Chartres : Plus combatives que jamais les femmes ont marché contre les violences

Le mou­ve­ment fémi­niste s’ancre et gran­dit à Chartres et en Eure-et-Loir depuis la créa­tion d’un groupe NousToutes28 il y a trois ans auquel par­ti­cipe plu­sieurs syn­di­cats et par­tis poli­tiques1. Pour cette jour­née de lutte contre les vio­lences sexistes et sexuelles du 19 novembre, 130 per­sonnes se sont regrou­pées place des Halles, dans leur immense majo­ri­té des jeunes femmes. Clervie Guillou, l’une des fon­da­trices du col­lec­tif char­train a lan­cé le départ de la marche : « Chantez fort, levez le poing et faites-vous entendre ! »

Tout au long du cor­tège qui a relié les places du centre-ville (du Cygne, des Épars, Châtelet) des slo­gans ont été scan­dés : « Quand c’est non, c’est non ! », « Un métro toutes les 2 minutes, un viol toutes les 7 minutes. », « Victime, on te croit. Agresseur, on te voit ! », « Le fémi­nisme n’a jamais tué per­sonne, le machisme tue tous les jours », « Féminicides, pas une de plus ! »

Lors d’arrêts, des par­ti­ci­pantes ont lu des textes. L’une a cité Fatima Ouassak : « En France aujourd’hui, une fille sur cinq est vic­time d’une agres­sion sexuelle, un gar­çon sur treize […] ce sont les enfants qui subissent la majo­ri­té des agres­sions sexuelles ».

’On ne nait pas fémi­niste, on le devient’’

Sous la halle de la place Billard, un groupe mixte a inter­pré­té une cho­ré­gra­phie chan­tée de Marion Ruiz et Matthieu Vanuxem [vision­ner la vidéo en bas de page].

Au ter­mi­nus du par­cours, devant la Maison du Département, une autre mani­fes­tante a lu un appel lan­cé en son temps par Gisèle Halimi : « N’ayez pas peur de vous dire fémi­niste, c’est un com­bat valeu­reux qui n’a jamais ver­sé de sang. Nous avons arra­ché une à une des réformes qui pro­fitent à toute la socié­té, lois sur la contra­cep­tion, l’avortement, le divorce, recon­nais­sance du har­cè­le­ment sexuel comme un délit et du viol comme un crime, mesures en faveur de la pari­té en poli­tique, de l’égalité pro­fes­sion­nelle. Mais il faut une relève à qui tendre le flam­beau. […] On ne nait pas fémi­niste, on le devient. »

’Nous réus­si­rons notre révolution !’’

Puis, Clervie Guillou  se dit amère : « Constater que rien n’a vrai­ment bou­gé depuis l’année der­nière pour­rait éro­der notre mili­tan­tisme mais vous voir de plus en plus nom­breuses et nom­breux adhé­rer à notre cause prouve bien qu’il est impé­ra­tif de mener ce com­bat […] [chaque année]ce en France, 225 000 femmes sont vic­times d’agressions sexuelles, 94 000 femmes ont subi des viols ou ten­ta­tives de viols, une femme sur deux subit des vio­lences sexuelles au cours de sa vie, 91% des agres­seurs sont connus mais moins d’un pour cent d’entre eux seront condam­nés. […] 120 fémi­ni­cides ont été com­mis cette année en 2022. » À ce rap­pel, des roses sont dépo­sées au pied du monu­ment de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen pour « por­ter la voix et le sou­ve­nir de toutes ces femmes. »

La mili­tante conclut : « Nous conti­nue­rons de lut­ter, nous conti­nue­rons de mar­cher, de dénon­cer, d’éduquer, de com­mu­ni­quer pour défendre tous les droits de toutes les femmes en France et dans le monde. […] C’est ensemble que nous réus­si­rons notre révolution ! »

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  1. Ensemble! 28, membre du col­lec­tif dépar­te­men­tal a pris la parole place des Épars pour dénon­cer la situa­tion des femmes migrantes et aler­ter sur les déci­sions de Darmanin-Macron d’é­vic­tion du parc social et du 115 des familles sous OQTF, même avec enfants.