Ukrainien·ne·s d’E&L : La Vychyvanka pour préserver la culture ukrainienne

Cinq jours seule­ment après avoir com­mé­mo­ré l’Armistice de 1945 (le 10 mai sur la place Châtelet à Chartres),  les orga­ni­sa­tions d’Ukrainien·ne·s du dépar­te­ment et de la région, rat­ta­chées à l’Union des Ukrainiens de France (UUF), ont par­ti­ci­pé à la Journée mon­diale de la Vychyvanka. Le ren­dez-vous était don­né place des Halles d’où une tren­taine de per­sonnes avec des enfants se sont ensuite élan­cés, dra­peaux ukrai­niens flot­tant au vent, jusqu’à la place des Épars, la sono dif­fu­sant des chants et musiques de leur pays. La plu­part, adultes comme jeunes et enfants, hommes comme femmes por­taient la tra­di­tion­nelle che­mise brodée.

La Vychyvanka, c’est un sym­bole de résistance

Une fois, place des Épars, l’attention des particpant·e·s, et de passant·e·s intrigué·e·s, a été rete­nue par les expli­ca­tions de Inna Le Gall (pré­si­dente régio­nale de l’UUF) : ‘’Pour les Ukrainiens, la Vychyvanka, habit tra­di­tion­nel, c’est un sym­bole d’indépendance, de beau­té, de résis­tance. C’est très impor­tant de se réunir pour mon­trer qu’on est tou­jours ensemble […] Chaque région a des par­ti­cu­la­ri­tés, sa façon de bro­der, ses cou­leurs, mais ce qui nous réunit aujourd’hui c’est les cou­leurs rouge et noire, le rouge signi­fie le sang sur la terre noire ukrainienne.’’

Poésies et chansons

La suite de l’évènement a consis­té en la dic­tion de poèmes alter­nant avec des chan­sons, cette fois encore, inter­pré­tées par la jeune Veronica. Le poème écrit et lu en ukrai­nien par Svetlana, une jeune femme,  pro­voque une grande émo­tion, il a été tra­duit en français :

’Je porte mon che­mi­sier brodé

Qui ne vient pas d’une boutique

Et pas d’un musée

Mais de chez moi

Chez moi qui n’existe plus qu’en photos

Et même si je suis là, à Chartres,

Ma mai­son en Ukraine entend encore le sif­fle­ment des fusées…’’

Lire ici l’intégralité du poème.

Garder la langue et la culture mal­gré l’exil

Pour conclure,  Inna Le Gall cite la poé­tesse Lina Kostenko : ‘’Les peuples ne dis­pa­raissent pas sou­dai­ne­ment. Au début, on com­mence à détruire leur culture, à sup­pri­mer leur langue.’’  Inna Le Gall ajoute ‘’C’est pour cette rai­son que c’est très impor­tant de gar­der les tra­di­tions, de gar­der la langue et de gar­der la culture, y com­pris les chan­sons ukrainiennes.’’

Comme à chaque fois, l’hymne ukrai­nien clôt le rassemblement.