Les actions du 10 septembre en Eure-&-Loir
La journée du 10 septembre née de l’initiative citoyenne Bloquons tout ! — Indignons-nous ! a reçu un écho dans notre département. nous en rendons compte sous forme d’un fil constitué des informations que nous avons collectées ou qui nous sont parvenues et qui ne sont pas exhaustives. Si vous êtes un·e citoyen·e engagé·e dans le mouvement, transmettez-nous tracts, communiqués, informations sur ce qui se passe ou s’est passé durant cette journée de mobilisation.
Notre courriel : redaction@forum28.net
Dans le fil d’info ci-contre les publications les plus récentes sont en haut de colonne, les plus anciennes vers le bas.
Chartres : Meeting et manifestation sous pression policière
Devant la gare de Chartres, à 18 h…
.. .plus de 200 personnes ont découvert la présence de plus de 20 policiers devant l’entrée du hall et aux alentours. Surprise pour beaucoup qui ignoraient l’existence d’un arrêté préfectoral (voir plus bas la photo dans la colonne) interdisant les rassemblements dans les villes pour lesquels une information avait été diffusée par divers canaux.
Les prises de parole ont eu lieu, malgré tout, dans l’espace entre la gare et la rue Pierre-Nicole. Une responsable syndicale FSU a appelé à agir ensemble pour ‘’gagner des budgets justes et équitables qui protègent les petits’’. Elle a annoncé la journée intersyndicale du 18 septembre.
Des lycéennes de Marceau ont informé sur une présence active toute la matinée devant l’établissement pour alerter sur la ’’précarité qui ne cesse d’augmenter’’ pour les jeunes, et avec des chants et des slogans.
La présidentes de l’AFPS-Chartres a rappelé l’importance du soutien aux Palestinien·ne·s sous les bombes israéliennes et regretté que la reconnaissance de l’État de Palestine soit aussi tardive.
Une personne de Dreux a apporté des informations sur le rassemblement de midi à l’appel de la CGT et de citoyen·ne·s.
Une manifestation se forme…
…et emprunte l’avenue Jehan-de-Beauce en direction de la place des Épars. Les premiers slogans sont lancés par les jeunes manifestant·e·s : ‘’On est là, même si Macron ne le veut pas…’’ Puis plusieurs thèmes sont déclinés :
- L’école : ‘’C’est pas l école qui nous coûte cher / Ce sont les banquiers et les actionnaires !’’, L’Éducation n’est pas une marchandise ! / L’École, n’est pas une entreprise !’’, ‘’Y’en a assez de cette politique / Qui casse les écoles et les services publics !’’
- La Palestine : ‘’Netanyahou casse toi / Gaza n’est pas à toi !’’ / « Et qu’est-ce qu’on veut ? Le cessez-le-feu ! / Où ça ? À Gaza ! / Quand ça ? Maintenant !’’
- La politique : ‘’Louis XVI, Louis XVI, on l’a décapité / Macron, Macron, on peut recommencer !’’ / ‘’60 ans c’est déjà trop / on veut pas crever au boulot !’’
Dispositif policier important
Au niveau de la place des Épars, vers 19 h., l’importance de la présence policière ne fait aucun doute. Le cortège constate alors que la tolérance a atteint la limite décidée par les autorités. Rapidement un groupe de policiers armés et protégés par leur bouclier lance une charge contre les manifestant·e·s. Et l’envoi de lacrymogènes suit. De nombreuses personnes sont aveuglées et incommodées par le gaz. Des citoyen·ne·s apportent leur aide avec, notamment, des dosettes de gouttes oculaires. Un sentiment d’injustice parcourt les groupes de manifestant·e·s. Beaucoup disent : “On n’a jamais vu ça à Chartres.”
Un rendez-vous est fixé pour ce jeudi à 18 h. au kiosque pour faire le point.
Nogent-le-Rotrou : Manifestation en ville
Depuis le matin (voir ci-dessous), les manifestants·e·s du rond-point Michel-Hoguet sont resté·e·s sur place avec un effectif fluctuant. Après la visite, au milieu de l’apès-midi, du député Harold Huwart (parti radical, groupe LIOT) venu s’enquérir des revendications et affirmer qu’il était de gauche, un groupe a rendu visite, accompagné de percussions, à l’Intermarché voisin… Après 18 h. un cortège s’est formé pour descendre vers le centre-ville avec, en tête, la Fanfare Invisible du Perche qui a donné un caractère festif à cette déambulation, malgré la pluie. Chansons de lutte (Bella Ciao…) et slogans (De cette société-là, on n’en veut pas…) ont émaillé le parcours qui s’est achevé sur la place Saint-Pol par des pas de danse… une façon de fêter le départ de Bayrou ! Tout au long de la journée, c’est plus de 180 personnes qui se sont mobilisées.
Dreux : 150 devant l’Hôpital
Environ 150 personnes présentes à midi devant la gare. C’est la CGT, ne voyant rien venir, qui a pris l’initiative de ce rassemblement a expliqué Antoine Molinatti, secrétaire de l’Union locale, lors de sa prise de parole. Les Gilets Jaunes qui venaient de se faire évacuer du rond-point des Fenots par la police se sont aussi exprimés ainsi que l’AMP de la Croix Rouge en grève. Des tracts ont été distribués.
Châteaudun : parole libre et manifestation
En l’absence d’appel citoyen, c’est la CGT et la FSU qui avaient pris l’initiative de convoquer un rassemblement et une manifestation. Pour bien marquer que cette journée n’était pas la propriété des syndicats, il n’y a pas en de prise de parole de ceux-ci en début de meeting. Le micro a été proposé à qui voulait le prendre. Un militant s’est présenté comme le représenta local du mouvement de François Ruffin Debout! Plusieurs intervenant·e·s ont souligné la nécessité d’aboutir à des grèves dans les entreprises de la ville, au-delà d’un simple débrayage, pour espérer obtenir satisfaction contre l’austérité programmée. Yves Benoist de la CGT a donné rendez-vous pour la journée nationale du 18 septembre. Kévin Tanguy (FSU) a lui pointé la nécessité de plus partir de la base, des travailleu/r/se·s plutôt que d’attendre les décisions des directions syndicales. Des ateliers pratiques (pancartes, internet…) ont été proposés par un jeune, arrivant dans le bassin d’emploi, pour aider à l’information sur les luttes. Enfin, un autre jeune a suggéré un vote pour bloquer un lieu de Châteaudun mais cette proposition n’a pas été retenue par la CGT. Un cortège s’est ensuite rendu de la Médiathèque à la place du 18-Octobre puis jusqu’à la sous-préfecture en criant des slogans où est souvent revenu “Macron démission !”
Nogent-le-Rotrou, dans la matinée
Il avait été prévu de s’installer sur le rond-point Michel-Hoguet, près du MacDo, lieu historique des Gilets Jaunes. Mais le Préfet a pris un arrêté l’interdisant (ainsi que d’autres lieux du département : ronds points des Fenots à Dreux, des Propylées à Chartres et devant la gare de Chartres). Les manifestant·e·s, au nombre de 150 ont alors décidé d’emprunter à flot continu les passages piétons sur les voies arrivant au rond-point. Lors d’un petit incident, une femme a reçu des lacrymogènes ressentant des brûlures aux yeux et au visage. Heureusement, ce fut sans conséquences après l’intervention d’un médic présent sur place. Les mobilis·é·s ont, un peu plus tard, installé une table sur le pourtour du rond-point pour pic-niquer. D’autres actions étaient envisagées dans la journée avec la participation de la Fanfare invisible du Perche.
Chartres avant l’aube : filtrage au rond-point des Propylées
Lors d’une ag citoyenne, samedi16 h sur le parking de la piscine des Vauroux de Mainvilliers, la décision avait été prise de se retrouver à 5h le 10 septembre pour des actions de blocage à décider sur place.
C’est un groupe d’une vingtaine de militants bien déterminés qui s’est donc retrouvé à l’heure sur le parking de Darty à la Madeleine. Le premier objectif fut de tenter de bloquer des camions à l’entrée livraison de Carrefour non loin.
A 5h 20 le groupe est présent autour de la table sur laquelle des boissons sont disponibles, devant la grande porte bloquant ainsi l’arrivée des camions.
Mais rapidement, la probabilité qu’aucun ou très peu de camions ne viennent est grande. En effet, il a été annoncé que les principales grandes surfaces avaient prévu de reporter les livraisons à plus tard. Le groupe de militants décide de se diriger vers le rond-point de la route de Paris, près de la Madeleine, nommé des Propylées.
Objectif atteint vers 5h 45, le trafic en provenance de Bois Paris est bloqué et la trentaine de militants, non encartés ou issus des mouvements politiques de gauche anticapitaliste, de syndicats, quelques anciens gilets jaunes, se tient sur la chaussée. Ambiance bon enfant avec plusieurs manifestations de sympathie reçues par des klaxons ! Sans concertation bien établie mais à juste titre, il est décidé de laisser filtrer des automobilistes ou chauffeurs faisant valoir la nécessité d’urgence « transport de matériel pour l’hôpital ».
Aux alentour de 6 h 15, après quelques débordements de la part de véhicules impatients empruntant la chaussée à contre sens, gendarmerie et policiers arrivés en nombre et jusque là en observation, ont le bon prétexte pour entrer en action et contraindre le groupe à dégager le blocage.
Après s’être positionné au centre du rond point, dans un rapport de force tendu, la gendarmerie a tenté d’intimider les manifestants et de faire des relevés d’identité sans succès ce qui a déclenché pas mal d’arrogance de leur part. L’impressionnant peloton de service d’ordre est resté contenu, dans le petit matin une trentaine de militants a fait face à une vingtaine de policiers, cela se passe au premier jour de l’entrée en fonction d’un premier ministre connu pour sa grande proximité avec Macron et le démissionnaire ministre de droite extrême Retailleau…







































