A154 : M. Lecornu, ne signez pas avec Vinci !

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Le col­lec­tif NON A154-A120 communique :

Merci à nos amis de bien vou­loir relayer très vite notre cour­rier à Monsieur le Premier ministre.

et rejoi­gnez nous ce lun­di 28 sep­tembre 2026 à 18 h 00 devant le Ministère des Transports et de la Transition éco­lo­gique (1) pour dire 

Non à un nou­vel A69, ici à une heure de Paris, et défi­ni­ti­ve­ment non à tous nou­veaux pro­jets d’au­to­route en France en com­men­çant par celui-ci !”

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  1.  246 bou­le­vard Saint-Germain — Paris 7

 

Collectif A154-A120 Déroute des routes [logo]Monsieur le Premier Ministre,

 

Nous vous écri­vons, faute d’avoir pu être reçus par notre nou­veau pré­fet et par notre Ministre des Transports, et ce à quelques jours de la signa­ture d’un contrat qui enga­ge­ra, pour des décen­nies, la res­pon­sa­bi­li­té de l’État et le des­tin d’un ter­ri­toire avec le conces­sion­naire VINCI.

Nous vous écri­vons par néces­si­té abso­lue parce qu’il y va de l’intérêt national.

Ce contrat que vous vous apprê­tez à signer, sous le nom d’A154-A120, n’est pas un pro­jet d’a­ve­nir : c’est un héri­tage du pas­sé impo­sé au pré­sent, au mépris de toutes les alertes que la rai­son, la science, les mes­sages cli­ma­tiques de plus en plus forts et vos propres ins­tances ont ten­té de vous adresser.

Un pro­jet finan­ciè­re­ment condam­né avant même d’exister

La démons­tra­tion éco­no­mique est simple, et cruelle. Pour qu’une auto­route finan­cée à 100 % par le péage soit ren­table, il faut 20 000 véhi­cules par jour. La RN154 n’en accueille, au mieux, que 14 000 sur ses tron­çons les plus fré­quen­tés. Le défi­cit est donc struc­tu­rel, ins­crit dans les chiffres avant même que le pre­mier engin pose son godet dans la terre d’Eure-et-Loir. Et cha­cun sait ce que signi­fie, en France, un conces­sion­naire en dif­fi­cul­té finan­cière : l’État, avec l’argent des contri­buables, sera appe­lé à le ren­flouer. Vous pri­va­ti­sez les pro­fits, vous mutua­li­sez les pertes. C’est le modèle.

Le rap­port de l’Autorité de Régulation des Transports lui-même, qui pour­tant donne son feu vert au pro­jet, accu­mule les réserves qui auraient dû lui valoir un avis contraire. Avant lui, le CESER, la Haute Autorité Environnementale, le Comité d’Orientation des Infrastructures (à deux reprises), la Cour des Comptes et la FNAUT ont dit non, ou ont sérieu­se­ment mis en doute. Ces ins­tances ne sont pas d’obs­curs col­lec­tifs d’a­gi­ta­teurs : elles sont vos propres outils d’ex­per­tise, ins­ti­tuées pour vous conseiller. Vous les avez enten­dues. Vous avez choi­si de ne pas les écouter.

Une auto­route à cinq classes ou cinq inégalités

On nous pré­sente ce pro­jet comme moderne, ver­tueux, struc­tu­ré autour de cinq niveaux tari­faires. Regardons ces cinq niveaux en face.

Les 3 % de Français pro­prié­taires d’un véhi­cule élec­trique paie­ront moins de 5 euros l’al­ler-retour entre Chartres et Dreux.

Les arti­sans, les chauf­feurs de poids lourds indé­pen­dants, ceux dont l’ou­til de tra­vail est un camion ther­mique vieillis­sant, paie­ront jus­qu’à 45 euros le même trajet.

Les navet­teurs modestes, contraints à leur voi­ture par l’ab­sence d’al­ter­na­tive fer­ro­viaire sérieuse, débour­se­ront entre 1 200 et 1 800 euros par an, après réduction.

Ce n’est pas une grille tari­faire : c’est un outil de dis­cri­mi­na­tion sociale. Ceux qui n’ont pas les moyens de payer seront reje­tés vers nos 37 vil­lages voi­sins, où ils aug­men­te­ront la pol­lu­tion, l’ac­ci­den­to­lo­gie, les embouteillages.

Vous aurez construit une auto­route pour les riches, et aggra­vé la vie des autres déjà tel­le­ment mise à mal.

Une pre­mière green­field et des ques­tions sans réponse

Cette auto­route serait la pre­mière dite « green­field » en France, construite de toutes pièces sur des terres vierges, sans moder­ni­sa­tion d’une infra­struc­ture exis­tante. Elle détrui­ra plus de 600 hec­tares de terres agri­coles nour­ri­cières, une cen­taine d’hec­tares de zones humides et de bio­di­ver­si­té. Elle tra­ver­se­ra les val­lées de l’Avre, de la Blaise et de l’Eure par des via­ducs dont les pieux s’en­fon­ce­ront à 30 mètres dans des sols qui ali­mentent les cap­tages d’eau potable de Vernouillet et de Saint-Prest. Et VINCI AREL, à quelques jours de la signa­ture, n’a tou­jours pas répon­du à trois ques­tions pour­tant élémentaires :

-          Comment évi­ter d’i­non­der ces val­lées lors de pluies dilu­viennes, quand on n’a tou­jours pas expli­qué l’i­non­da­tion de l’A11 à l’é­té 2025 ?

-          Comment garan­tir la non-pol­lu­tion de nos nappes et captages ?

-          Où pré­le­ver l’eau néces­saire aux tra­vaux quand la séche­resse menace déjà l’a­li­men­ta­tion en eau des agglo­mé­ra­tions de Chartres et de Dreux ?

Ces ques­tions sont sans réponse. Elles signalent non pas une lacune tech­nique, mais un déni de réalité.

Le green­wa­shing d’une ère révolue

On nous annonce des bornes de recharge élec­trique, du covoi­tu­rage encou­ra­gé. On oublie de pré­ci­ser que les bornes seront inutiles lors des vagues de froid où la pro­duc­tion d’élec­tri­ci­té est sous ten­sion, ou lors des cani­cules qui contraignent les cen­trales nucléaires à réduire leur acti­vi­té faute d’eau de refroi­dis­se­ment. On oublie de pré­ci­ser que le covoi­tu­rage, s’il réus­sit, fera bais­ser le tra­fic de 30 à 50 %, ce qui achè­ve­ra de rendre le pro­jet éco­no­mi­que­ment inte­nable. Le modèle se contre­dit lui-même.

Ce que vous vous apprê­tez à faire

Vous vous apprê­tez à signer un contrat qui sera demain un bou­let. Quand ce pro­jet s’ar­rê­te­ra, et il s’ar­rê­te­ra, parce que le cli­mat s’en char­ge­ra, l’État devra indem­ni­ser lour­de­ment le conces­sion­naire. Ce sera encore de l’argent public, encore nos impôts, ver­sés pour répa­rer une erreur que tous les indi­ca­teurs per­met­taient d’éviter.

L’Eure-et-Loir est le gre­nier de la France. Vous vous apprê­tez à le mettre à sac et à sec, au sens propre comme au figu­ré, pour une infra­struc­ture inutile, inéga­li­taire, qui néglige les ques­tions vitales de l’eau.

Il existe une alter­na­tive. La res­tau­ra­tion fer­ro­viaire de voies exis­tantes per­met­trait de sub­sti­tuer chaque train de fret céréa­lier à cin­quante poids lourds die­sel sur la route. La Région Centre-Val-de-Loire est prête à tra­vailler sur son finan­ce­ment. Ce n’est pas une uto­pie : c’est une solu­tion iden­ti­fiée, ins­truite, dis­po­nible. Il existe aus­si un plan vélo de 53 mil­lions d’euros enga­gés en 2023 par notre dépar­te­ment dont nous atten­dons les pistes cyclables sécu­ri­sées autour de nos 2 agglo­mé­ra­tions avec impa­tience pour les petits tra­jets du quo­ti­dien, sans émettre de CO2.

Notre demande

Nous vous deman­dons d’en­tendre vos propres experts. Nous vous deman­dons de choi­sir l’a­ve­nir. Nous vous deman­dons, à l’instar d’autres pays Européens de déci­der de ne plus faire d’autoroutes en France et de com­men­cer main­te­nant en ne signant pas le contrat avec VINCI / AREL ce qui ne coû­te­ra rien à l’Etat car pour l’instant le contrat de conces­sion n’est pas signé.

L’urgence d’au­jourd’­hui n’est pas d’al­ler plus vite. C’est d’al­ler ensemble en res­pec­tant le peu de res­sources natu­relles qu’il nous reste pour que le plus grand nombre puisse vivre sereinement.

 

Le Collectif NON A154-A120