L’armistice de 1945 commémoré par les Ukrainien·ne·s d’E&L

À Chartres, le ren­dez-vous de soli­da­ri­té avec l’Ukraine à l’occasion de l’anniversaire de la capi­tu­la­tion de l’Allemagne nazie était annon­cé sur la place des Épars. Mais, tar­di­ve­ment, en rai­son de l’occupation de cette place par Les Vieilles Pédales, le ras­sem­ble­ment a été trans­fé­ré place Châtelet. Il est pos­sible que, de ce fait, des per­sonnes n’aient pu rejoindre la qua­ran­taine qui se sont regrou­pées devant le bâti­ment du Conseil départemental.

 

Hommage silen­cieux aux morts ukrainiens

Le ras­sem­ble­ment a com­men­cé par une minute de silence pour ‘’rendre hom­mage à toutes les vic­times qu’a connu l’Ukraine depuis le début du XIXe siècle qui ont don­né leur vie pour la liber­té et l’indépendance de l’Ukraine.’’

 

8 mil­lions de morts ukrai­niens durant la 2e Guerre mondiale

Puis, Inna Le Gall, pré­si­dente de Association des Ukrainiens et Amis de l’Ukraine en région Centre-Val de Loire, a d’abord expli­qué : ‘’Pendant la Deuxième Guerre mon­diale, en Union sovié­tique, il y a eu 20 mil­lions de morts et par­mi et eux, 8 mil­lions d’Ukrainiens.’’ Elle a pour­sui­vi en pré­ci­sant que ‘’Le 9 mai1, jusqu’en 1965, il n’y avait pas de fête en Union sovié­tique, c’était un jour de tris­tesse, ce n’était jamais le fête. C’est seule­ment le pou­voir de Brejnev qui a ins­tau­ré la fête […]  Il n’y a rien à ‘fêter’, il y a des gens qui ont don­né leur vie et il ne faut pas recom­men­cer […] ce n’est pas du tout le cas de la Russie actuelle.’’

 

Des témoi­gnages sur les crimes nazis en Ukraine

Plusieurs Ukrainiennes ont, au bord des larmes, rap­por­té des sou­ve­nirs fami­liaux de leurs ascen­dants vic­times des exac­tions nazies. L’une d’entre elles, évo­quant son grand-père raflé, a conclu ain­si : ‘’C’est pour­quoi nous devons exi­ger en per­ma­nence le retour des enfants ukrai­niens chez eux car pour cer­tains ce pour­rait être le der­nier jour de leur vie.’’

Ces témoi­gnages ont été entre­cou­pés de chan­sons inter­pré­tées en ukrai­nien (et une fois en anglais) par la toute jeune Veronica.

 

Merci à l’Europe et amis fran­çais fidèles pour leur soutien

Inna Le Gall a aus­si tenu, à l’occasion de la Journée de l’Europe (qui com­mé­more le dis­cours de Robert Schuman,  du 9 mai 1950, consi­dé­ré comme l’acte fon­da­teur de l’Union euro­péenne) pour remer­cier les pays euro­péens pour leur sou­tien à l’Ukraine et en par­ti­cu­lier la France dont le pré­sident Macron était le jour-même à Kiev. Elle n’a pas oublié, en s’adressant aux per­sonnes ras­sem­blées, de les remer­cier aus­si : ‘’Vous êtes tou­jours au quo­ti­dien avec nous, vous par­ta­gez nos dou­leurs, nos mal­heurs, nos joies. C’est très impor­tant pour nous.’’

 

La langue ukrai­nienne sera ensei­gnée en France

Au cha­pitre res­treint des joies, la porte-parole annonce que la ministre de l’Éducation natio­nale a lan­cé une expé­ri­men­ta­tion dans trois régions (Île-de-France, Alpes-Maritime, Créteil-Versailles) de l’enseignement de la langue ukrai­nienne : ‘’C’est une belle recon­nais­sance de la par­ti­ci­pa­tion de tous les Ukrainiens dans vie cultu­relle et quo­ti­dienne de la France.’’

Le ras­sem­ble­ment s’est ter­mi­né par l’annonce pour le jeu­di pro­chain (15 mai, à 18 h, place des Halles) de la Marche de la Vichyvanka2.

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  1. L’acte de capi­tu­la­tion du IIIe Reich, a été signé le 9 mai 1945 , à 1 h 01 du matin, heure de Moscou (soit le 8 mai à 23 h 01, heure de Berlin).
  2. Habit tra­di­tion­nel bro­dé ukrainien.