Chartres : 2ème manifestation antiraciste en une semaine !
Après la manifestation ‘’contre le racisme, le fascisme et les violences d’État’’ dans le cadre de la Marche des Solidarités, le 14 mars à Chartres, une semaine plus tard, le 21, des Eurélien·ne·s se sont à nouveau rassemblé·e·s, cette fois à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale sur les mots d’ordre ‘’Refus du racisme, de la haine et du fascisme’’ et ‘’Construisons une société juste et solidaire.’’ Numériquement, la participation a été sensiblement la même, une centaine, mais, pour partie, avec des personnes différentes.
Retrouver le chemin de l’égalité
Le point de rendez-vous était aussi le même : à proximité de la stèle Jean-Moulin en raison de la symbolique du combat du chef de la Résistance contre le fascisme nazi. Deux prises de parole ont été prononcées en ce lieu. La première, commune aux porte-paroles de la FSU (Dominique) et de Solidaires (Laurence) est une anaphore qui déroule les comportements, décisions, actes racistes de plus en plus nombreux dans notre pays : ‘’Quand les pires préjugés s’expriment dans les institutions sensées garantir l’accès aux droits […] Quand de nombreux médias se font les porte-paroles de la haine contre les étrangers et les étrangères […] Quand le nombre d’actes racistes et antisémites augmente de façon alarmante […] Nous avons plus que jamais le besoin et le devoir de retrouver le chemin de l’égalité et du refus des haines […] ensemble construisons la société dans laquelle nous voulons vivre une société de solidarité, de justice et de respect des libertés.’’
Promouvoir l’éducation populaire
C’est à quoi, dit Roxane Millet, présidente départementale, la Ligue de l’Enseignement se consacre par l’éducation populaire. ‘’Par ses actions au plus près des territoires, autour de la culture, de l’animation socioculturelle, de la promotion de la laïcité et des valeurs de la République, de la transition écologique, du sport […] la Ligue de l’Enseignement défend l’École publique, barrage au tri social, éduque à l’esprit critique, accompagne les citoyen·ne·s de toutes générations, elle lutte contre les idées d’extrême droite.’’
Pour l’égalité réelle des droits
La marche a alors parcouru une boucle dans l’hyper centre-ville accompagnée par deux musiciens qui distillent à intervalles irréguliers les notes de Bella Ciao entre les slogans. Place des Épars, Céline Le Guay de l’AERéSP reprend ses mots de la semaine précédente pour dénoncer les conséquences de la politique de plus en plus restrictive envers les demandeurs d’asile. Retenons ce cas dans notre département : ‘’très récemment la police est venue chercher chez lui un homme, à 6 h. du matin, pour le renvoyer dans son pays alors qu’il était en France depuis 20 ans, suite à un refus de titre de séjour.’’ Elle conclut son intervention en réaffirmant : ‘’Face à cette offensive sans précédent sur les vies des personnes étrangères, l’AERéSP 28 continuera à porter sans relâche la lutte pour l’égalité réelle des droits, logement, école, santé, travail.’’
Contre la politique d’apartheid en Israël
Deux porte-paroles aussi pour l’AFPS (Micheline Cognard, Maryse Mondain). Après avoir rappelé que ‘’ depuis 2023, plus de 73 000 Palestiniens, dont au moins 21 500 enfants, ont été tués dans la bande de Gaza’’, que cette enclave ‘’compterait désormais le plus grand nombre d’enfants amputés par habitant au monde’’ et qu’en Cisjordanie ‘’ des familles sont chassées de leurs maisons, leurs terres confisquées, leur bétail volé’’, le texte pointe un système d’apartheid : ‘’Enfermer, bombarder, expulser, humilier, fragmenter le territoire. Pousser à partir celles et ceux qui restent.’’
Les libertés fondamentales menacées
Le dernier message avant dispersion est celui du groupe Amnesty Chartres par les voix d’Anne-Marie Acquaviva et Marie-Agnès Faure. Parmi d’autres discriminations, elles relèvent que, ‘’en France, les femmes musulmanes sont toujours interdites de participer à des compétitions sportives simplement parce qu’elles portent un foulard’’ et dénoncent ‘’l’utilisation croissante de la reconnaissance faciale pour identifier des personnes dans l’espace public […ce qui] menace nos libertés fondamentales et accentue les discriminations, notamment raciales.’’
C’est devant le monument d’hommage au groupe Manouchian, ces étrangers morts pour libérer la France des Nazis, que ces paroles ont été prononcées bouclant la symbolique entamée devant la stèle Jean-Moulin.
