Manifestation à Chartres : Enfance en danger !

Les per­son­nels de la pro­tec­tion de l’enfance avaient don­né un pre­mier aver­tis­se­ment le 24 mars der­nier à l’occasion de la réunion du Conseil dépar­te­men­tal. Ils s’étaient réunis à 120 devant l’entrée de l’hémicycle euré­lien. Cette fois, la jauge est mon­tée à 170 participant·e·s sur la place Châtelet, favo­ri­sée par une grève bien suivie.

Un gouffre qui broie les enfants

C’est le signe d’un pro­fond mécon­ten­te­ment rap­pe­lé par la prise de parole com­mune aux six syn­di­cats. : ‘’La pro­tec­tion de l’enfance est dans un gouffre qui broie les enfants, les jeunes et leurs familles mais éga­le­ment les professionnel·le·s à bout de souffle.’’ Les mots sont durs pour les tutelles : ‘’Il est inac­cep­table que, sous cou­vert de rigueur bud­gé­taire, les moyens dédiés à la pro­tec­tion de l’enfance conti­nuent de ne pas être à la hau­teur des besoins et subissent des coupes sombres ! […] L’État et les dépar­te­ments doivent immé­dia­te­ment assu­mer plei­ne­ment leurs res­pon­sa­bi­li­tés respectives.’’ 

Les mineurs étran­gers par­mi les pre­mières victimes

Céline Le Gay, de l’AERéSP, dénonce quant à elle ‘’les coupes bud­gé­taires votées par le Conseil dépar­te­men­tal qui touchent tous les ser­vices char­gés de la prise en charge des mineurs et jeunes majeurs non accom­pa­gnés ont des consé­quences gra­vis­simes pour les jeunes concer­nés. Leur accom­pa­gne­ment va se trou­ver dégra­dé, du fait, à la fois, de la dimi­nu­tion du nombre de places d’accueil, et des sup­pres­sions de postes de tra­vailleurs sociaux.’’ Le secré­taire dépar­te­men­tal CFDT-Interco, ren­con­tré dans la foule, signale ain­si la sup­pres­sion de deux postes de sala­riés pour s’occuper des mineurs non accom­pa­gnés (MNA).

Plus d’argent pour les enfants !

Dès que la mani­fes­ta­tion s’ébranle, accom­pa­gnée de sirènes, les slo­gans sont tout aus­si accu­sa­teurs et exi­geants : ‘’Enfance en dan­ger, socié­té en faillite !’’, ‘’Plus d’enfants à la rue !’’, ‘’Services satu­rés, enfants en dan­ger !’’, ’’Austérité, enfants sacri­fiés !’’, ‘’Plus de moyens, moins de mépris !’’, ‘’Plus d’argent pour les enfants !’’… Et les pan­cartes et ban­de­roles ne sont pas en reste (voir photos).

Tous les sec­teurs sont repré­sen­tés : per­son­nels des  fonc­tions publiques, hos­pi­ta­lière, ter­ri­to­riale, d’État ou per­son­nels sous sta­tut asso­cia­tif exer­çant dans une fon­da­tion, une asso­cia­tion ou en établissement.

Le tour des orga­nismes de tutelle

Très bruyant et dyna­mique, le cor­tège fait un long par­cours en centre ville avec des arrêts sym­bo­liques devant la Préfecture (repré­sen­ta­tion du gou­ver­ne­ment), puis place de la République (Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations, Agence Régionale de Santé), place des Épars dans la cour de la Direction de la Prévention et de l’Action Sociale, puis devant le Tribunal des enfants, avant de reve­nir place Châtelet devant l’immeuble du Département.

Les pou­voirs publics enten­dront-ils enfin ces voix ?