200 personnes à Chartres contre le ”permis de tuer”
Ce ne fût pas, à proprement parler, une marche puisque cela se résuma à un rassemblement statique sur la place des Épars. Mais la détermination y était, ce dimanche 20 septembre, pour faire entendre la voix de Chartres et de l’Eure-&-Loir en cette journée nationale de mobilisation contre le ‘’permis de tuer’’ qui serait accordé à la police en cas d’adoption du projet de loi.
Appelé par un collectif contre l’extrême droite en formation, l’évènement a été relativement bref pour permettre à celles et ceux qui avaient prévu de prendre le train de rejoindre la marche parisienne dont le départ était à 14 h. place de la République.
Risque augmenté d’impunité
Au moment des prises de parole, 200 personnes se sont mises en cercle. À l’instar de Christophe Pénicaud (Amnesty International) premier orateur, tou·te·s les intervenant·e·s, dénoncent l’inversion : ce ne serait plus ‘’à l’État de démontrer que le tir était strictement nécessaire et proportionné’’ mais ‘’aux familles, en plein deuil, de prouver le contraire.’’ Le militant des droits humains a bâti son intervention sur ce schéma avant / après. Ainsi, il affirme : ‘’Aujourd’hui, l’impunité existe déjà au sein de la police. Demain, ce sentiment serait démultiplié et pourrait, de fait, entraîner une augmentation du nombre de victimes de tirs de policier.’’
Ne pas laisser à l’extrême droite cet héritage législatif
Fred Serval (PCF) pointe, par un retour historique, la responsabilité du centre et de la droite dans la montée de l’extrême droite par la reprise de ses idées et son discours. Il rappelle aussi qu’en 2017 ‘’sous François Hollande, la loi Cazeneuve élargissait l’usage des armes dans la police.’’ Et il alerte sur ‘’l’héritage législatif qu’on va laisser au potentiel pouvoir d’extrême droite qui arrivera demain […] les responsables politiques qui construisent cet héritage ne pourront pas prétendre qu’ils ne savaient pas.’’ Il souligne que les violences policières n’épargnent pas notre département : ‘’À Jouy, un homme âgé a été blessé par les forces de l’ordre alors qu’il défendait des tilleuls.’’
Abandon de ce projet de loi !
Nicole Mas (PT) affirme : ’’Alors, qu’on compte déjà plus de 50 morts par an [en France] liés aux interventions des forces de police, une telle loi ne pourra être qu’un encouragement à la multiplication des bavures policières’’ et met en garde : ‘’le sentiment d’impunité au sein des forces de l’ordre instauré par cette loi ne peut qu’encourager une augmentation du nombre de tirs et des drames qui en découlent.’’ Elle conclut : ‘’Nous devons rester unis et mobilisés pour que cette loi soit totalement abandonnée.’’
Céline Amartin apporte l’engagement du NPA‑A ‘’contre toutes les idées d’extrême droite’’ et invite à participer à la mobilisation qui aura lieu à Orléans le 24 octobre à l’occasion du congrès du Rassemblement National.
Soumettre la force au droit
Après avoir décliné le nombre des morts annuels dus à la police, Léa Tourret (LFI) explique : ‘’une démocratie ne se définit pas par la volonté de gouverner par la force mais par la volonté de soumettre la force au droit et de contrôler son usage […] n’oublions pas que le fascisme ce n’est pas l’absence de droit mais sa mise au service de la violence d’État.’’ Elle déplore : ‘’Les 730 000 signatures de la pétition auraient dû suffire à ouvrir un débat à l’Assemblée nationale.’’ Comme on sait, il n’en a rien été. La porte-parole termine en exposant les ambitions de son parti : ‘’Nous construisons une révolution citoyenne qui redonnera le pouvoir au peuple et lui permettra de vivre dignement sans trier ses vies, elles méritent toutes la justice, elles méritent toutes la paix.’’
