Devant le tribunal de Chartres, l’exigence d’une loi intégrale sur les VSS

C’est l’association En lutte pour Nous Toutes, relayant l’appel de la Coalition fémi­niste Loi inté­grale (53 orga­ni­sa­tions) qui a lan­cé l’appel à un ras­sem­ble­ment lun­di 8 juin, devant le tri­bu­nal de Chartres, pour sou­te­nir la famille de Lyhanna et exi­ger une loi-cadre qui apporte enfin une réponse glo­bale et cohé­rente au pro­blème mas­sif des vio­lences sexistes et sexuelles à l’égard des femmes, des mino­ri­tés de genre et des enfants.

200 devant le tri­bu­nal de Chartres

Convoqué dans l’urgence, le regrou­pe­ment a comp­té 200 per­sonnes mal­gré la pluie (ce qui confirme que c’est une ques­tion de plus en plus sen­sible), prin­ci­pa­le­ment des jeunes femmes dont beau­coup tenaient une pan­carte expri­mant la colère ou les revendications.

Assez de belles paroles, des actes et des moyens !

Anne-Sophie Taulier, secré­taire de l’association, a pro­non­cé une décla­ra­tion sévère pour la poli­tique du pré­sident Macron et de ses gou­ver­ne­ments depuis 2017 : ‘’Le Président de la République déclare la lutte contre toutes les vio­lences sexistes et sexuelles comme 1ère cause du quin­quen­nat dès 2017. En 2022, il annonce que la pro­tec­tion de l’enfance est la cause du 2d quin­quen­nat. Quels résul­tats pour de si ‘’belles’’ annonces ? Si les faits enre­gis­trés pour vio­lences sexuelles ont explo­sé, le nombre de condam­na­tions reste extrê­me­ment faible : 94% des affaires de viol ont été clas­sées sans suite en 2021. Cette impu­ni­té s’ajoute au manque criant de moyens alloués à la lutte contre cette réa­li­té et pour accom­pa­gner les vic­times.’’ La mili­tante a déplo­ré que ‘’160 000 enfants sont vic­times chaque année de vio­lences sexuelles en France’’ et dénon­cé : ‘’Il ne suf­fit pas d’énoncer des grandes causes ou des prio­ri­tés, encore faut-il se don­ner les moyens de les mettre en œuvre.’’

Pour une loi-cadre contre les vio­lences sexiste et sexuelles

Devant le blo­cage de la situa­tion, la Coalition fémi­niste exige une loi-cadre dont l’oratrice syn­thé­tise les pro­po­si­tions en dix points :

  1. Véritable poli­tique publique conti­nue et coordonnée
  2. Investissement annuel de 2,6 mil­liards d’euros contre les vio­lences sexistes et sexuelles, dont 344 mil­lions contre les vio­lences sexuelles.
  3. Éducation et prévention.
  4. Lutte contre l’industrie por­no­cri­mi­nelle et pédo­cri­mi­nelle et la culture du viol en ligne.
  5. Culture de la pro­tec­tion des enfants : impres­crip­ti­bi­li­té des vio­lences sexuelles, viols, incestes. Instauration d’entretiens indi­vi­duels annuels pour mieux repé­rer les situations.
  6. Responsabilisation des employeurs sur la pré­ven­tion des vio­lences et la pro­tec­tion des victimes.
  7. Prise en charge des soins devant être acces­sibles pour toutes les victimes.
  8. Amélioration du dépôt de plainte.
  9. Amélioration de la pro­tec­tion et du trai­te­ment des vic­times pen­dant la pro­cé­dure judiciaire.
  10. Vraie dota­tion de moyens pour une jus­tice réel­le­ment spé­cia­li­sée et formée.

Anne-Sophie Taulier a conclu en appe­lant à signer et faire signer mas­si­ve­ment la péti­tion pour appuyer cette loi-cadre.