‌Ukraine : À Chartres, la solidarité en chansons

Le 8 mars, en début de soi­rée, en l’église Sainte-Marie-Madeleine de Chartres, l’Association des Ukrainiens et Amis de l’Ukraine de la région Centre-Val de Loire avait convié les sou­tiens de la résis­tance ukrai­nienne, à un concert de l’Ensemble National des Bandouristes de l’Ukraine.

Une église comble

Lors d’une brève intro­duc­tion, Inna Le Gall, pré­si­dente de l’association, a expli­qué avoir pro­fi­té d’une occa­sion unique, l’invitation du groupe à l’Opéra Bastille pour un concert le 5 mars, pour orga­ni­ser une tour­née en France. ‘’C’est la pre­mière fois que cet ensemble vient à Chartres.’’ Elle a ajou­té que, si ce concert à pu être orga­ni­sé, ‘’c’est  grâce aux béné­voles de notre asso­cia­tion, au groupe des Amis de Sœur Claire et à toute la popu­la­tion qui est soli­daire avec l’Ukraine.’’ La belle église de la Madeleine était pleine d’un public enthou­siaste venu par­ti­ci­per au bon­heur de nom­breux Ukrainiennes et Ukrainiens, ayant trou­vé refuge dans notre région, pro­ba­ble­ment plus de 300 personnes.

Perpétuer une culture en danger

L’Ensemble National des Bandouristes d’Ukraine est un phé­no­mène unique du patri­moine cultu­rel ukrai­nien. Il a été créé en1918 à Kiev. Il a sa par­ti­cu­la­ri­té créa­tive : tous les artistes chantent et jouent du ban­dou­ra en même temps. Depuis le début de l’agression russe contre l’Ukraine en 2014, le groupe a don­né de nom­breux concerts dans la zone de conflit au Donbass. Après l’invasion à grande échelle en 2022, il a effec­tué plu­sieurs tour­nées cari­ta­tives dans les pays euro­péens pour sou­te­nir la culture ukrai­nienne expli­ci­te­ment mena­cée par la Russie de Poutine. À Chartres, un mor­ceau a été dédié aux ban­dou­ristes actuel­le­ment au front et l’interprétation de l’hymne ukrai­nien a conclu le concert.

Un folk­lore inventif

Mais, la base du réper­toire reste des chan­sons folk­lo­riques ukrai­niennes, dont les orches­tra­tions sont inter­pré­tées par le chef de la par­tie musi­cale du groupe, Volodymyr Marunych. ‘’Le chant cho­ral accom­pa­gné du déli­cat timbre argen­té du ban­dou­ra, la théâ­tra­li­sa­tion de chaque chan­son créent  une impres­sion inou­bliable, cap­turent le cœur et l’âme de tous ceux’’ qui ont écou­té ces chan­sons, comme l’annonçait le programme.

BandouraLe ban­dou­ra, ori­gi­naire d’Asie Centrale, des­cend d’un petit ins­tru­ment à cordes très popu­laire en Ukraine dès le Moyen-Âge où on l’appelait ‘’Kobza’’. Devenu popu­laire entre le 14ème et le 18ème siècle avec les bardes iti­né­rants, il accom­pagne leurs chants rela­tant les exploits des cosaques, ain­si que les poèmes héroïques et lyriques qu’ils mettent en musique.

Le ban­dou­ra a une vaste caisse de réso­nance en bois de forme ovoïde qui sup­porte deux che­va­lets courbes où passent plus de cin­quante cordes en métal. Proche de l’oud otto­man voire pales­ti­nien, il asso­cie les prin­cipes de la cithare et du luth. On en pince les cordes avec les doigts : les longues basses avec la main gauche, et les cordes mélo­diques avec la main droite.

Pas que le bandoura

Au total une qua­ran­taine de chan­teurs hommes, dont cer­tains, à quelques moments, se sont pro­duits aus­si dans des for­ma­tions plus res­treintes. Outre le ban­dou­ra, nous avons remar­qué d’autres ins­tru­ments : cla­ri­nette, une flûte de pan ou syrinx, accor­déon et tam­bou­rins. Trois musi­ciens, à l’aide de lames de faux aux sons accor­dés, nous ont
don­né un mor­ceau varié de per­cus­sions exceptionnelles.

Bref, une cha­leu­reuse soi­rée qui s’est conclue par de longs applau­dis­se­ments. Pour remer­cier, l’ensemble a enton­né ‘’Aux Champs Élysées’’ de Joe Dassin repris par nombre de spec­ta­trices et spectateurs