Mercosur, DMC, revenu : La voix des paysan·ne·s de la Conf’ devant la Préfecture

Nouvelle action des paysan·ne·s à Chartres, ce 18 décembre. À l’heure même où des agri­cul­teurs et agri­cul­trices de plu­sieurs pays de l’Union euro­péenne conver­geaient vers le Parlement euro­péen à Bruxelles, la Confédération pay­sanne d’Eure-&-Loir avait appe­lé à un ras­sem­ble­ment paci­fique devant la Préfecture.

 

Pour une démo­cra­tie alimentaire

Une soixan­taine de per­sonnes, sous les ori­flammes jaunes du syn­di­cat pay­san, ont occu­pé l’espace devant l’entrée du bâti­ment de l’État pen­dant plus d’une heure : militant·e·s et adhérent·e·s de la Conf’ mais aus­si citoyen·ne·s attaché·e·s à une ali­men­ta­tion saine. Le syn­di­cat tient beau­coup au ‘’par­tage de la démo­cra­tie ali­men­taire, du choix de l’agriculture, du choix de l’alimentation. On pense que c’est un sujet qui concerne abso­lu­ment tout le monde’’ a affir­mé Magalie Dupont lors de sa prise de parole. Elle a d’ailleurs annon­cé la créa­tion récente d’un groupe des Amis de la Confédération pay­sanne en Eure-et-Loir, que chacun·e peut rejoindre. En sou­tien éga­le­ment, des militant·e·s  de syn­di­cats, CGT, FSU, Solidaires (celui-ci avec un dra­peau), de par­tis (PCF, NPA, LFI avec son dra­peau) ou encore d’associations (SykADAP…).

 

Non au Mercosur

La porte-parole a rap­pe­lé les objec­tifs de cette mobi­li­sa­tion natio­nale du 18 décembre : ‘’La signa­ture du trai­té UE-Mercosur doit avoir lieu à la fin de la semaine. Cela fait très long­temps que la Confédération pay­sanne est oppo­sée à la signa­ture de ce trai­té. On ne met pas en concur­rence les pay­sans du Sud et les pay­sans du Nord  […] On est pour la sou­ve­rai­ne­té ali­men­taire dans tous les pays, c’est-à-dire le droit aux peuples et aux États de déci­der de leur agri­cul­ture, de leur ali­men­ta­tion, sans dum­ping vis-à-vis d’autres pays tiers.’’

 

Un reve­nu digne

Autre sujet de ce ras­sem­ble­ment : ‘’un reve­nu digne pour tous les pay­sans, la relo­ca­li­sa­tion de l’alimentation, l’installation de nou­veaux agri­cul­teurs.’’ Elle pré­cise : ‘’ce reve­nu passe par un enca­dre­ment, une régu­la­tion des mar­chés […] une taxa­tion sur l’entrée de tous les pro­duits qui ne res­pec­te­raient ni nos normes sociales, ni nos normes environnementales.’’

 

Pas d’abattages indiscriminés

Évidemment, dans le contexte actuel, Magalie Dupont  sou­ligne ‘’On est là en soli­da­ri­té avec les éle­veurs tou­chés par la der­ma­tose glo­bu­laire [DMC]. On est contre les abat­tages totaux. On demande à la ministre de chan­ger de protocole.’’

L’intervention de la mili­tante a été fré­quem­ment entre­cou­pée d’applaudissements et de slo­gans, pour ce der­nier sujet : ‘’Changez de méthode !’’ adres­sé à Anne Genevard.

 

On pré­fère des fermes nombreuses

Enfin, l’Hymne pay­san est, un peu timi­de­ment pour cette fois, enton­né par quelques militantes :

’ Qui a la plus grosse moissonneuse
Le plus d’hec­tares et de tracteurs ?
On pré­fère des fermes nombreuses
Malgré tous nos détracteurs !’’