Nogent-le-Rotrou : Dire et chanter les résistances féministes

 

À Nogent-le-Rotrou, depuis plu­sieurs années, les actions fémi­nistes sont une tra­di­tion. Samedi 7 mars à 11 h., l’association La Collective fémi­niste du Perche a ouvert le ras­sem­ble­ment de la place Saint-Pol qui a réuni la Fanfare invi­sible du Perche et trois chœurs et cho­rale, devant le mar­ché hebdomadaire.
C’est à trois voix que les repré­sen­tantes de la Collective ont dres­sé un bilan des droits des femmes.

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Les chiffres impressionnent

 

L’année 2025 a été mar­quée en France, d’une part par un nombre consé­quent de fémi­ni­cides :  au 31 décembre 2025, l’association Nous Toutes comp­tait 164 fémi­ni­cides, un nombre en forte pro­gres­sion par rap­port à l’an­née 2024 (141 fémi­ni­cides), qui enre­gis­trait déjà ‘’une hausse de 11 % des fémi­ni­cides conju­gaux par rap­port à 2023’’.
En France, les mili­tantes notent quelques pro­grès dont la recon­nais­sance du non-consen­te­ment, des pro­grès aus­si dans quelques autres pays dans le monde, après des actions longues et difficiles.
Il faut se réjouir aus­si de la réha­bi­li­ta­tion des femmes ayant été condam­nées pour avor­te­ment avant sa léga­li­sa­tion (en 1975), ain­si que des per­sonnes homo­sexuelles entre 1942 et 1982. 
Mais, les com­bats fémi­nistes en France ‘’ont pour pers­pec­tive un contexte où les forces et les dis­cours réac­tion­naires s’amplifient.’’ Le point est fait sur des situa­tions locales dégra­dées, en expli­quant que l’accès des femmes aux ser­vices de san­té sexuelle dépend des finan­ce­ments, tou­jours insuf­fi­sants. En matière judi­ciaire ‘’les par­cours res­tent des par­cours de com­bat­tantes’’ carac­té­ri­sés par des délais allon­gés, par le manque de professionnel·le·s formé·e·s à toutes les formes de vio­lence et par le manque de moyens de mise à l’abri.

 

Résistances en Iran

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Une autre mili­tante met en avant la ‘’déter­mi­na­tion sans failles’’ des femmes d’Iran en 2025, au milieu des dif­fi­cul­tés éco­no­miques, ain­si qu’ ‘’en refu­sant le port obli­ga­toire du voile’’. Cette résis­tance à la dic­ta­ture ‘’et à la reli­gion obli­ga­toire’’ s’est exer­cée en de nom­breux lieux. Depuis, un autre mou­ve­ment social a réuni des dizaines de mil­liers de femmes et d’hommes dans les rues… sui­vi par le meurtre mas­sif de manifestant·e·s par l’État.

 

Des chants de lutte et d’espoir

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La Fanfare invi­sible du Perche et des chan­teuses et chan­teurs ama­teurs ont fait entendre les espoirs et les luttes des femmes d’ici et d’ailleurs et de périodes his­to­riques dif­fé­rentes, devant un public varié atten­tif aux textes. La qua­li­té du tra­vail réa­li­sé par les cho­ristes ama­teurs soli­daires a été remarquée. 
Quelques titres au pro­gramme chan­tés par le Chœur de Luttes, la Chorale à ta Mère et le Chœur de Bellême : À nos Sœurs d’Iran, qui a été écrit en 2023, après la mort de Masha Amini (le 16 sep­tembre 2022). Une chan­son de Mathilde : À la gloire des Femmes en deuil. L’Hymne des Femmes, chan­son créée col­lec­ti­ve­ment en mars 1971 par des mili­tantes fémi­nistes à Paris. Des chants de tra­vailleuses, plus anciens aus­si : La Lega et Les Penn Sardines et quelques autres.