Châteaudun, 18 septembre : Participation en hausse
200 participant·e·s à la manifestation contre l’austérité prévue par Bayrou dans le budget 2026 et non démentie par Lecornu. C’est le double du 10 septembre mais pas encore suffisant pour engager un mouvement victorieux. Si des débrayages (avec participation au cortège) ont eu lieu chez Safran et Hutchinson, trop d’autres entreprises n’ont pas bougé. C’est cette question qui taraude la CGT et la FSU, les organisations syndicales qui avaient appelé sur Châteaudun à cette manifestation1. Les prises de paroles, avant le départ devant la Médiathèque, puis sur la place du 18-Octobre, n’ont pas éludé les questions des formes d’action.
La radicalité c’est rassembler dans la durée le plus de monde possible
Yves Benoist, au nom de l’Union locale CGT, a cité Sophie Binet, la secrétaire confédérale : ‘’Nous n’avons rien contre la diversité des modes d’action, bien au contraire, mais je rappelle que deux facteurs sont essentiels à la réussite des mouvements sociaux. D’abord, le nombre ; la radicalité, ce n’est pas mener des actions très dures mais des actions rassemblant le plus de monde possible et dans la durée. Ensuite, il faut impérativement peser sur l’économie d’où l’importance centrale de la grève.’’
Le budget on n’en veut pas !
Tout au long du parcours (rue de la République, deux tours de la place du 18-Octobre, rue Jean-Moulin…), les militant·e·s ont diffusé des tracts aux passant·e·s, sur les pare-brises et dans les boîtes à lettres. Accompagnés par la sono qui crachait Antisocial et d’autres chansons de lutte, des slogans étaient repris dont le célèbre et irrévérencieux, mis au goût du jour : ‘’Macron, si tu savais, ton budget…’’ Mais aussi ‘’Le budget, on n’en veut pas !’’. La banderole de 2023 ‘’Touche pas à ma retraite’’ avait repris du service en tête de manif.
Prenons-nous en main !
Devant la Mairie, Kévin Tanguy (FSU) a lu le texte intersyndical, sollicitant les réactions, par exemple pour fustiger les ‘’211 milliards, montant des aides, exonérations d’impôts et autres cadeaux fiscaux pour les ultra riches et les grandes entreprises sans contreparties. Assez !’’ ‘’Assez !’’ reprend la foule. ‘’La retraite à 60 ans, vous la voulez ?’’, ‘’Ouiiii !’’ Il revient sur les formes d’action à même de faire céder le gouvernement et le patronat : ‘’La grève ne doit pas déboucher uniquement sur un défilé dans les rues. Elle doit être l’occasion de bloquer l’outil de production. Syndiquons-nous en masse ! Auto-organisons nous ! Caisse de grève, solidarité entre nous ! Cessons de déléguer nos vies à des institutions oligarchiques et à des soi-disant dirigeants ! Prenons-nous en main, nous en sommes capables, montrons-leurs, aujourd’hui et les jours suivants !’’
Sous-Préfet informé
Quand le cortège parvient devant la Sous-Préfecture, de nouveaux appels sont lancés à élargir le mouvement auprès des collègues, des parents d’élèves en ce qui concerne les enseignants. La déclaration intersyndicale est glissée dans la boîte du Sous-Préfet.
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- Les autres organisations (CFDT, FO…) avaient été invitées à participer. Seule la CFE-CGC était présente avec plusieurs drapeaux.
