Depuis que l’Atelier à spec­tacle de Vernouillet est occu­pé, le col­lec­tif Arts vivants.Ensemble.28 envi­sage des actions pour faire connaître les demandes des intermittent·e·s du spec­tacle et autres pré­caires. La pre­mière de celles-ci a eu lieu ce same­di 3 avril à Dreux.

Rassemblé·e·s place Mésirard où le Chant de l’Atelier à spec­tacle occu­pé a été décla­mé une pre­mière fois,  les manifestant·e·s se sont ren­dus en cor­tège au pied du bef­froi.  Durant le dépla­ce­ment, ou lors de pauses, des artistes ont joué des danses, des pan­to­mimes et… de la musique ! Deux adroits échas­siers accom­pa­gnaient à grands pas. Au rythme des per­cus­sions, le slo­gan ‘’Occupons / Occupez !’’ rebon­dis­sait contre les façades…

Les 150 participant·e·s se sont installé·e·s à l’extrémité de la Grand’Rue où le Chant est exé­cu­té une nou­velle fois. La foule reprend en boucle ‘’Résister c’est créer – Créer c’est résis­ter’’ et ‘’Occupons / Occupez !’’ avant de se lais­ser aller à la joie sur ’Danser encore’’ de HK.

Réouverture, oui… mais avec plan concerté

Deux marion­nettes géantes lisent ensuite une décla­ra­tion reven­di­ca­tive qui détaille les exi­gences des artistes :

  • Retrait de la réforme de l’assurance chômage.
  • Ouverture des droits à l’assurance-chômage aux primo-arrivants.
  • Prolongation de l’année blanche pour les intermittent·e·s.
  • Plan négo­cié de réou­ver­ture des lieux culturels.

 Au début de l’agora ouverte à la libre parole, une inter­mit­tente explique pour­quoi les artistes ne réclament pas ‘’la réou­ver­ture des lieux de culture’’ brute mais ‘’un plan concer­té’’. Le sec­teur ayant été frap­pé de plein fouet par les confi­ne­ments de 2020, mis en évi­dence par une baisse de 24,2% de la masse sala­riale par rap­port à 1999, ‘’seule une per­sonne sur 4 pour­ra tra­vailler en cas de réou­ver­ture’’.  L’intervenante défend ‘ la mise en place d’un plan excep­tion­nel de sou­tien à l’emploi doté de plu­sieurs cen­taines de mil­lions d’euros afin de finan­cer l’emploi direct des artistes et des tech­ni­ciens lors de répé­ti­tions, de rési­dences artis­tiques et dans le cadre de la reprise des acti­vi­tés pour main­te­nir un niveau d’activité assu­rant des reve­nus et des droits sociaux aux tra­vailleurs de ce secteur’’.

Soutiens syn­di­caux et politiques

Un repré­sen­tant du POID lit un long texte énu­mé­rant les entre­prises qui licen­cient dans le dépar­te­ment et appe­lant de ses vœux ‘’des grèves et occu­pa­tions pour que les tra­vailleurs prennent leurs affaires en main’’. Est alors men­tion­né le sou­tien au mou­ve­ment d’autres orga­ni­sa­tions poli­tiques, PCF et Ensemble!, ain­si que des syn­di­cats Solidaires et FSU et bien sûr de la CGT spec­tacle qui est actrice du mou­ve­ment en Eure-et-Loir.

Une pro­fes­seure vient dire l’importance pour les élèves et leurs ensei­gnants de retrou­ver la pos­si­bi­li­té de tra­vailler avec des artistes pour varier les points de vue et aigui­ser les regards libres sur le monde.

S’exprime aus­si une Percheronne qui se pré­sente ain­si : ‘’Je suis grand-mère, gilet jaune, infir­mière retrai­tée, fille d’artistes et artiste dans mon cœur’’, elle indique que depuis novembre der­nier elle par­ti­cipe à l’occupation du Théâtre de Verdure à Nogent-le-Rotrou avec le col­lec­tif Pour un Après pas com­ma Avant. Salve d’applaudissements.

Aider la culture autant que l’automobile !

Des Gilets Jaunes lancent leur chant fétiche ‘’Pour l’honneur des tra­vailleurs et pour un monde meilleur, on est là, même si Macron ne le veut pas, on est là !’’ lar­ge­ment repris.

Ces prises de parole sont entre­cou­pées de séquences musicales.

La pré­si­dente des Samedis musi­caux de Chartres dit son sou­hait de pou­voir à nou­veau orga­ni­ser des concerts avec les artistes dans le res­pect des pré­cau­tions sanitaires.

Un inter­mit­tent rap­pelle que le poids finan­cier de la culture en France est supé­rieur à celui de l’automobile alors, dit-il ‘’il faut que le gou­ver­ne­ment donne autant d’aide à la culture qu’il donne à l’automobile !’’

La Préfète d’Eure-et-Loir arri­vée, entre temps, en sur­plomb de la mani­fes­ta­tion trans­met­tra-t-elle le mes­sage à Madame Bachelot, ministre de la Culture, et au gouvernement ?