Alarme ! La chirurgie viscérale en grève illimitée à l’Hôpital de Chartres
‘’Ce sont des conditions de travail qui sont juste plus possibles’’, c’est le cri du cœur de Julie1, infirmière au sein du service de chirurgie A4 viscérale du Centre Hospitalier de Chartres lors du point presse tenu le 8 juillet devant l’établissement. Depuis le 2 juillet, à l’appel des deux principaux syndicats (FO et CGT), les personnels sont en grève illimitée2.
On n’arrive plus à faire correctement nos soins
Appuyée par les responsables syndicaux, Christopher Le Corre (CGT) et Marina Neveu (FO), elle égrène une liste de dysfonctionnements qui deviennent inquiétants tant pour les patients que pour les soignants. Elle explique qu’il s’agit d’un service de 27 lits ‘’avec énormément de patients qui ont des pathologies lourdes […] On a une surcharge de travail qui fait qu’on n’arrive pas à faire nos soins correctement.’’ Elle donne de multiples exemples : surveillance postopératoire, surveillance de transfusion sanguine, beaucoup de patients qui subissent des complications et qui doivent être redescendus en urgence ‘’soit en USC3, soit en réanimation, soit au bloc opératoire’’.
Les patients sont mécontents
Elle pointe aussi l’insuffisance de personnels soignants ‘’que ce soit au niveau infirmiers ou au niveau aides soignants ‘’ ce qui entraîne ‘’du retard dans la prise en charge des soins, […] des toilettes et des soins qui finissent beaucoup plus tard […] le repas est décalé […] on met plus de temps à répondre aux sonnettes […] les patients sont mécontents.’’ Elle alerte : ‘’La nuit, une seule infirmière avec une seule aide soignante, c’est juste ingérable, même dangereux.’’
Un important turn over des personnels
Quant aux personnels eux-mêmes, Julie dénonce : ‘’On n’a pas le temps de manger, on n’a pas le temps d’aller faire pipi, on n’a le temps de rien […] on est toutes épuisées […] une étude a été faite, toute l’équipe pratiquement est en burn out.’’ Cette situation entraîne un important turn over : ‘’En six mois, la moitié de l’effectif infirmier a quitté son poste.’’ Conséquence, il faut reformer du personnel infirmier … ‘’qu’on n’a pas le temps de former correctement’’.
Pour rester un service référent
Le service est reconnu par l’administration hospitalière comme le troisième référent de la région Centre-Val de Loire. Julie commente : ‘’C’est bien, sauf que nous on est un CH4, on n’a pas les mêmes moyens qu’à Orléans ou à Tours5, ce serait bien de mettre les moyens pour l’équipe s’ils veulent qu’on continue à travailler dans de bonnes conditions et avec de la qualité.’’
Dans l’immédiat, les syndicats réclament :
► Des effectifs renforcés : 3 infirmièr(e)s le matin, 1 infirmièr(e) de journée, 2 l’après-midi, 2 la nuit, tous les jours ;
► Un renfort d’aides-soignantes, à raison de 3 minimum chaque matin, 2 la nuit, avec un effectif complet de 10 pour le service.
Que la direction entende notre voix !
Jusqu’à maintenant la réponse de la direction c’est ‘’Il faut revoir l’organisation, ils vont travailler dessus mais c’est à nous de trouver les solutions […] ils n’ont pas les moyens de rajouter du personnel en plus et on n’est pas le seul service en difficulté’’…
Les personnels grévistes tiennent à rappeler dans un communiqué que ce mouvement est ‘’un appel au dialogue et à la responsabilité […] Nous espérons que la direction entendra enfin notre voix, avant qu’il ne soit trop tard.’’
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- Le prénom a été changé.
- Réquisitionnés, ils assurent leur service.
- Unité de surveillance continue.
- Centre Hospitalier.
- Qui sont des Centres Hospitaliers Universitaires (CHU).
