Chartres : Dans la rue glaciale contre les violences de genre

La Journée inter­na­tio­nale pour l’é­li­mi­na­tion de la vio­lence à l’é­gard des femmes ins­ti­tuée par l’ONU était fixée au 25 novembre. En Eure-&-Loir, c’est le same­di 22 que cette ini­tia­tive a été orga­ni­sée, en y ajou­tant, sui­vant l’appel du col­lec­tif natio­nal NousToutes, les vio­lences de genre dont sont vic­times les per­sonnes LGBTQIA+.

Combattives mal­gré le froid

La marche de Chartres était orga­ni­sée par l’association En lutte pour nous toutes, la Ligue de l’Enseignement et la FSU. Marche convo­quée en fin d’après-midi pour en faire un évè­ne­ment avec lumières. Mais, le froid, extrê­me­ment vif, en a sans doute décou­ra­gé plus d’une. Pour autant, la cen­taine de participant·e·s, a fait preuve d’une belle com­ba­ti­vi­té. Le par­cours entre les places des Halles et des Épars, a été ponc­tué d’arrêts

Avancées et blocages

Au départ, En lutte pour nous toutes a lu à trois voix une décla­ra­tion résu­mant le sens de cette jour­née : ‘’Nous sommes dans la rue contre les fémi­ni­cides, les vio­lences patriar­cales, sociales et d’État, la des­truc­tion des Services publics (qui impacte plus for­te­ment les femmes et les per­sonnes mino­ri­sées), les guerres et la mon­tée des fas­cismes par­tout dans le monde.’’ L’association a pu célé­brer une avan­cée : la modi­fi­ca­tion ‘’de la défi­ni­tion pénale du viol et des agres­sions sexuelles a été défi­ni­ti­ve­ment adop­tée.’’ Désormais ‘’le consen­te­ment est libre et éclai­ré, spé­ci­fique, préa­lable et révo­cable.’’ Mais elle ajoute : ‘’Combien de crimes, com­bien de pro­cès doivent-ils encore faire la une pour que les voix des vic­times se fassent entendre ? Non, un fémi­ni­cide n’est pas un crime passionnel !’’

130 fémi­ni­cides en 10 mois en France

Pour rendre hom­mage aux plus de 130 vic­times recen­sées entre le 1er jan­vier et le 1er novembre der­niers, une ribam­belle de leurs por­traits a accom­pa­gné le cor­tège. ‘’Violées, écra­sées, poi­gnar­dées, étran­glées, étouf­fées, abat­tues, égor­gées, etc. la lita­nie des hor­reurs est insou­te­nable. Elle se répète inlas­sa­ble­ment, d’année en année, elle n’est pas le fruit du hasard, la résul­tante d’une somme de faits divers. Elle est la consé­quence d’une culture patriar­cale viri­liste qui domine et méprise la moi­tié de l’humanité’’ a insis­té l’association qui n’a pas oublié ‘’toutes les vic­times d’agressions homo­phobes, trans­phobes, racistes, vali­distes, clas­sistes.’’ Pour faire face à cette vio­lence per­sis­tante, elle demande ‘’le main­tien et l’augmentation des finan­ce­ments des asso­cia­tions qui viennent en aide aux vic­times et à leurs familles.’’

Chorale et chorégraphie

Un ate­lier cho­rale  tenu en amont a per­mis de faire entendre, au départ et à l’arrivée et sur les places visi­tées des chan­sons comme La Chanson des sar­di­nières, Je suis fille de et bien sûr L’Hymne des femmes. La nuit presque tom­bée les guir­landes et des lumières indi­vi­duelles ont été allu­mées pour déam­bu­ler. Sous la halle de la place Billard, l’association Le Labo, qui mèle professionnel·le·s et amateur·e·s de très bon niveau, a pré­sen­té une inter­pré­ta­tion de Je pas­sais par hasard de Yves Jamait avec une cho­ré­gra­phie de Marion Ruiz sur des arran­ge­ments vocaux et musi­caux de Matthieu Vanuxem. À la suite, une ver­sion de Je suis libre de Mathilde. 

”La rue, elle est à nous !”

Tout au long du périple dans l’hyper-centre de Chartres de nom­breux slo­gans ont étés lan­cés au micro et repris, par­mi les­quels : La rue, elle est à qui ? Elle est à nous ! / Quand c’est non, c’est non ! / Le fémi­nisme n’a jamais tué per­sonne, le machisme tue tous les jours ! / Nous sommes fortes Nous sommes fière Et fémi­nistes et radi­cales Et en colère !…

Sur la place des Épars,  d’ultimes prises de parole : de la FSU et de l’Association France Palestine Solidarité et l’annonce de la ren­contre avec Violaine De Filippis-Abate le 29 novembre à L’Esperluète ou com­ment résis­ter au back­lash dont les femmes sont à nou­veau victimes.