Bayrou à Chartres : Malgré un secteur bunkérisé, la contestation s’est fait entendre
La venue à Chartres d’un tiers des ministres et du premier d’entre eux, François Bayrou, pour détailler aux premiers concernés les grandes mesures de son plan qui donnera plus de pouvoirs aux préfets, ne pouvait laisser sans réactions syndicats et autres collectifs militants.
Syndicats et collectifs militants font valoir leurs points de vue
C’est ainsi que l’AERéSP(*) avait dès le 30 juin tenu un rassemblement devant la stèle Jean-Moulin pour protester en particulier contre les rafles d’étrangers du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau.
Le 7 juillet, c’est l’AFPS(**) Chartres qui, au même endroit, a alerté sur le génocide en cours à Gaza et demandé à la France de cesser ses envois de matériel militaire à Israël.
État de siège autour des ministres et des préfets
Ce 8 juillet, les syndicats FSU, FO, CGT et UNSA avaient donné rendez-vous devant le théâtre. Ce fut une véritable galère pour beaucoup pour s’y rendre. En effet, un très large périmètre autour de la préfecture et de l’hôtel de Ligneris (préfecture historique de Jean Moulin) avait été bouclé par d’importantes ‘’forces de l’ordre’’ (police nationale, gendarmerie, CRS…) provoquant le mécontentement des salarié·e·s qui se rendaient à leur travail, sans en avoir été prévenu·e·s. Il fallait fournir une justification pour pouvoir pénétrer dans la zone interdite. Les manifestant·e·s durent donc faire de grands détours pour parvenir sur le boulevard Chasles.
Bayrou interpelé sur la reconnaissance de la Palestine
Par un concours de circonstances, une militante de l’AFPS se retrouva à l’intérieur du périmètre au moment où François Bayrou voulu serrer quelques mains du rare public présent. Elle demanda au Premier Ministre que la France reconnaisse l’État de Palestine à quoi il répondit ‘’on y travaille’’… Souhaitons que le travail soit promptement abouti !
Pendant ce temps, devant le théâtre, les syndicats rappelaient au journaliste de l’Écho leurs griefs et revendications à l’égard de l’actuel gouvernement, notamment : abrogation de la réforme des retraites de 2023, renoncement aux 40 milliards de réduction au prochain budget et, pour la Fonction publique, augmentation des salaires et du point d’indice.
Le collectif AERéSP a, lui, dénoncé ‘’un climat nauséabond’’ avec les rafles dans les gares ordonnées par Retailleau et la réduction des droits des étrangers sans papiers alors qu’il faudrait les régulariser.
Slogans à destination du gouvernement
La déclaration de l’AFPS Chartres publiée la veille a été lue (voir ici) avant que la quarantaine de manifestant·e·s se dirige vers la place des Épars où elle a été bloquée par la police. Derrière les barrières, des slogans ont été lancés : ‘’Netanyahou barre-toi ! Gaza n’est pas à toi !’’, ‘’Stop génocide !’’, ‘’Netanyahou en prison, Macron complice !’’, ‘’De l’argent pour l’hôpital, pas pour les Rafales !’’, ‘’De l’argent pour la Sécu, pas pour les obus !’’…
Parmi les manifestant·e·s, on a pu remarquer un groupe habillé de rouge qui souhaitait, de cette façon, participer à l’action ‘’ligne rouge’’ déclinée dans tout le pays pour dire stop au génocide à Gaza.
Il ne pourra être dit qu’en ce début juillet peu propice aux mobilisations, rien n’aura été fait à Chartres pour contester la parole gouvernementale.
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* Collectif Accueil des Exilés et Régularisation des Sans-Papiers.
** Association France Palestine Solidarité.
