Loi intégrale contre les VSS : Féministes et enfantistes de Chartres ne lâchent pas !
Comme les lundis 8 et 15 juin, un nouveau rassemblement a eu lieu ce lundi 22 juin devant le Palais de Justice de Chartres, réunissant une quarantaine de personnes.
À Chartres, comme partout en France, après la mort de Lyhanna, début juin, les manifestant·e·s demandent une « loi intégrale » pour protéger les femmes et les enfants pour répondre aux failles dans le traitement des violences sexistes et sexuelles.
L’exigence d’une “loi intégrale”…
Par « loi intégrale », il est fait référence à une proposition de loi déposée début décembre dernier par la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez et qui devrait être débattue cet automne.
Signé par plus de 150 députés, de la gauche jusqu’à la droite républicaine, ce texte transpartisan s’appuie sur des propositions élaborées depuis plusieurs années par des associations féministes et vise à agir sur l’ensemble de la chaîne des violences, de leur prévention à leur répression.
…à examiner d’urgence dès juillet
Ici à Chartres, lors de sa prise de parole par Anne-Sophie Taulier, l’association “En lutte pour Nous Toutes” a lancé un appel à manifester le samedi 4 juillet 2026, 14h30, à la Place des Halles, pour exiger un examen rapide des propositions de la loi-cadre intégrale :
« Nous disons violences systémiques. On nous répond fait divers tragique.
Nous luttons pour une vraie politique, cohérente et coordonnée entre les différents ministères impliqués. On nous répond effets d’annonce et demi-mesures.
Nous sollicitons des mesures préventives contre les violences, des mesures de protection des victimes et une amélioration globale du parcours judiciaire. On se contente de nous répondre par la surenchère de la répression.
Nous demandons justice, on nous répond vengeance.
Des moyens conséquents et pérennes !
Nous réclamons des moyens conséquents et pérennes dédiés à la prévention, à la formation, à l’accompagnement et au soin. On nous répond dette, baisses, retards voire coupes des subventions pour les associations.
Nous exigeons que la loi soit examinée en session extraordinaire du parlement dès juillet. On nous répond peut-être à l’automne ».
Après cette belle lecture de ce texte qui sera repris dans le tract d’appel pour le samedi 4 juillet, les manifestant·e·s ont pu prendre connaissance des panneaux accrochés sur les grilles du Palais.
Sur l’un de ces panneaux, il y avait par exemple des mots tels que « brisez le silence, pas nos enfants » ainsi qu’un un beau poème d’Andrea Bescond (voir photo), une danseuse, comédienne, metteuse en scène, scénariste, réalisatrice et autrice française, engagée contre les violences sexuelles et les affaires de pédocriminalité, et également connue pour ses « posts noirs » sur Instagram.
“Construire une réponse publique globale et cohérente”
On rappelle que ce projet de loi « intégrale » contre les violences sexuelles part d’un constat simple : comme l’indique la députée Céline Thiébault-Martinez dans une récente interview publiée par l’Humanité le 16 juin dernier « on ne peut pas répondre aux violences sexuelles seulement au moment du procès, ou après un drame. Il faut agir avant, pendant et après. Concrètement, cela signifie travailler sur toute la chaîne : la prévention, l’éducation, la détection, l’accompagnement des victimes, l’enquête, la justice, puis la sanction quand elle est justifiée. L’idée n’est pas d’ajouter une mesure isolée, mais de construire une réponse publique globale et cohérente ».
Une telle loi est nécessaire aujourd’hui, ajoute la députée « parce que nous ne sommes pas face à quelques affaires isolées, mais à un phénomène massif. Beaucoup de victimes parlent, déposent plainte, alertent ; et trop souvent, il ne se passe rien, ou pas assez. L’impunité reste considérable. Ce constat ne vient pas seulement des parlementaires. En novembre 2024, une coalition de 150 organisations féministes et enfantistes nous a interpellés sur la nécessité d’agir. C’est à cette demande que nous répondons aujourd’hui ».
Les Merveilleuses Mariannes : Aide aux jeunes victimes de notre “société malade”
Lors de cette manifestation se trouvaient différent·e·s représentant·e·s d’associations de protection de l’enfance. Citons par exemple, Naïma Repellin, une représentante de l’association des Merveilleuses Mariannes, un réseau d’entraide en Eure-et-Loir autour des 12–25 ans dont l’objectif est de partager les témoignages de parcours ponctués de difficultés, d’imperfections et d’échecs ainsi que partager les réseaux professionnels éclectiques et qualifiés.
Parmi les actions menées, souligne cette représentante, nous cherchons à « traiter notre société malade et prendre conscience que notre jeunesse en est le plus grand réceptacle avec une absence de repère ». Après avoir souligné l’importance de prévenir des suicides, la militante a également évoqué les actions de prévention menées contre les agressions sexuelles.
Pour ce faire, la représentante des Merveilleuses Mariannes indique que l’association crée des évènements à la rencontre des collèges, lycées, missions locales et centres pour l’enfance.
