Contre le projet inique de Mme Yadan
Kasbarian, Vigier et Huwart en soutien à Yadan
Devant l’urgente nécessité de faire entendre leur expérience, trois associations ont fait connaître leurs analyses, convergentes, de la loi Yadan. Déposée par la députée Caroline Yadan, signée également (entre autres) par les députés de trois circonscriptions de notre département, MM. Kasbarian, Vigier et Huwart, elle prévoit des sanctions pénales lourdes qui ne peuvent qu’inquiéter les associations engagées dans le soutien sans faille au peuple palestinien et à d’autres causes humanitaires. L’AFPS Chartres qui avait adressé un courrier circonstancié auxdits députés il y a dix jours, a décidé de tenir cette conférence de presse avant la séance à l’Assemblée Nationale de ce lundi 27 janvier.
Un projet liberticide
Une vingtaine de représentants des ces associations, d’organisations amies et quelques passants, se sont retrouvés devant le monument des Droits de l’Homme place Châtelet, tout un symbole.
Pour la présidente de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) de Chartres, Micheline Cognard, ce projet de loi étend massivement le délit d’apologie du terrorisme, notamment en y sanctionnant les propos qualifiés de ‘’provocations indirectes’’ ou encore en présentant certains actes comme une ‘’légitime résistance’’. La critique de la politique d’Israël ‘’relèverait donc de l’antisémitisme.’’ Elle précise que c’est ‘’une erreur grave de supposer que les citoyens et les citoyennes de confession et de culture juive seraient forcément solidaires d’Israël et de sa politique’’ et ajoute que cette loi ‘’porterait atteinte à la liberté de la presse, à la liberté d’analyse des chercheurs et enseignants, notamment universitaires.’’ Pendant ce temps, les conditions de vie des Palestiniens échappent à l’attention ‘’alors qu’elles devraient être notre préoccupation première.’’
Un génocide reconnu
L’Association AFPS de Dreux était représentée par Eve-Marie Fornier. Elle insiste de même sur le fait que ‘’si la loi était votée, les juifs antisionistes deviendraient suspects d’antisémitisme’’. Elle précise que ‘’l’AFPS reconnaît les deux états issus de l’accord historique de 1947, il n’est pas question de nier l’existence de l’Etat d’Israël.’’ Elle rappelle que ‘’la politique de colonisation que mène l’état d’Israël massacre les Palestiniens qui résistent et il est aujourd’hui reconnu que c’est un génocide’’ et conclut que ‘’vouloir museler les voix qui dénoncent cette atteinte aux droits fondamentaux des peuples à disposer d’eux-mêmes est contraire à la liberté d’expression et à la défense des droits de l’être humain, socles de la République française.’’ La délégation de l’AFPS Dreux a exprimé ces préoccupations à la députée Christelle Minard.
La liberté d’expression menacée
Pour Amnesty international, la proposition de loi Yadan n’est pas un outil de lutte efficace face a l’antisémitisme, c’est surtout un ‘’instrument de silenciation de voix critiques de la politique israélienne de colonisation, d’apartheid et de génocide.’’ Christophe Pénicaud précise que ‘’en droit international, les États ont l’obligation de protéger le droit à la liberté d’expression.’’
