AFPS Chartres : Sans relâche, convaincre pour soutenir la Palestine
À Chartres, pour le quatrième samedi, entre 11 h. et 13 h., des membres de l’association France Palestine Solidarité (AFPS Chartres)1 sont sur la place des Épars. Ces militant·e·s installent, chaque semaine, un barnum pour être bien visibles et proposent aux passants des documents, parfois un tract d’actualité, des objets en rapport avec la culture palestinienne et les productions de ces régions (olives, huile, dattes…objets en bois d’olivier sculpté…) …lorsque les cultures ont échappé aux conséquences du conflit actuel et aux destructions dont les colons israéliens de Cisjordanie sont souvent les auteurs, selon les témoignages sur place.
Un drame depuis 1948
À ces propositions s’ajoutent des affiches qui cherchent à répondre à des questions essentielles concernant l’histoire et le fonctionnement de l’État créé ex-nihilo en 1948, à la fin de la guerre 39–45 et ses terribles camps de concentration destinés massivement aux personnes juives, tsiganes, homosexuelles, mais aussi aux opposant·e·s aux nazis (communistes, en premier lieu). Le problème est que cette région qui fut offerte aux personnes se revendiquant juives n’était pas ‘’une terre sans peuple’’2. Et le drame vécu par les familles palestiniennes dure depuis 77 ans.
Tractage
Samedi 8 novembre, les membres de l’association étaient une dizaine et proposaient un tract aux passant·e·s qui traversent cette place centrale menant au centre-ville et au marché du samedi. Proposer est bien le mot, le but étant d’échanger avec les passants pressés d’entrer dans les rues commerçantes de Chartres ou de rentrer à leur domicile. Sujet du tract du jour : la notion de boycott à l’occasion du concert du chanteur Amir, artiste franco-israélien, le soir même.
Le boycott est un outil pour chacun·e
En effet, le chanteur devait se produire dans la grande salle du Colisée tout proche. L’association de Chartres a choisi la pédagogie auprès de la population en expliquant que le boycott est un choix responsable tant que les États européens, dont la France, continuent de soutenir économiquement Israël dans le cadre des accords très favorables avec l’Union européenne. Le boycott des banques qui financent Israël, des produits provenant des terres de Cisjordanie, colonisées par de plus en plus de familles et d’entreprises venues d’Israël, ce boycott est justifié. Pour le secteur culturel et universitaire, il en est de même, affirme le tract distribué. L’exemple historique de l’Afrique du Sud est cité.
Des échanges… animés !
Les échanges sont parfois refusés, ou tendus : plusieurs militant·e·s disent avoir été traité·e·s d’antisémites et le tract repoussé. Plusieurs personnes renvoient à d’autres pays en guerre : ‘’Vous ne faites rien pour ces pays-là !’’ L’Ukraine, le Soudan… ce qui provoque une réponse qui surprend : ‘’Eh bien si Monsieur ! Je fais partie des soutiens du peuple ukrainien ! De plus, je vous apprends peut-être qu’un film sur le Soudan en guerre est projeté au cinéma de Chartres ce lundi. Venez le voir !’’.
Une guerre intolérable
Mais il y a aussi des citoyen·ne·s qui se disent scandalisé·e·s par cette guerre ‘’intolérable’’, cette ‘’situation désespérante’’ où la France et l’Europe n’interviennent pas pour sauver à la fois des vies et un avenir pour l’État de Palestine. La France vient pourtant de reconnaître cet Etat, ‘’mais reste peu active pour que la vie puisse reprendre dans des conditions humaines à Gaza’’, expliquent les membres de l’association. Les personnes qui manifestent depuis des mois et même deux années ne sont pas près d’abandonner cette cause, affirment-elles. Si la guerre s’arrête véritablement, tout est à reconstruire pour un État autonome et non un lieu de vacances pour riches du monde entier ! Et les personnes survivantes sont encore loin d’être sauvées, comme le dénonce l’ONU, l’appel à la solidarité est toujours d’actualité.
___________
- L’AFPS Chartres est un des nombreux groupes de l’association nationale.
- Selon la formule inventée en 1839 par le britannique Lord Shaftesbury ‘’une terre sans peuple pour un peuple sans terre’’.
