Claudine Cohen à Chartres : Les relations de genres ne sont pas immuables

Claudine Cohen est par sa for­ma­tion uni­ver­si­taire en Littérature et Philosophie des Sciences, une spé­cia­liste de la pré­his­toire et de l’histoire humaine. Elle aborde ce vaste sujet en his­to­rienne et en phi­lo­sophe dans son der­nier livre Aux ori­gines de la domi­na­tion mas­cu­line.

Chartres 20-05-2026 Origines domination masculine CohenMercredi 20 mai der­nier, elle était l’invitée du Café his­to­rique de Chartres à la Bbrasserie Le Marigny. L’assistance était plus nom­breuse qu’à l’habitude — comme l’a fait remar­quer le pro­gram­ma­teur des Cafés his­to­riques de la région Centre-Val de Loire, François Barré —  et  très majo­ri­tai­re­ment fémi­nine et par­ti­cu­liè­re­ment atten­tive à l’exposé de l’intervenante.

La confé­ren­cière pré­cise qu’elle va inter­ro­ger la notion de domi­na­tion mas­cu­line à tra­vers les 7 mil­lions d’années humaines, hégé­mo­nie dont il est impor­tant de mettre en lumière les rai­sons, la per­ma­nence ou la varia­bi­li­té. À notre époque, la légi­ti­mi­té de cette hégé­mo­nie est remise en cause, son évo­lu­tion est, elle aus­si, interrogée.

Au début de son expo­sé, Claudine Cohen aborde la res­sem­blance sou­vent signa­lée entre les êtres humains et cer­tains grands singes mais les dif­fé­rences de sta­ture et de com­por­te­ments res­tent impor­tantes et variables selon les espèces. Nous par­ta­geons avec les Chimpanzés et les Bonobos cer­tains grands traits nous venant d’un ancêtre commun.

Pouvoir mas­cu­lin et sujé­tion des femmes

Aux origines de la domination masculine, Claudine Cohen [couverture]Les tra­vaux de Claudine Cohen et ceux d’autres cher­cheurs et cher­cheuses de notre époque l’amènent à pen­ser que la dif­fé­ren­cia­tion de genres chez les êtres humains s’est affir­mée au Néolithique, avec l’installation et le déve­lop­pe­ment de l’agriculture. Les femmes sont alors assi­gnées à la pro­créa­tion et l’Humanité mul­ti­plie les règles de vie impé­ra­tives dont le sui­vi de la longue matu­ra­tion des nom­breux enfants et les tâches liées au domi­cile, comme le tra­vail des fibres. Auparavant, les socié­tés du Paléolithique étaient pro­ba­ble­ment plus éga­li­taires et les sta­tures de l’homme et de la femme plus com­pa­rables, le nombre des enfants limi­té par la néces­si­té des dépla­ce­ments. L’autrice appuie son pro­pos par des exemples d’erreurs d’interprétation des pein­tures rupestres et des ves­tiges humains.

Les sujé­tions de genre sont-elles immuables ?

Pour toutes les périodes de l’histoire humaine, la ques­tion des dif­fé­ren­cia­tions de genres et le rôle du pou­voir patriar­cal doivent être posées avec nuance, sans oublier la place des trois reli­gions du Livre, sujet que l’auteure appro­fon­dit dans son livre Aux ori­gines de la domi­na­tion mas­cu­line. Elle affirme que les rela­tions de genres ne sont pas immuables et demande de ‘’se méfier des lieux com­muns.’’ Avant les années 2000, c’était ‘’un non-sujet’’ pour la Recherche, bien des affir­ma­tions, par­fois de spé­cia­listes renom­més, sont main­te­nant caduques.

À la fin de l’échange avec le public, elle a dédi­ca­cé son livre, très deman­dé, paru chez Passés Composés. Nous le conseillons sans hésitation.