Un si bel après-midi !

Le monde va mal, chacun·e le sait : crise cli­ma­tique, menaces sur le vivant, inéga­li­tés sociales gran­dis­santes, affai­blis­se­ment voire brusque recul des liber­tés démo­cra­tiques, racisme, xéno­pho­bie, guerres… Et pour­tant cet après-midi de Festisol, le 16 novembre au COMPA à Chartres, a été un moment récon­for­tant. En effet, tout au long, la diver­si­té, la tolé­rance et la soli­da­ri­té ont irri­gué les stands et les évè­ne­ments qui étaient programmés.

 

À la soupe !

 

Tout a com­men­cé par une déli­cieuse soupe bio, pré­pa­rée le matin par l’association euré­lienne d’insertion Soli-Bio (seule implan­tée en milieu rural en Eure-et-Loir) ser­vie, contre par­ti­ci­pa­tion libre aux convives : des visi­teurs et visi­teuses, des militant·e·s des asso­cia­tions tenant des stands, des artistes (ama­teurs ou pro­fes­sion­nels) qui ont pré­sen­té leurs créa­tions un peu plus tard.

 

Lointaines ou proches : les Voix d’ailleurs

Le café a ensuite été pris en écou­tant la très pro­fes­sion­nelle (bien que com­po­sée de chan­teuses et chan­teurs amateur·e·s) cho­rale Voix d’ailleurs de Saint-Georges-sur-Eure diri­gée par la talen­tueuse Julia Orcet. Des chants ou chan­sons de dif­fé­rents pays ont été inter­pré­tés à la per­fec­tion accom­pa­gnées par la gui­tare, le syn­thé et la voix de la cheffe.

 

Le genre de l’emploi

 

Puis, une autre asso­cia­tion d’insertion, implan­tée, elle,  dans le quar­tier de La Madeleine à Chartres, La Dame à la licorne1 a pré­sen­té, avec la par­ti­ci­pa­tion d’AGIRabcd 282, une scène cos­tu­mée inti­tu­lée Les Métiers n’ont pas de genre. Pendant le défi­lé, façon pré­sen­ta­tion de mode, de per­sonnes actuel­le­ment hors de l’emploi notam­ment, qui avaient revê­tu des habits pro­fes­sion­nels, la comé­dienne Claude Mailhon, à son pupitre d’avocatE, expli­quait les retards ou les avan­cées, l’historique de la fémi­ni­sa­tion de divers métiers. La pres­ta­tion a reçu de vifs applau­dis­se­ments, adres­sés aus­si à l’auteur des textes et de la mise en scène, François Guillon.

 

La mort blanche sur l’Ukraine

 

Enfin, ce fut au tour d’Olena Rémi, pré­si­dente de l’Union des Ukrainiens de France pour l’Eure-et-Loir, de pré­sen­ter une lec­ture de poèmes d’auteur·e·s ukrainien·ne·s par Aline Karnauch et Chantal Vinet. Cette der­nière a expli­qué qu’une ‘’par­tie de la popu­la­tion ukrai­nienne trouve dans la poé­sie un recours, une façon de résis­ter et d’exprimer la tra­gé­die mais éga­le­ment d’envisager un après.’’  Donc des poèmes nés du trau­ma­tisme de la guerre impo­sée par la Russie de Vladimir Poutine à leur pays, comme dans cet extrait : ‘’Lit chaud dans lequel on se couche sans se désha­biller avec nos chiens gen­tils et fidèles, nos chats pla­cides, avec nos enfants qui dorment tan­dis que la mort blanche sur­vole la mai­son…’’ Poèmes qui font naître émo­tion, indi­gna­tion, com­pas­sion et solidarité.

 

Une kyrielle d’associations

 

C’était alors le moment de par­cou­rir les stands des asso­cia­tions, épar­pillés entre les engins agri­coles du musée. Là encore la diver­si­té était de mise : Amnesty inter­na­tio­nal, AERéSP, ACAT, CCFD terre soli­daire, En lutte pour nous toutes, Entraide Guinée, Foyer d’Accueil Chartrain, PEP28, la Ligue de l’enseignement, Sykadap, etc.

 

Frénésie de danse et rencontre

 

Pour clô­tu­rer, la jour­née, la com­pa­gnie de danse Messidor de Nathalie Tissot a pré­sen­té dans l’allée cen­trale du COMPA, entre les trac­teurs et au milieu de l’assistance, une émou­vante cho­ré­gra­phie dont on pou­vait inter­pré­ter le thème comme celui de la dif­fi­cul­té pour les per­sonnes d’ici et d’ailleurs de se ren­con­trer, de s’accueillir, de se com­prendre mais fina­le­ment de s’allier. Ce qui don­na lieu, au final, à une danse fré­né­tique au son ryth­mé des per­cus­sions inté­grant le public. Un moment récon­for­tant, avons-nous dit.

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  1. Cette asso­cia­tion d’insertion pro­fes­sion­nelle créée et coud des cos­tumes pour le domaine artis­tique. Elle en pos­sède actuel­le­ment 3 000.
  2. AGIRabcd est une asso­cia­tion de retraité·e·s, créée en 1983 qui orga­nise des actions en France favo­ri­sant l’in­ser­tion sociale et pro­fes­sion­nelle de per­sonnes de tout âge. En Eure-et-Loir, des antennes existent à Chartres et Châteaudun qui mettent en œuvre, notam­ment, des cours d’alphabétisation.