Contre le projet inique de Mme Yadan

Chartres 24-01-2026 AFPS Point-Presse Loi YadanKasbarian, Vigier et Huwart en sou­tien à Yadan

Devant l’urgente néces­si­té de faire entendre leur expé­rience, trois asso­cia­tions ont fait connaître leurs ana­lyses, conver­gentes, de la loi Yadan. Déposée par la dépu­tée Caroline Yadan, signée éga­le­ment (entre autres) par les dépu­tés de trois cir­cons­crip­tions de notre dépar­te­ment, MM. Kasbarian, Vigier et Huwart, elle pré­voit des sanc­tions pénales lourdes qui ne peuvent qu’inquiéter les asso­cia­tions enga­gées dans le sou­tien sans faille au peuple pales­ti­nien et à d’autres causes huma­ni­taires.  L’AFPS  Chartres qui avait adres­sé un cour­rier cir­cons­tan­cié aux­dits dépu­tés il y a dix jours, a déci­dé de tenir cette confé­rence de presse avant la séance à l’Assemblée Nationale de ce lun­di 27 janvier.

Un pro­jet liberticide

Une ving­taine de repré­sen­tants des ces asso­cia­tions, d’organisations amies  et quelques pas­sants, se sont retrou­vés devant le monu­ment des Droits de l’Homme place Châtelet, tout un symbole.

Pour la pré­si­dente de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) de Chartres, Micheline Cognard, ce pro­jet de loi étend mas­si­ve­ment le délit d’apologie du ter­ro­risme, notam­ment en y sanc­tion­nant les pro­pos qua­li­fiés de ‘’pro­vo­ca­tions indi­rectes’’ ou encore en pré­sen­tant cer­tains actes comme une ‘’légi­time résis­tance’’. La cri­tique de la poli­tique d’Israël ‘’relè­ve­rait donc de l’antisémitisme.’’  Elle pré­cise que c’est ‘’une erreur grave de sup­po­ser que les citoyens et les citoyennes de confes­sion et de culture juive seraient for­cé­ment soli­daires d’Israël et de sa poli­tique’’ et ajoute que cette loi ‘’por­te­rait atteinte à la liber­té de la presse, à la liber­té d’analyse des cher­cheurs et ensei­gnants, notam­ment uni­ver­si­taires.’’ Pendant ce temps, les condi­tions de vie des Palestiniens échappent à l’attention ‘’alors qu’elles devraient être notre pré­oc­cu­pa­tion première.’’

Chartres 24-01-2026 AFPS Point-Presse Loi YadanUn géno­cide reconnu

L’Association AFPS de Dreux était repré­sen­tée par Eve-Marie Fornier. Elle insiste de même sur le fait que ‘’si la loi était votée, les juifs anti­sio­nistes devien­draient sus­pects d’antisémitisme’’. Elle pré­cise que ‘’l’AFPS recon­naît les deux états issus de l’accord his­to­rique de 1947, il n’est pas ques­tion de nier l’existence de l’Etat d’Israël.’’ Elle rap­pelle que ‘’la poli­tique de colo­ni­sa­tion que mène l’état d’Israël mas­sacre les Palestiniens qui résistent et il est aujourd’hui recon­nu que c’est un géno­cide’’ et conclut que ‘’vou­loir muse­ler les voix qui dénoncent cette atteinte aux droits fon­da­men­taux des peuples à dis­po­ser d’eux-mêmes est contraire à la liber­té d’expression et à la défense des droits de l’être humain, socles de la République fran­çaise.’’ La délé­ga­tion de l’AFPS Dreux a expri­mé ces pré­oc­cu­pa­tions à la dépu­tée Christelle Minard.

La liber­té d’expression menacée

Pour Amnesty inter­na­tio­nal, la pro­po­si­tion de loi Yadan n’est pas un outil de lutte effi­cace face a l’antisémitisme, c’est sur­tout un ‘’ins­tru­ment de silen­cia­tion de voix cri­tiques de la poli­tique israé­lienne de colo­ni­sa­tion, d’apartheid et de géno­cide.’’ Christophe Pénicaud pré­cise que ‘’en droit inter­na­tio­nal, les États ont l’obligation de pro­té­ger le droit à la liber­té d’expression.’’