Dreux, 6 juin : “Nous n’allons pas lâcher”

Les syn­di­cats s’attendaient à une mobi­li­sa­tion en dimi­nu­tion mais les citoyen·ne·s opposé·e·s à la réforme des retraites sont bien présent·e·s à 10h30, place des Fusillés en face de la per­ma­nence du dépu­té. Un mili­tant CGT pré­cise qu’Olivier Marleix n’a pas répon­du au cour­rier envoyé pour l’interroger !

Le dépu­té LR Marleix ne répond pas !

Le cor­tège s’élance par le centre ville pour rejoindre la Sous-Préfecture puis reve­nir à l’ouest par la rue Parisis. Les slo­gans habi­tuels vont bon train et démontrent la déter­mi­na­tion des manifestant·e·s où l’on compte beau­coup de jeunes, moins jeunes et tou­jours la pré­sence des Gilets Jaunes avec leur dra­peau. Au plus fort du ras­sem­ble­ment, il y avait plus d’une cen­taine de per­sonnes pré­sentes. Le par­cours abou­tis­sait au siège du local CGT où, après les prises de paroles, un verre a été offert.

La retraite, un conquis his­to­rique du CNR

José Delgado, de la CGT Éduc’action, ensei­gnant en lycée pro­fes­sion­nel, s’est expri­mé au nom de l’intersyndicale. Il dénonce la sup­pres­sion des régimes dits spé­ciaux, en fait des régimes plus pro­tec­teurs, et l’allongement de l’âge de départ à la retraite à 64 ans. Or la retraite à 60 ans per­met­trait de recru­ter plus faci­le­ment, explique-t-il. La péni­bi­li­té du tra­vail doit être recon­nue. La retraite est un droit acquis après la seconde guerre mon­diale, adop­tée par le Conseil National de la Résistance (CNR), que beau­coup de pays même déve­lop­pés nous envient. Notre rôle, c’est de s’en sou­ve­nir et de pour­suivre le com­bat. À côté des che­veux blancs qui ont une retraite digne, les jeunes doivent savoir qu’on est soli­daires avec eux. C’est notre devoir de per­pé­tuer la retraite par répartition.

Loi tra­vail, salaires, SMIC aus­si à l’ordre du jour

Nous com­bat­tons aus­si la loi tra­vail qui per­met aux patrons de licen­cier quelqu’un pour des rai­sons par­fois obs­cures. Nous nous bat­tons pour le pou­voir d’achat, pour l’augmentation de Smic et du salaire brut car en l’augmentant on peut pré­le­ver des cotisations.

À Dreux comme ailleurs, note José Delgado, tout est orga­ni­sé pour qu’il y ait de l’apathie dans les esprits mais nous n’allons pas lâcher, on conti­nue la lutte contre une situa­tion inique.

Le capi­ta­lisme est au bord de l’enfer”

À leur tour, deux jeunes révèlent leur dyna­misme et leur déter­mi­na­tion, ils ne veulent pas tra­vailler jusqu’à 64, voire 67 ans. Macron se com­porte tel un roi pour assou­vir ses caprices, jugent-ils. L’État envoie des CRS pour tabas­ser les mani­fes­tants parce qu’ils ont juste uti­li­sé leur liber­té d’expression. Le capi­ta­lisme est au bord de l’enfer et à la fin de son règne, aujourd’hui, c’est nous qui nous bat­tons, qui conti­nue­rons et qui gagne­rons à la fin, conclent-ils char­gés d’optimisme.