Un médecin pour la paix : Un film à ne pas manquer
Si le cessez-le-feu censé mettre un terme au génocide en Palestine est une chose, la réalité en est une autre. Au-delà des exactions commises tous les jours par l’État sioniste à l’encontre des populations palestiniennes, on assiste en ce moment même à une multiplication de signaux inquiétants de la part de cet État, de ses lobbies et de ses complices.
Signaux inquiétants de toutes parts
À titre d’exemple :
- Acheminement de très grosses cargaisons d’armes vers Israël : l’Ocean Gladiator traversera la majorité des pays méditerranéens avant de livrer l’une des plus importantes cargaisons d’équipements militaires depuis octobre 2023.
- La proposition de loi dite « Yadan » : présentée comme une réponse à la montée de l’antisémitisme, cette nouvelle loi constitue en réalité une nouvelle étape dans la criminalisation de la solidarité avec le peuple palestinien et dans la restriction des libertés publiques. En assimilant des opinions politiques à des délits pénaux, en reprenant des définitions contestées et en élargissant dangereusement l’arsenal répressif, ce texte vise à faire taire toute critique de l’État d’Israël.
- Interdiction d’accès à la bande de Gaza à 37 organisations humanitaires internationales majeures : Il leur est reproché de ne pas avoir communiqué la liste des noms de ses employés, exigée désormais officiellement à des fins de “sécurité”. “On est sanctionnés” car “on témoigne sur les violences commises par l’armée israélienne”, estime Médecins Sans Frontières France. Par la voix de sa présidente, Isabelle Defourny, MSF souligne ses “inquiétudes” quant à “partager des informations personnelles de nos équipes palestiniennes aux autorités israéliennes” et rappelle que “500 humanitaires ont été tués dont 15 membres de MSF dans des frappes de l’armée israélienne”.
Le message de paix du docteur Izzeldin Abuelaish
Dans ce contexte, le message porté par le documentaire “Un médecin pour la paix” résonne aujourd’hui plus que jamais.
La réalisatrice Tal Barda retrace la vie du docteur Izzeldin Abuelaish, un Palestinien de Gaza brisé qui a choisi de répondre à la violence de la guerre par un engagement sans relâche pour la paix. Exilé maintenant au Canada, il milite sans relâche pour la paix entre Israël et la Palestine, ce qui lui vaudra d’être nominé cinq fois pour le Prix Nobel de la Paix. Tourné avant la reprise du conflit en octobre 2023, le message de paix porté dans ce documentaire, qui passe en salle
Ce documentaire a remporté le Prix du Public au Festival International Movies That Matter aux Pays-Bas et a été projeté en Sélection Officielle dans de nombreux festivals internationaux, en particulier à Copenhague, à Leipzig et au FIPADOC de Biarritz en 2025.
Il transforme sa tragédie personnelle en actions pour la tolérance
Le Dr Izzeldin Abuelaish est né et a grandi dans le camp de réfugiés de Jabalia à Gaza. Premier médecin palestinien à travailler en tant qu’obstétricien dans un hôpital israélien, il est profondément convaincu que la médecine et la santé sont les grands facteurs d’égalisation, de socialisation et d’harmonisation de l’être humain. Son éthique de pardon et de réconciliation est mise à l’épreuve lorsqu’un tank israélien bombarde sa maison, tuant ses trois filles et une nièce.
Contre toute attente, il transforme sa tragédie en une campagne mondiale pour éradiquer la haine par la tolérance. Il se lance avec véhémence dans une lutte non violente pour la reconnaissance de la nation palestinienne, convaincu que pour honorer ses filles, il doit demander des comptes au gouvernement israélien pour l’attaque gratuite qui a décimé sa famille. On assiste alors médusé à l’enchaînement des arguties des porte-paroles de l’armée israélienne qui, jusque devant la cour suprême, n’hésitent pas à salir les victimes plutôt que de demander des excuses pour une erreur pourtant flagrante.
Depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre et la guerre contre Gaza, 22 membres de sa famille ont été tués, dont des nièces, des neveux et des cousins.
Publié en 2011 en 23 langues, son livre I Shall Not Hate : A Gaza Doctor’s Journey on the Road to Peace and Human Dignity a été salué par la critique dans le monde entier. Le livre a été publié en France en 2011 par les éditions Robert Laffont sous le titre Je ne haïrai point.
Le point de vue d’un Palestinien
Ce film est soutenu par l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) et Amnesty International France. Il se fait l’écho des préoccupations de cette dernière exprimées depuis des décennies concernant le conflit Israël / Territoire Palestinien Occupé. Le film permet d’apporter des clés de compréhension sur la situation complexe dans une démarche humanisée.
Il met en lumière les violations graves du droit international humanitaire commises par Israël, par le Hamas et par les autres groupes armés palestiniens, sur lesquelles l’organisation enquête sans relâche. Il souligne l’absence de justice, l’impunité face aux crimes commis et illustre dramatiquement les conditions de vie, sous l’occupation israélienne illégale, les discriminations et l’apartheid faites aux Palestinien.nes, tout en humanisant leurs souffrances. Il explique à travers le destin singulier d’une personne profondément pacifique, ce qu’est un.e réfugié.e palestinien.ne et met l’accent sur la négation du droit au retour des Palestinien.nes par l’État d’Israël en montrant les drames et les désillusions vécus par le Docteur Abuelaish. Il donne à entendre le point de vue d’un Palestinien, ce qui est en général peu connu et peu accepté. Enfin le film s’inscrit résolument dans le conflit en cours en faisant le lien avec l’actualité. L’apartheid que met en lumière le film fait partie des causes profondes du conflit armé.
Un film promu par des nombreuses organisations
Outre l’AFPS et Amnesty International, les autres partenaires du film sont les suivants : ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture), Artisans du monde, Assemblée des citoyens du monde, CEMEA (Centres d’Entraînement aux Méthodes d’Education Active), Mouvement de la paix, Pax christi, MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples), GROW (Génération for Rights Over the World), UJFP (Union Juive Française pour la Paix), Politis, Télérama, La 7ème Obsession. Ce film a le soutien des Amis du Monde diplomatique, de CVPR PO (Comité de Vigilance pour une Paix Réelle au Proche-Orient) et de Médecins Sans Frontières.
Échanges avec l’assistance après la projection
À l’issue du film, le public pourra échanger avec le Dr Philippe Luxereau qui est responsable d’Israël et des Territoires occupés pour la section française d’Amnesty International. Il a signé récemment une déclaration du Réseau francophone de la santé mentale en soutien à la Palestine. Rappelant que « Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire » (Albert Einstein), ce réseau souligne que ce conflit ne saurait perdurer sans la complicité de nombreux pays occidentaux. « Tant que nos gouvernements continueront de mettre Israël à l’abri du droit international, seule une mobilisation sur le terrain aura quelques chances de faire bouger les choses. Nous, professionnel.les francophones de la santé mentale, du soin, et de l’accompagnement psycho-social, tenons à rompre le silence devant cette réalité insoutenable ».
Par la voix de ses deux représentantes (Micheline Cognard et Maryse Mondain, l’AFPS Chartres présentera les actions menées à Chartres depuis sa création dans le courant de l’année dernière, parmi lesquelles on citera de nombreuses manifestations de soutien à la Palestine pour dénoncer d’une part le génocide commis par l’armée israélienne dans les Territoires occupés, d’autre part l’inaction de la communauté internationale quant à ce génocide comme vient de le rappeler la rapporteuse spéciale de l’ONU, Francesca Albanese.
Christophe Pénicaud (Amnesty International), Micheline Cognard (AFPS), Emmanuelle Péchenart (AERéSP28).
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Note de la rédaction : Les images qui illustrent cette tribune ont été prises par Christophe Pénicaud lors de manifestations organisées par l’AFPS à Chartres l’an dernier.
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