Deux Ukrainien·ne·s rejoignent la flottille vers Gaza

26 avril 2026 — Deux représentant·es du mou­ve­ment ukrai­nien de défense des droits humains ont annon­cé leur par­ti­ci­pa­tion à la mis­sion civile inter­na­tio­nale vers Gaza, rejoi­gnant des volon­taires du monde entier dans le but d’acheminer de l’aide huma­ni­taire et de contes­ter le blo­cus naval israé­lien de Gaza.

Le droit inter­na­tio­nal et les droits humains sont des prin­cipes universels

Les 2 Ukrainien·ne·s qui se joignent à la flottille Sumud à Gaza Printemps 2026Dans leur mes­sage vidéo (en anglais, ici) adres­sé aux per­sonnes qui sou­tiennent l’Ukraine, l’équipe ukrai­nienne explique qu’elle se rend à Gaza dans le cadre d’un mou­ve­ment plus large de béné­voles, de méde­cins, d’enseignant·e·s et de militant·e·s des droits humains qui réagissent à ce qu’elles et ils décrivent comme une catas­trophe huma­ni­taire totale. Le groupe affirme que le blo­cus a pri­vé les civils de biens essen­tiels, notam­ment de nour­ri­ture et de médi­ca­ments, et qu’une action inter­na­tio­nale urgente est néces­saire pour garan­tir un accès huma­ni­taire en toute sécurité.

« Notre voyage n’a rien à voir avec la géo­po­li­tique », déclare Nina Potarska1 dans la vidéo. « Nous sommes ici pour rap­pe­ler au monde que le droit inter­na­tio­nal et les droits humains sont des prin­cipes universels. »

En tant que représentant·e·s d’un pays qui conti­nue de résis­ter à l’invasion russe, les représentant·e·s ukrainien·ne·s affirment qu’elle et il ne peuvent res­ter silen­cieux face aux souf­frances du peuple pales­ti­nien. « En tant qu’Ukrainien·ne·s – représentant·e·s d’une nation qui résiste à l’agression et à l’occupation –, nous ne pou­vons pas res­ter les bras croi­sés. Nous ne pou­vons pas aban­don­ner le peuple pales­ti­nien », sou­ligne Andrii Movchan2.

En tant qu’Ukrainien·n·es, nous com­pre­nons com­ment l’occupation affecte la vie des civils 

Nina Potarska ajoute : « En tant que cher­cheuse spé­cia­li­sée dans les ques­tions de guerre et de sur­vie, je ne vois pas en Gaza une crise abs­traite, mais un sché­ma récur­rent : lorsque les civils sont pri­vés de nour­ri­ture, d’eau et de soins, la vie quo­ti­dienne s’effondre. Les don­nées de l’ONU montrent que des cen­taines de mil­liers de per­sonnes sont confron­tées à une insé­cu­ri­té ali­men­taire aiguë. En tant qu’Ukrainien·n·es, nous com­pre­nons com­ment l’occupation affecte la vie des civils — par le contrôle des infra­struc­tures, de la mobi­li­té et de l’accès aux pro­duits de pre­mière néces­si­té. Il ne s’agit pas seule­ment d’une urgence huma­ni­taire — c’est un échec de la pro­tec­tion des civils, qui exige une res­pon­sa­bi­li­té politique. »

L’opposition à l’occupation, à l’annexion doit s’appliquer de manière cohé­rente partout

Un 1er Mai, manifestation à Gand

Un 1er Mai, mani­fes­ta­tion à Gand

Les Ukrainien·ne·s affirment que leur par­ti­ci­pa­tion à la flot­tille trouve son ori­gine dans la soli­da­ri­té avec les civils vivant sous le siège et dans la convic­tion que l’opposition à l’occupation, à l’annexion et aux vio­la­tions du droit inter­na­tio­nal doit s’appliquer de manière cohé­rente partout.

L’équipe ukrai­nienne appelle les médias, les orga­ni­sa­tions de la socié­té civile, les élu·e·s et les sympathisant·e·s de l’Ukraine à tra­vers le monde à prê­ter atten­tion à Gaza et à défendre le prin­cipe selon lequel le droit inter­na­tio­nal doit s’appliquer à tous les peuples.

« De l’Ukraine à la Palestine, l’occupation est un crime », conclut la décla­ra­tion vidéo.

La « Global Sumud Flotilla »

La « Global Sumud Flotilla », au sens large, décrit sa mis­sion du prin­temps 2026 comme une ini­tia­tive inter­na­tio­nale menée par des civils, mise en place en réponse aux appels lan­cés par les Palestinien·ne·s de Gaza. Selon l’organisation, cette mis­sion ras­semble des participant·e·s issu·e·s de plus de 70 pays et compte par­mi ses rangs des béné­voles spécialisé·e·s dans l’aide huma­ni­taire, les soins médi­caux et la reconstruction.

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  1. Nina Potarska est une socio­logue ukrai­nienne, cher­cheuse en éco­no­mie poli­tique fémi­niste et direc­trice du Centre de recherche sociale et du tra­vail (CSLR), ain­si que membre de l’Alliance mon­diale des femmes pour le lea­der­ship en matière de sécu­ri­té (WASL). Elle a tra­vaillé pen­dant près d’une décen­nie avec la Ligue inter­na­tio­nale des femmes pour la paix et la liber­té (WILPF), contri­buant à des ini­tia­tives fémi­nistes de conso­li­da­tion de la paix, de plai­doyer poli­tique et de dia­logue international.
  2. Andrii Movchan est un mili­tant de gauche, jour­na­liste et publi­ciste ukrai­nien, membre du Réseau euro­péen de soli­da­ri­té avec l’Ukraine et du grand syn­di­cat espa­gnol Union géné­rale des tra­vailleurs (UGT). Il tra­vaille et réside à Barcelone.