Chartres : Femmes en lutte
À Chartres, la traditionnelle marche féministe pour la Journée Internationale pour les Droits des Femmes s’est déroulée le 7 mars, initiée par le collectif En lutte pour Nous Toutes avec la FSU, la CGT et Solidaires.
Les inégalités économiques fustigées
Le rassemblement initial a eu lieu place des Halles où une première prise de parole commune, par les voix de trois syndicalistes, pour rappeler que ‘’les écarts de rémunérations entre les hommes et les femmes s’élèvent encore à 22% en moyenne. Ces inégalités sont amplifiées à la retraite avec des écarts moyens de pensions de 38% en défaveur des femmes […] Reconnaître la valeur du travail des femmes est d’abord une exigence de justice sociale. Cela suppose [… de reconnaître] les compétences mises en œuvre dans les métiers à prédominance féminine, notamment les métiers du soin et du lien.’’ Il est aussi nécessaire que ‘’les femmes ne soient plus contraintes aux temps partiels pour assurer les tâches domestiques et parentales.’’ La déclaration s’est conclue sur une dénonciation des ‘’discours masculinistes décomplexés’’ et l’exigence d’une ‘’augmentation des moyens affectés à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans les entreprises, les administrations, les sphères privées et publiques et les réseaux sociaux.’’
Un cortège vitaminé !
Un cortège d’environ 200 personnes s’est ensuite mis en route dont émanaient de nombreux slogans avec de jeunes porteuses de la banderole de tête particulièrement dynamiques : ‘’Qu’est-ce qu’on veut ? Qu’on nous croie !, Qu’est-ce qu’on réclame ? La justice !, Assez, Assez d’impunité !’’ ou encore : ‘’Le machisme tue tous les jours, le féminisme n’a jamais tué personne !’’
Un premier arrêt, place Marceau, est l’occasion pour la chorale intersyndicale d’inviter à reprendre ‘’Si les femmes chantent fort…1’’ ou des slogans transformés en goguettes : ‘’Rien n’est à eux, tout est à nous ! Nos vies, nos corps nous appartiennent. Contraception gratuite, libres avortements, ou alors ça va péter !’’
Une minute de silence pour les victimes
Place Billard, des membres, tout de noir vêtus, du collectif La Meute ont donné de nouveaux chiffres : ‘’Dans le monde entier, ce sont 76 millions de femmes violentées chaque année. C’est environ une femme tuée toutes les 10 minutes.’’ Elles ont souligné que ‘’chaque féminicide laisse derrière lui des enfants traumatisés ‘’ et demandé une minute de silence. Une des militant·e·s nous a expliqué que le groupe de La Meute présent cette fois à Chartres a l’habitude de se retrouver dans différentes villes selon les évènements annoncés.
Solidarité avec les femmes du monde entier
Au pied de la cathédrale, c’est au tour de l’Association France Palestine Solidarité d’expliquer que pour les Palestiniennes ‘’la première source de violences faites aux femmes, c’est celle de la colonisation et de l’occupation militaire israélienne. Il est donc impossible de séparer féminisme et lutte nationale.’’ Parmi d’autres conséquences de l’occupation, l’AFPS a cité ‘’les fausses couches, la mortalité maternelle et périnatale, les dépressions post partum en fortes hausses.’’
L’AERéSP2, quant à elle, a expliqué que beaucoup plus de femmes ‘’ont aujourd’hui leur propre projet et migrent seules avec leurs enfants’’ et souligné qu’ ‘’une grand majorité d’entre elles subissent des violences sexuelles et des persécutions liées au genre dans leurs pays d’origine et dans les pays d’accueil : mutilations, exploitation sexuelle, mariages forcés, crimes d’honneur…’’ Après ces deux interventions le slogan ‘’So-so-lidarité avec les femmes du monde entier ! ‘’ a fusé.
Déclaration des Droits Humains et des Citoyen·ne·s
Au terme de la manifestation, place Châtelet, le monument qui y trône a été rebaptisé à la ‘’Déclaration des Droits humains et des Citoyen·ne·s’’ ! Le groupe Amnesty International de Chartres a rappelé que la Déclaration de 1789 ‘’a été écrite et pensée pour des hommes’’ et a salué ‘’Olympe de Gouges qui, en 1791, rédige la Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne’’ ce qui lui vaudra d’être guillotinée deux ans plus tard. En ce jour, le groupe Amnesty a demandé ‘’à messieurs les candidats [d’] affirmer votre engagement contre les discriminations de genre, faites de la lutte contre les discriminations un pilier de votre mandat.’’
En lutte pour Nous toutes !
Enfin, l’association En lutte pour Nous Toutes a signalé que les militantes ont ‘’remplacé’’ des plaques de rues par des noms de femmes et affirmé que ‘’Non ! Le 8 mars n’est pas la journée de la Femme ! Non ! La femme n’est pas célébrée un seul jour par an ! Non ! Le 8 mars n’est pas notre jour off ! Le 8 mars c’est la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, tous les droits, de toutes les femmes et il est important de considérer chaque mot.’
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1 . Si les femmes chantent fort / C’est qu’elles ont à dire / “Foutez la paix à nos corps / Et à nos désirs / La porte je sais l’ouvrir seule / Tout aussi bien que ma gueule / Aussi bien que ma gueule.”
- Collectif pour l’Accueil des Exilés et la Régularisation des Sans-Papiers 28.
