Riches échanges à la fête régionale des Écologistes à Châteaudun

Ce same­di après-midi du 27 sep­tembre, les Écologistes ont orga­ni­sé leur Fête régio­nale à Châteaudun dans le cadre enchan­teur du Moulin à Tan, au bord du Loir et entou­ré d’une prai­rie humide…

 

L’eau pom­pée par le maïs

Lieu, on ne peut mieux adap­té  à l’atelier consa­cré à l’eau qui a bras­sé de nom­breux sujets et notam­ment celui de son uti­li­sa­tion agri­cole. Un aspect très pré­sent dans notre région et par­ti­cu­liè­re­ment dans la Beauce euré­lienne est celui de l’arrosage du maïs. Cette eau n’est pas res­ti­tuée au milieu natu­rel. ‘’La consom­ma­tion d’eau pour le maïs est consi­dé­rable : 60  % de l’eau en France va à l’agriculture dont très lar­ge­ment au maïs […] On a un sys­tème de nour­ris­sage des bêtes  hyper per­ni­cieux : le maïs très consom­ma­teur d’eau et d’engrais  avec le soja impor­té prin­ci­pa­le­ment du Brésil.’’

 

Le pro­jet  d’autoroute A154 décortiqué

D’autres ate­liers, ont ani­mé cette après-midi, dont un sur les mobi­li­tés autour du pro­jet de l’autoroute A154. Caroline Duvelle, du col­lec­tif Non A154-A120,  y a résu­mé les élé­ments déve­lop­pés lors du Rassemblement Déroute des Routes des 13–14 sep­tembre à Challet.

La séance plé­nière était inti­tu­lée ‘’En Europe, l’écologie au cœur de la bataille agri­cole’’ et ani­mée par David Cormand, dépu­té euro­péen. Quatre points avaient été retenus :

  • l’impact de la poli­tique agri­cole com­mune (PAC),
  • est-ce que l’Europe a une démarche de pres­crip­tion pour expor­ter son modèle d’agriculture ?
  • quels sont les enjeux des poli­tiques agri­coles de l’Amérique du Sud ou des États-Unis par rap­port à l’UE ?
  • peut-on nouer des alliances avec d’autres espaces dans le monde ?

 

Bataille pour le modèle agricole

Retenons quelques élé­ments seule­ment sur le pre­mier point de cette riche séquence : La France est le pays qui reçoit les plus grosses aides de la PAC avec envi­ron 9 mil­liards d’euros annuels. ‘’La PAC sert à orien­ter la poli­tique qu’on veut dans l’UE.’’ La reven­di­ca­tion des Écologistes est de ‘’pas­ser d’une aide à l’hectare à une aide à l’unité de pro­duc­tion, en fait, au nombre de sala­riés qu’a une exploi­ta­tion. Pourquoi ? Parce que l’aide à l’hectare entraîne une sorte de capi­ta­lisme agri­cole où on a inté­rêt à avoir une exploi­ta­tion de plus en plus grande’’ telles ‘’les usines à lait et à viande au détri­ment de la poly­cul­ture-éle­vage.’’ David Cormand a expli­qué que le pas­sage à une agri­cul­ture d’exportation dans les années 60–70 n’était pas l’initiative des agri­cul­teurs mais de ‘’deux prin­ci­paux acteurs éco­no­miques : 1/ les géants de l’agro-chimie (BASF, Bayer…) 2/ les géants de l’agro-alimentaire (Lactalis, Avril, Danone…) […] On a fait ren­trer l’agriculture dans une stra­té­gie de concur­rence avec le reste du monde.’’

 

Désignation des res­pon­sables de l’organisation

Tout au long de l’après-midi, entre les tables-rondes, les participant·e·s ont pu visi­ter les stands, à com­men­cer par celui des Jeunes Écologistes. Mais aus­si ceux de Pesticides en ques­tion, de SykADAP ou se res­tau­rer auprès de la camion­nette de la crêperie.
Le matin, les Écologistes de la région Centre-Val de Loire avaient renou­ve­lé leurs ins­tances res­pon­sables : co-secré­taires Sabine Bonneville et Lionel Wartelle. Pour l’Eure-et-Loir, les co-secré­taires sont ce der­nier et Cécile Sené.