Devant la gare de Chartres : L’A154 est un projet du passé !
Le dimanche 7 juin, le collectif NON A154-A120 et plusieurs autres associations (voir l’affiche) avaient donné un rendez-vous symbolique, place Pierre-Semard, devant la gare. Entre 100 et 150 personnes se sont rassemblées dont beaucoup avec leur vélo. Ainsi était concrétisé l’objectif : Moins de routes – Plus de Trains – Plus de vélos !
Moratoire immédiat sur le projet A154-A120
Plusieurs prises de parole ont explicité les enjeux. D’abord, Pierre Marquet (Solidaires) a analysé le Comité de suivi de l’A154 qui s’est tenu en Préfecture le 28 mai : ‘’Cette autoroute sera financée exclusivement par les péages. Toutes les alternatives ferroviaires sont systématiquement reléguées au second plan […] Au lieu d’investir dans le train, dans le fret ferroviaire, dans les transports du quotidien, le choix est encore celui du bitume .’’ Alors même que le Conseil d’orientation des infrastructures écrit dans son dernier rapport : ‘’Face aux contraintes budgétaires, à l’urgence climatique et à l’état préoccupant de nos réseaux [il faudrait] concentrer les investissements sur la régénération, sur la modernisation et l’optimisation des infrastructures existantes.’’ La construction d’une nouvelle autoroute ‘’est une aberration écologique, économique, d’aménagement du territoire. Partout en Europe les investissements se tournent vers le ferroviaire […] ici, on s’entête dans une logique héritée du siècle dernier […] Nous demandons un moratoire immédiat sur l’accélération du projet.’’
L’A154 va à l’encontre de la loi-cadre en discussion
C’est ensuite Vincent Degeorge, président de la FNAUT1 régionale qui s’exprime. Il pointe la défaillance de l’État qui reporte la charge sur les régions. Il souligne que la loi-cadre sur les transports actuellement en débat au Sénat et à l’Assemblée nationale ‘’va à l’encontre de ce qui est écrit dans ce projet de loi.’’ Selon lui,’’ l’idée de précipiter l’autorisation des travaux pour l’A154, c’est aussi parce que cette loi-cadre prévoit qu’à partir des prochains renouvellements des concessions autoroutières, on va demander aux concessionnaires de participer plus dans leurs bénéfices.’’
La Région favorise le fret ferroviaire
Lionel Geollot, conseiller régional communiste et président de la commission Mobilités au Conseil régional, souligne que ‘’la région Centre-Val de Loire est la seule à n’avoir pas fermé une seule ligne ferroviaire de proximité depuis sa prise de compétence en la matière […] Elle a prévu de poursuivre sa contribution aux travaux d’entretien et d’amélioration des infrastructures permettant la progression du fret ferroviaire.’’ En E&L, cela concernera Chartres-Dreux (remise en service), Chartres-Courtalain, Chartres-Orléans, avec l’installation d’un centre de maintenance à Amilly.
Un gros trafic serait reporté sur les routes secondaires
Christophe Percheron, agriculteur au Boullay-Mivoye, tient à dire que la création des déviations de villages le long de la RN154 a été un soulagement pour les habitants mais que la création d’une autoroute, outre qu’elle consommerait de nouvelles terres agricoles (avec un remembrement), renverrai sur les voies secondaires à proximité une importante circulation. Caroline Duvelle, du collectif, précise les nuisances : usure du bitume, accidentologie, pollution.
Un projet mal travaillé
Puis, c’est au tour de Tatiana Tirloy, présidente la FEEL2 de prendre le micro. Elle revient sur la réunion du 28 mai : ‘’On ne sait pas à quel montant va être le péage. On nous dit qu’il y aura des avantages. Des avantages uniquement si vous investissez dans l’électrique. Encore une fois, c’est les plus précaires qui vont payer la note.’’ Puis, l’oratrice s’en prend à la sous-estimation du coût du tronçon de 97 km dans notre département, coût identique à celui de 40 km pour le contournement de Rouen (aujourd’hui abandonné). ‘’Ce ne sont pas des projets travaillés sérieusement !’’
Investir dans le ferroviaire et les mobilités douces
Enfin, Raphaël, du SNPTRI3-CGT, soulève le problème des agents de la DIRNO, une cinquantaine, qui ne connaissent pas leur avenir si l’infrastructure passe à Vinci. Il en profite pour souligner les conditions de travail désastreuses chez les concessionnaires. Il fait l’unanimité en déclarant ‘’Si on veut baisser l’impact des transports, il faut avoir des offres de mobilité différentes, et ce que vous proposez ici, c’est vraiment essentiel : il est beaucoup plus rentable de mettre l’argent sur les voies ferrée et les pistes cyclables sécurisées.’’
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- Fédération nationale des associations d’usagers des transports.
- Fédération Environnement Eure-et-Loir.
- S yndicat National des Personnels Techniques des Réseaux et Infrastructures-CGT.
- Direction Interdépartementale des Routes Nord-Ouest.
Cette publication est provisoire. L’iconographie devrait être enrichie prochainement
