Archéologie : Les professionnel·le·s chartrain·e·s tirent la sonnette d’alarme

Les archéo­logues de l’agglomération char­traine se sont réunis devant la cathé­drale ce 10 juin pour mar­quer leurs inquié­tudes quant au deve­nir le leurs mis­sions et la pré­ca­ri­sa­tion de leur pro­fes­sion. Ils et elles étaient une qua­ran­taine, rejoint·e·s par une quin­zaine de militant·e·s de mou­ve­ments poli­tiques ou ass­so­cia­tifs venu·e·s les soutenir.

Sensibilisation des visiteurs

Outre des ban­de­roles déployées sur les grilles sous les  ori­flammes du mil­lé­naire du pèle­ri­nage et des pan­cartes bran­dies pour aler­ter les visi­teurs, l’action consis­tait aus­si à dis­tri­buer un tract expli­ca­tif et à faire signer une pétition.

Vous avez dit “sim­pli­fi­ca­tion” ?

Celle-ci explique que ‘’le pro­jet de loi Simplification de la vie éco­no­mique qui est en cours de dis­cus­sion à l’Assemblée natio­nale com­prend des dis­po­si­tions qui empê­che­raient tout diag­nos­tic archéo­lo­gique sur des grands pro­jets (Art. 15).‘’ Les archéo­logues s’insurgent : ‘’Des lob­bies tentent d’écarter l’archéologie des grands pro­jets, comme la construc­tion des datas cen­ters ou d’autres indus­tries et infra­struc­tures, sous pré­texte de sim­pli­fi­ca­tion ou d’un inté­rêt natio­nal majeur’’.

Une par­tie de la taxe archéo­lo­gie sert à autre chose

Les inquié­tudes portent aus­si sur le ‘’sous-finan­ce­ment chro­nique’’ dû au fait que les taxes pré­le­vées par l’État sur les chan­tiers d’aménagements (taxe et rede­vance d’archéologie pré­ven­tive) ‘’ne sont rever­sés que par­tiel­le­ment à l’archéologie, le reste reve­nant au bud­get de l’État. Ainsi, alors que TAP et RAP ont rap­por­té près de 191 mil­lions en 2024, 48 mil­lions manquent à l’appel. ‘’

De plus en plus de précarité

Cette poli­tique de res­tric­tions bud­gé­taires a aus­si des consé­quences sur l’emploi, dénoncent les archéo­logues, et par­ti­cu­liè­re­ment des jeunes dont l’emploi est pré­caire et pâtit de la réduc­tion des chan­tiers de fouilles.

Les Collectifs de lutte ont ren­dez-vous à Paris

C’est l’amendement visant l’archéologie pré­ven­tive, intro­duit dans le pro­jet de loi, qui a fait débor­der le vase et entraî­né la créa­tion du CLAC (Collectif de Lutte des Archéologues Chartrains) il y a quelques jours. Il regroupe des per­son­nels de diverses struc­tures de l’agglomération (Chartres, Chartres-Métropole, Conseil dépar­te­men­tal, INRAP…) mais aus­si au-delà dans la région Centre-Val de Loire. Les archéo­logues de Chartres espèrent se retrou­ver en nombre à Paris, le 12 juin, devant le Musée de Cluny, avec leurs col­lègues de toute la France.