Lucie Castets veut ré-unir le NFP

Dans une tri­bune de Libération, Lucie Castets, ancienne can­di­date au poste de Première Ministre pour le NFP (Nouveau Front Populaire) “invite les chefs des par­tis de gauche et éco­lo­gistes à se ras­sem­bler le 2 juillet pour dis­cu­ter d’une can­di­da­ture com­mune à la pré­si­den­tielle” selon le com­men­taire du quotidien.

Ensemble! sou­tient plei­ne­ment cette démarche (voir ici).

*

Lucie_Castets_31_juillet_2024

Partout, en France, en Europe et dans le monde, la fas­ci­sa­tion est ram­pante et les idées d’extrême droite gagnent du ter­rain, les digues sautent une à une, tan­dis que les Françaises et les Français attendent des réponses à leurs attentes légi­times de jus­tice et de protection.

En juillet der­nier, vous m’avez dési­gnée pour deve­nir la Première ministre issue du Nouveau Front popu­laire. Ce fut à la fois un grand hon­neur et une immense res­pon­sa­bi­li­té, en pre­mier lieu à l’égard des élec­trices et élec­teurs qui ont voté pour vos par­tis lors des der­nières légis­la­tives. C’est aus­si en pen­sant à eux, et à l’ensemble des forces mili­tantes qui se sont mobi­li­sées en juin der­nier, que j’écris ces mots.

A mon tour, je me tourne vers vous pour exer­cer une forme de «droit de suite» et por­ter un mes­sage que j’entends, par­tout en France, de la part du peuple de gauche. La situa­tion actuelle doit sus­ci­ter un sur­saut uni­taire, car ce qui est en jeu désor­mais dépasse lar­ge­ment les que­relles par­ti­sanes : il en va de notre modèle de socié­té, de la pré­ser­va­tion des fon­de­ments même de notre Etat de droit et de notre modèle social, de l’avenir de notre pays tout entier.

Alors que depuis deux élec­tions pré­si­den­tielles, les deux mêmes can­di­dats s’affrontent au second tour, ni l’un ni l’autre ne pour­ront se pré­sen­ter en 2027. Dans un tel contexte, nous devons être à la hau­teur des enjeux et nous pré­sen­ter aux pro­chaines échéances élec­to­rales dans une confi­gu­ra­tion qui per­met­tra réel­le­ment de gagner. Gouverner n’est pas un luxe, c’est une néces­si­té pour chan­ger le cours de l’histoire et les condi­tions d’existence des Françaises et des Français.

Trois conditions pour la victoire

La pre­mière condi­tion, c’est de nous appuyer sur un socle pro­gram­ma­tique par­ta­gé sur la base des tra­vaux déjà conduits, qui pré­sente une ambi­tion claire et assu­mée de rup­ture avec la poli­tique actuel­le­ment menée, notam­ment en matière de jus­tice sociale, de pro­tec­tion de l’environnement, de pré­ser­va­tion des liber­tés publiques et de lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Car seule une offre poli­tique qui contraste clai­re­ment avec celle mise en œuvre sera à même d’apporter les réponses adap­tées aux défis et aux dif­fi­cul­tés aux­quelles notre pays fait face.

La deuxième condi­tion est l’association plus étroite et conti­nue, par les par­tis, des actrices et acteurs de la socié­té civile orga­ni­sée. Outre leur tra­vail de ter­rain au quo­ti­dien, ces asso­cia­tions, col­lec­tifs, syn­di­cats, intel­lec­tuels, mili­tants, etc. nour­rissent la gauche et les éco­lo­gistes depuis des décen­nies. Elle est une condi­tion de la vita­li­té et de la richesse du pro­jet pro­po­sé, de sa connexion avec le ter­rain et les pré­oc­cu­pa­tions de nos conci­toyennes et conci­toyens. Elle est aus­si la condi­tion d’une mobi­li­sa­tion mas­sive, comme celle obser­vée en juin der­nier qui a per­mis d’élire 193 dépu­tés du NFP. Elle est le com­plé­ment indis­pen­sable de l’engagement des adhé­rents et des adhé­rents des par­tis poli­tiques qui repré­sentent un faible pour­cen­tage de la population.

La troi­sième condi­tion est qu’il doit exis­ter une can­di­da­ture com­mune aux par­tis de gauche et aux éco­lo­gistes, fédé­rée autour d’une équipe. Il est donc indis­pen­sable d’élaborer, de manière col­lec­tive, une pro­cé­dure démo­cra­tique et trans­pa­rente de dési­gna­tion de la can­di­date ou du can­di­dat qui nous repré­sen­te­ra à l’échéance pré­si­den­tielle. Une pro­cé­dure qui n’aura pas pour unique objec­tif de tran­cher la ques­tion de l’incarnation indi­vi­duelle, mais aus­si de faire émer­ger un pro­gramme et une équipe qui repré­sentent l’ensemble des sen­si­bi­li­tés de l’espace poli­tique de la gauche et de l’écologie, sou­te­nue par un col­lec­tif cré­dible et soudé.

Dans cette pers­pec­tive, plu­sieurs options peuvent être envi­sa­gées. Par exemple, il est pos­sible d’⁠organiser, juste après les muni­ci­pales de 2026, la pri­maire des gauches la plus large qu’on ait jamais pro­po­sée pour per­mettre au peuple de gauche de don­ner son opi­nion éclai­rée après une cam­pagne res­pec­tueuse et d’offrir à la can­di­da­ture rete­nue la plus grande légi­ti­mi­té. Il est éga­le­ment pos­sible que les repré­sen­tants des par­tis se réunissent pour une concer­ta­tion de quelques jours pour déci­der de la can­di­da­ture la plus per­ti­nente et des moda­li­tés qui per­met­tront sa vic­toire. Ou encore, il est envi­sa­geable d’organiser une conven­tion citoyenne avec des repré­sen­tants des par­tis, de la socié­té civile orga­ni­sée, mais aus­si d’électrices et élec­teurs de la gauche tirés au sort. D’autres moda­li­tés sont cer­tai­ne­ment envi­sa­geables, dès lors qu’elles sont suf­fi­sam­ment cré­dibles pour nous per­mettre de gagner, et res­pec­tueuses des deux autres condi­tions énon­cées ci-dessus.

Si ces condi­tions sont réunies, il me semble que vous pour­rez de nou­veau comp­ter sur une mobi­li­sa­tion sans faille de la part des asso­cia­tions, col­lec­tifs, citoyens. La res­pon­sa­bi­li­té est immense. L’espoir aussi.

Pour gagner, nous avons besoin de nous mettre autour de la table et de tra­vailler. Donnons-nous ren­dez-vous le 2 juillet pro­chain pour poser la pre­mière pierre de la victoire.

Lucie Castets