­trer notre sou­tien à l’Ukraine.’’ Elle explique que la fête de la  vychy­van­ka1 ‘’C’est une jour­née par­ti­cu­lière pour nous qui signi­fie notre richesse cultu­relle, notre héri­tage et nos racines qui remontent très très loin […] Cette jour­née a pris une signi­fi­ca­tion par­ti­cu­lière après le début de la guerre contre la Russie. On porte la vychy­van­ka pour mon­trer que le peuple ukrai­nien résiste tou­jours, qu’il défend sa liber­té depuis des siècles et des siècles.’’

’Tant que la culture du peuple existe, le peuple existe’’

Inna tra­duit ensuite l’historique de la vychy­van­ka que pré­sente Olena Remon, pré­si­dente de l’Union des Ukrainiens de France pour l’Eure-et-Loir et qui conclut : ‘’Avec la guerre, on cherche ces sources et on reprend les vieilles tra­di­tions de bro­de­rie. C’est très impor­tant pour gar­der l’identité du peuple. Tant que la culture du peuple existe, le peuple existe et quand il n’y a plus de culture, plus de langue, il n’y a plus de peuple.’’ Mary, une autre réfu­giée ukrai­nienne confirme : ‘’Tant que les Ukrainiens por­te­ront des vête­ments, por­te­ront des élé­ments bro­dés, le lien entre les géné­ra­tions sera maintenu.’’

Aider les Ukrainiens à accé­der à leurs droits

Inna pré­cise le rôle des asso­cia­tions ukrai­niennes en France : ‘’On essaie d’attirer l’attention du peuple fran­çais, de l’administration sur tous les pro­blèmes qui existent en Ukraine et qui existent ici avec les Ukrainiens qui se retrouvent très très loin de leur patrie […] pour les aider à accé­der à leurs droits, c’est pas tou­jours évident.’’

Chansons, poème et hymne pour clore

Deux petites filles chantent ensuite en ukrai­nien (Veronica, Macha), et une autre dit par­fai­te­ment un poème dédié à la Tour Eiffel en fran­çais prou­vant ain­si ses rapides pro­grès dans la langue de Molière. C’est l’occasion pour Inna de rap­pe­ler la dure condi­tion des enfants exi­lés dont sou­vent la famille a per­du sa mai­son2.

Le ras­sem­ble­ment s’est ter­mi­né par la reprise par les Ukrainien·ne·s présent·e·s (les deux tiers de la grosse tren­taine de participant·e·s) de l’hymne de leur pays la main sur le cœur.

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  1. Ou vyschy­van­ka, selon la tra­duc­tion anglaise.
  2. Rappelons que selon les chiffres de l’UNICEF au 13 mai 2024, au moins 1 993 enfants ont été tués ou bles­sés en Ukraine depuis le début de la guerre il y a plus de deux ans, soit une moyenne de deux enfants par jour. Ces chiffres repré­sentent ceux que les Nations Unies ont pu véri­fier, mais nous savons que le nombre réel est pro­ba­ble­ment bien plus élevé.’’