Pétition pour le Pass Culture et l’Éducation artistique

Comme déci­dé lors de l’as­sem­blée du 2 avril der­nier une lettre-péti­tion a été rédi­gée et mise en ligne, il y a quelques jours et intitulée :

Garantissons l’accès à la culture par­tout, pour tous et toutes / Défense du Pass culture et de l’Education Artistique et Culturelle”

Elle a déjà recueilli plus de 6 000 signa­tures !  À votre tour, signez et partagez !

L’autre ini­tia­tive déjà enga­gée : ren­dez vous sur notre page dédiée et racon­tez vos sou­ve­nirs d’expériences cultu­relles et artis­tiques vécues à l’école

Pass Culture Éducation artistiquePour signer, c’est ici !

Mesdames les Ministres de l’Éducation Nationale et de la Culture,

 

Depuis 2021, grâce au Pass culture part col­lec­tive – gérée par le minis­tère de l’Education natio­nale – nous avons pu faire vivre davan­tage ce que le plan Lang-Tasca de 2001 avait inau­gu­ré : une vraie place don­née à l’art et aux artistes à l’école, l’éducation artis­tique et cultu­relle pour tous et toutes.

 

Depuis 2021 avec une pro­gres­sive exten­sion du dis­po­si­tif, les jeunes de la 6ème à la ter­mi­nale ont pu ren­con­trer plus faci­le­ment des œuvres, des uni­vers sen­sibles, des démarches sin­gu­lières, des repré­sen­ta­tions du monde poé­tiques. En les accueillant dans les éta­blis­se­ments sco­laires ou en « allant vers », ce sont autant de che­mins de tra­verse explo­rés ensemble, jeunes et adultes. Une expé­rience col­lec­tive mais intime, où les mots se posent autre­ment, dans la nuance, l’échange, le débat, sans notion d’échec ou de réus­site, sans injonc­tion au manichéisme.

 

Grâce à cela, les jeunes – quels que soient leurs ori­gines, leurs lieux de vie, leurs par­cours, leurs milieux – ont « mus­clé leur ima­gi­naire » (Mnouchkine) par la ren­contre avec l’Autre, autre­ment. Ils et elles ont aigui­sé leur esprit cri­tique, vécu et par­ta­gé des émo­tions, nour­ri leur esprit d’analyse et d’interprétation. Elles et ils se sont ques­tion­nés autour de la repré­sen­ta­tion d’expériences humaines.

 

Le Pass culture a per­mis des pro­jets trans­ver­saux dans les­quels les dis­ci­plines sco­laires et les approches se croisent, au ser­vice de la construc­tion par­ta­gée du sens. Des syner­gies se sont créées dans les équipes péda­go­giques, une his­toire com­mune s’est écrite dans les éta­blis­se­ments. L’expérience du spec­tacle ou de la visite d’un lieu patri­mo­nial, de la pra­tique artis­tique, de la ren­contre avec un artiste a été vécue ensemble.

 

Ces moments excep­tion­nels et pré­cieux, ritua­li­sés, ont fait gran­dir les plus jeunes, ont « aug­men­té » cha­cun et chacune.

 

Et même s’il aurait méri­té d’être ques­tion­né, enri­chi en termes de média­tion, d’expertise…, davan­tage arti­cu­lé avec les dis­po­si­tifs pré­exis­tants et les acteurs cultu­rels des ter­ri­toires, force est de consta­ter que le Pass culture a per­mis une véri­table démo­cra­ti­sa­tion cultu­relle. Et ceci s’avère plus que jamais indis­pen­sable pour lut­ter contre le repli sur soi et la vic­toire du tout vir­tuel. Pour l’ouverture à l’Autre, la tolé­rance et le res­pect de la diver­si­té des pen­sées, du vivant et des façons d’être.

 

Il a éga­le­ment eu des effets posi­tifs sur l’emploi des artistes et pour les struc­tures cultu­relles, que le contexte bud­gé­taire natio­nal fra­gi­lise terriblement.

 

En jan­vier 2025, les cré­dits alloués à la part col­lec­tive du Pass culture ont été bru­ta­le­ment gelés, ce qui a mis fin aux pro­jets pour la der­nière par­tie de l’année sco­laire. La seule solu­tion pour les mener aurait été de deman­der un finan­ce­ment aux familles ce qui ins­ti­tue une dis­cri­mi­na­tion sociale que nous refusons.

 

Nous n’avons à ce jour aucune assu­rance que ces cré­dits soient à nou­veau pro­vi­sion­nés, ni à quelle hau­teur s’ils le sont, pour l’année sco­laire pro­chaine. Nous crai­gnons que tout cela dis­pa­raisse… Jeunes, enseignant·es mais aus­si artistes et acteurs cultu­rels per­drions beau­coup. La démo­cra­tie également.

 

Cela vaut bien 1% du bud­get de l’état.

 

Un col­lec­tif d’enseignant·es avec le sou­tien de la Ligue de l’enseignement d’Eure-et- Loir, de la FSU 28, de la SeLF CGT spec­tacle Région Perche, de Sud Education 28, du Synavi Centre Val-de-Loir, de Tadam (fédé­ra­tion d’artistes professionnel·les d’Eure-et-Loir)