Comité de suivi de l’A154 : Tout va très bien, Monsieur Vinci !

Jeudi 28 mai avait enfin lieu le pre­mier Comité de sui­vi du pro­jet A154-A120 de l’ère du pré­fet Jonathan, avec au total, bien plus que la cin­quan­taine de per­sonnes annon­cée. Y étaient notam­ment repré­sen­tés les dits grands élus, les maires de Chartres (Ladislas Vergne), de Lèves (Rémi Martial), le pré­sident du conseil dépar­te­men­tal (Christophe Le Dorven), le délé­gué à la mis­sion auto­route du même conseil (Jacques Lemare), tous sou­tiens du pro­jet. Mais, par­mi l’assistance, il y avait aus­si des oppo­sants ou des scep­tiques : le maire de Gasville-Oisème (Grégoire Bailleux), celui de Saint-Lubin-des-Joncherets (Sébastien Jacob) ou encore ceux de Prunay-le-Gillon (repré­sen­té par Thierry Jousset) et de Fresnay‑l’Évêque (Francis Besnard), le dépu­té PS de l’Eure, Philippe Brun.

Devant la pré­fec­ture pour sou­te­nir la contes­ta­tion à l’intérieur

Avant 17 heures, une qua­ran­taine de mani­fes­tants oppo­sés au pro­jet s’étaient ras­sem­blés avec de nom­breuses pan­cartes devant la Préfecture. On recon­nais­sait le conseiller d’opposition de Lèves (Sigismond Bœuf), le vice-pré­sident délé­gué à la bio­di­ver­si­té du conseil régio­nal (Jean-François  Bridet), Christian Galand, natu­ra­liste, ain­si que Maximilien Vangeon, agri­cul­teur, dont les terres au Gorget seraient direc­te­ment impac­tées par le pro­jet, venu avec son trac­teur.

Les griefs expri­més à la sortie

À la sotie du comi­té de sui­vi qui a duré deux heures trente Magalie Dupond, co-porte parole de la Confédération Paysanne, Caroline Duvelle, du col­lec­tif  Non A154-A120, Tatiana Tirloy, nou­velle pré­si­dente de la FEEL, qui ont mené la contra­dic­tion en séance, ne cachaient pas leur colère et énu­mé­raient les griefs. En voi­ci quelques uns :      

  • Contrairement à ce qu’ont affir­mé MM. Vergne et Martial TOUS les maires n’attendent pas avec impa­tience la mise en ser­vice de l’autoroute !
  • Jacques Lemare, a pré­ten­du que ce pro­jet est néces­saire pour relier les ports de Rouen et du Havre en fai­sant fi de l’abandon de l’A133-A134 (contour­ne­ment de Rouen) et de l’existence de A28 (Rouen-Alençon-Le Mans-Tours) !
  • Les pré­si­dents de la SAFER (François Jeannot) et de la Chambre d’agriculture (Yohann SERREAU), éga­le­ment pro auto­route, ont pro­mis des méga-bas­sines pour les cas de pénu­rie d’eau !
  • L’aveuglement sur le trans­port céréa­lier par camions. Pourtant, le fret céréa­lier est le seul mode de trans­port aujourd’­hui qui répond aux pré­oc­cu­pa­tions pre­mières que sont le coût et l’impact sur le climat.
  • Le finan­ce­ment qui repo­se­rait uni­que­ment sur les péages (les sec­tions Nonancourt-Acquignyet Houdan-Dreux res­te­raient gra­tuites). Mais aucune infor­ma­tion tari­faire ne sera connue avant la signa­ture du contrat avec Vinci ! Comment res­pec­ter la recom­man­da­tion du COI (comi­té d’orientation des infra­struc­tures) sur l’acceptabilité par les Euréliens du péage avant lan­ce­ment ? Même pro­blème avec le tarif navet­teurs : un rabais de 58% est pro­mis… mais sans en connaître la base !
  • Le pré­fet qui ras­sure à bon compte sur le report du tra­fic poids lourds sur le réseau secon­daire : Il y aura réflexion avec l’AREL (socié­té com­mer­ciale créée en 2021 par Vinci pour gérer le pro­jet A154-A120).
  • Indifférence au mas­sacre de la faune. Eure-et-Loir-Nature a expri­mé sa crainte pour les oiseaux.

Vinci a mis le paquet

Francis Besnard, qui dès l’enquête publique a dénon­cé l’ab­sence de démo­cra­tie,  un pro­jet catas­tro­phique pour sa com­mune (Fresnay‑l’Évêque) mais aus­si inutile et très nui­sible,  nous a confié, iro­nique : ‘’Vinci à mis le paquet, tous les grands moyens, ils ont conçu un visuel du pro­jet gran­diose, comme si on y était, presque en 3D avec drones et tous les artifices.’’

Intensifier l’in­for­ma­tion et les luttes

Sombre tableau donc, les quelques militant·e·s resté·e·s jusqu’à la sor­tie des participant·e·s ne s’illusionnaient pas sur la teneur de cette réunion et demeu­raient convaincu·e·s : il va fal­loir inten­si­fier la luttes, l’information, avec toutes les asso­cia­tions et citoyen·ne·s opposé·e·s, on est tou­jours face à une immense pres­sion du Préfet, et des pro-auto­routes, un déni total de l’obsolescence du pro­jet à l’heure du réchauf­fe­ment climatique.