Chartres : Motards en colère

En ce same­di 6 avril, l’antenne d’Eure-&-Loir de la Fédération Française des Motards en Colère (FFMC 28) avait convié les adeptes à une mani­fes­ta­tion pour deux reven­di­ca­tions : le rejet du Contrôle tech­nique qui doit entrer en vigueur le 15 avril et la sécu­ri­té sous l’angle de l’entretien des routes.

C’est plu­sieurs cen­taines de motards qui se sont concen­trés à par­tir de 13 h. 30 sur la place Châtelet, au pied du monu­ment aux Droits de L’Homme et du Citoyen. Évidemment, beau­coup venaient d’Eure-&-Loir, mais aus­si des dépar­te­ments voi­sins et par­fois de beau­coup plus loin… Nous avons même remar­qué une imma­tri­cu­la­tion en 34 (Hérault) !

Si les motards sont ‘’en colère’’, leur concen­tra­tion devant l’Hôtel du Département est bon enfant. Ils sont par­fois venus en couples et cer­tains avec des enfants. Les motards semblent for­mer une grande famille soli­daire au pro­fil émi­nem­ment populaire.

Un peu avant 14 h. 30, après avoir reçu les consignes de sécu­ri­té les inci­tant à res­ter grou­pés ‘’sans rou­ler sur les trot­toirs… on est polis, pas de conflits’’, les motard·e·s s’élancent avec un pre­mier ralen­tis­se­ment sym­bo­lique devant la Préfecture.

Cette mani­fes­ta­tion est l’occasion de se pen­cher sur leurs revendications.

Pourquoi le refus du Contrôle tech­nique (CT) ?

La FFMC répond que ‘’Selon le der­nier rap­port de l’ONISR1 sur l’accidentalité 2021, pas moins de 30 % des acci­dents com­portent un fac­teur cau­sal lié à l’infrastructure. À com­pa­rer aux 0.3 % d’accidents liés à un défaut tech­nique du véhi­cule rele­vés dans le rap­port MAIDS2 ! Le contrôle de l’état de son véhi­cule fait d’ailleurs par­tie inté­grante de la for­ma­tion et de l’examen au per­mis de conduite moto. De fait, un contrôle pério­dique obli­ga­toire de l’état des 2 et 3 roues moto­ri­sés s’avèrerait com­plè­te­ment inutile du point de vue de la sécu­ri­té rou­tière.’’ Les motards estiment, comme des pan­neaux le pro­clament, qu’il s’agit d’un racket. ‘’Il y a donc bien mieux à faire si l’on se pré­oc­cupe réel­le­ment de la sécu­ri­té des utilisateurs.’’

L’état des routes trop sou­vent mauvais

Et ce ‘’mieux à faire’’, la FFMC le voit dans l’entretien des routes : ‘’Selon une étude du World Economic Forum, la France est pas­sée de la 1re à la 18e place mon­diale en huit ans pour l’état des routes. Ainsi, en 2021, 18,8 % du réseau rou­tier natio­nal (non concé­dé) était en mau­vais état et 30,4 % néces­si­tait un entre­tien, contre 50,8 % en bon état. L’évolution récente des inves­tis­se­ments de l’État et des col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales ne ras­sure pas. En 2022, les dépenses pour la route (en géné­ral) ont bais­sé de 10,4 % par rap­port à 2012. Alors qu’elles repré­sen­taient 1,1 % du PIB il y a 20 ans, elles ne repré­sentent plus que 0,59 % du PIB en 2022.’’ Et la fédé­ra­tion ajoute : ‘’ En France, l’étude FLAM3 du Cerema4 sur les fac­teurs déclen­chants des acci­dents mor­tels conclut que les infra­struc­tures y contri­buent pour 30 %. Les deux-roues sont par­ti­cu­liè­re­ment exposés.’’

Et l’écologie dans tout ça ?

La FFMC répond qu’elle est ‘’consciente des enjeux de la tran­si­tion éner­gé­tique et éco­lo­gique (TEE), notam­ment du fait que le sec­teur des trans­ports rou­tiers est l’un des pre­miers contri­bu­teurs en France des émis­sions de gaz à effet de serre. Même si les 2RM ne repré­sentent que 2% de ces émis­sions, la FFMC note qu’ils pré­sentent déjà les carac­té­ris­tiques d’un mode de dépla­ce­ment urbain et péri-urbain idéal du point de vue éco­lo­gique : sobrié­té éner­gé­tique, opti­mi­sa­tion de l’espace urbain, empreinte car­bone réduite, uti­li­sa­tion moindre de res­sources, faci­li­té de cir­cu­la­tion et de sta­tion­ne­ment, uti­li­sa­tion du réseau rou­tier exis­tant sans néces­si­ter d’investissement par­ti­cu­lier, ni contri­buer signi­fi­ca­ti­ve­ment à sa dégra­da­tion…’’ Pour autant elle veut encou­ra­ger ‘’l’éco conduite, l’organisation de filières, la stan­dar­di­sa­tion des for­mats, la répa­ra­bi­li­té et la lutte contre l’obsolescence pro­gram­mée, pour des motos “durables.”

La FFMC par­tie pre­nante du mou­ve­ment social

Les sta­tuts  de la fédé­ra­tion confirment l’ancrage citoyen de cette asso­cia­tion : ‘’La FFMC se pro­nonce contre le racisme et tout ce qui ten­drait à ins­tau­rer des dis­cri­mi­na­tions, que ce soit l’origine eth­nique, le niveau social, les choix poli­tiques ou reli­gieux, l’âge, le sexe ou les pré­fé­rences sexuelles. Elle fonde son action sur la res­pon­sa­bi­li­sa­tion et la tolé­rance. Partie pre­nante du mou­ve­ment social, elle favo­rise l’intervention des motards en tant que citoyens.”

_________

  1. Observatoire natio­nal inter­mi­nis­té­riel de la sécu­ri­té routière.
  2. Motorcycle Accidents In Depth Study.
  3. Base de don­née sur les acci­dents mortels.
  4. Centre d’é­tudes et d’ex­per­tise sur les risques, l’en­vi­ron­ne­ment, la mobi­li­té et l’aménagement.

Pour joindre la FFMC 28 :  ► Adresse  27 rue de l’Épargne Chartres ► Tél. 06 25 40 17 61 ► Courriel ffmc28@ffmc.fr