Dreux : Inauguration du Mémorial aux enfants de Gaza empreinte d’une intense émotion
Il a fallu beaucoup de persévérance à Benoît Coignard, artiste plasticien du Drouais, pour convaincre de la faisabilité de son œuvre et surtout de la possibilité de la faire circuler en France et peut-être au-delà. Ce 11 avril une étape décisive a été franchie avec l’inauguration, Grande-Rue Maurice-Viollette devant la Chapelle de l’Hôtel-Dieu, d’un Mémorial aux 18 500 enfants tués à Gaza.
Mettre les incrédules devant la réalité crue
L’artiste l’a ainsi présenté : ‘’ Il fallait un outil pour mettre les incrédules, les indifférents, les bien-pensants, devant cette réalité crue et innommable qu’ils feignent d’ignorer […] Les 18 500 noms, prénoms, âges, sexes inscrits sur ces 18 grandes bannières forcent les regards à s’ouvrir […] si les mots n’entrent plus dans les esprits, la création artistique a peut-être ses chances. […] L’œuvre d’art qui l’accompagne […] symbolise poétiquement avec des jouets d’enfant le drame humain subi par les Palestiniens.’’
Benoît Coignard a conclu : ‘’Je remets aujourd’hui avec solennité ce mémorial entre les mains de l’Association France Palestine Solidarité. Parce qu’il est ambulant, il voyagera dans son réseau militant de ville en ville.’’
Par la parole et par le chant
Déjà palpable pendant les paroles d’humanité universelle de l’artiste, l’émotion s’est perpétuée chez les dizaines de personnes présentes durant les témoignages et prestations artistiques qui ont suivi :
- La chanteuse lyrique Valérie Vitou qui a interprété À tous les enfants une chanson de Boris Vian et Les Enfants de la guerre de Charles Aznavour (accompagnée à la guitare par Nafissa, présidente locale de l’AFPS) et fait chanter Le Temps des cerises à l’assistance.
- Kheira qui a dit un poème palestinien À Gaza, il y a pire que mourir et, avec ses amies de courts et déchirants poèmes d’enfants.
- Khéridine Mabrouk, cinéaste tunisien, né à Dreux, auteur du documentaire ‘’Gaza Strophes’’ qui montre qu’ ‘’à travers Gaza, à travers la Palestine, il y a la question du colonialisme qui continue, la question de l’effacement de groupes.’’
- Jean-Luc Bansard, directeur du Théâtre du Tiroir de Laval, empêché au dernier moment, qui a dit par téléphone interposé Nous aussi nous aimons la vie de Mahmoud Darwich et qui fera des 18 bannières le décor d’une pièce consacrée à Gaza.
Madame Minard interpellée sur la loi Yadan
Après des paroles de remerciement de l’AFPS du Pays de Dreux (Naïma) à l’égard de Benoît Coignard, plusieurs organisations (CGT, REV, AFPS Chartres) ont approuvé la nécessité de poursuivre sans relâche la solidarité avec la Palestine.
Enfin, le Mémorial, qui mérite son qualificatif d’ambulant, s’est déplacé rue Saint-Martin face à la permanence de la députée Christelle Minard, signataire de la proposition de loi Yadan visant à assimiler antisionisme et antisémitisme, pour une nouvelle fois (car l’AFPS-Dreux l’a déjà rencontrée) la convaincre de revenir sur son soutien à ce texte dangereux pour la liberté d’expression.
