Nogent-le-Rotrou : La loi intégrale sur les VSS sous surveillance

Lors du ras­sem­ble­ment de début juillet à Nogent-le-Rotrou, il avait été déci­dé par les manifestant·e·s de se revoir au moment de la sor­tie du pro­jet de loi. Ce lun­di 7 sep­tembre, une tren­taine de per­sonnes se sont rejointes en face de la Maison de la Justice et du Droit, rue de l’Abbé-Beulé.

Un tra­vail de lec­ture collectif

Danièle prend la parole pour pré­sen­ter les condi­tions dans les­quelles une syn­thèse a été réa­li­sée par un groupe de cinq per­sonnes : Danièle, Sophie, Lou, Béatrice, Thierry. Le tra­vail de l’Assemblée natio­nale com­men­ce­ra le 28 sep­tembre, en pro­cé­dure accé­lé­rée, la loi devant être votée avant février et la cam­pagne présidentielle.

Le texte du pro­jet de loi 31–06 est sor­ti le 11 août et se pré­sente en chapitres.

Création d’une Autorité de lutte contre les vio­lences sexistes et sexuelles

Danièle pré­sente le titre 1er qui défi­nit les ‘’vio­lences sexuelles et sexistes et intra-fami­liales’’. Elle lit la défi­ni­tion des objec­tifs de la loi ins­crits dans l’article 1. La loi concer­ne­ra ‘’des infrac­tions com­mises par le conjoint, le par­te­naire lié à la vic­time par un pacte civil ou le concu­bin’’ ou par les anciens par­te­naires. La loi pré­voit aus­si que les enfants, seront pro­té­gés ‘’jusqu’au 4ème degré inclus’’, les pères et mères adop­tifs seront aus­si concernés.

Pour cette pre­mière par­tie de la loi, l’intervenante annonce la créa­tion d’une nou­velle Autorité de lutte contre ces vio­lences (com­pre­nant des par­le­men­taires, magis­trats, experts, cher­cheurs, repré­sen­tants d’associations et des col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales) qui pré­sen­te­ra un rap­port chaque année et des ‘’enquêtes de ter­ri­toire’’ tous les trois ans.

Unités spé­ciales de jus­tice et de police

Le groupe de tra­vail pour­suit le résu­mé des autres par­ties de ce pro­jet de loi. Pour exemple, de nou­velles dis­po­si­tions en matière de jus­tice et de police pré­voient la créa­tion d’unités spé­cia­li­sées dont le rôle est pré­ci­sé dans ce titre 2 : accueil des vic­times, conduite des enquêtes, for­ma­tion, ‘’une per­sonne spé­ci­fi­que­ment for­mée dans chaque ser­vice.’’ Le titre 3 concerne la pro­tec­tion des enfants notam­ment la notion de pédo­cri­mi­na­li­té, sur les mineurs de moins de 15 ans.

Les per­sonnes vul­né­rables protégées

Un autre titre évoque tous types d’examens médi­caux ‘’à carac­tère intime’’ : il sera obli­ga­toire de deman­der le consen­te­ment de la patiente, de fortes amendes sont pré­vues en cas de non appli­ca­tion de cette disposition.

Le titre 8 traite, dans le cha­pitre 1, des mariages for­cés, inter­dits en France. Dans le cha­pitre 2, la notion de per­sonnes vul­né­rables est défi­nie, en par­ti­cu­lier pour les per­sonnes étran­gères et les per­sonnes han­di­ca­pées. Une OQTF ne pour­ra pas être déli­vrée pour une femme étran­gère ‘’ayant enga­gé une pro­cé­dure pour violences.’’

Le der­nier titre concerne le finan­ce­ment du pro­jet de loi.

Pour plus d’informations sur le texte ini­tial, il faut évi­dem­ment se repor­ter au pro­jet de loi.

Que pen­ser de ce pro­jet de loi ?

Une dis­cus­sion s’engage. Certaines avan­cées sont évo­quées par des par­ti­ci­pantes connais­sant ces domaines, notam­ment du fait de leur pro­fes­sion ou de leurs centres d’intérêt.

Il est pré­ci­sé qu’il ne faut pas s’attendre à ce que, concer­nant les peines, le texte qui sera voté, même s’il entre en appli­ca­tion rapi­de­ment, s’applique immé­dia­te­ment aux affaires en cours.

Une dis­cus­sion amène à s’interroger sur la notion de ‘’crime’’ qui devra qua­li­fier un viol, et non seule­ment le terme ‘’délit.’’

Les limites inter­rogent : cette loi concerne les femmes et les enfants, pas les per­sonnes LGBT+.

Des participant(e)s expriment des doutes sur les moyens finan­ciers qui seront attri­bués : ils doivent être suf­fi­sants pour des enquêtes approfondies.

Poursuite de la mobilisation

Le groupe décide de se ras­sem­bler régu­liè­re­ment. Ce pour­rait être pour infor­mer, orga­ni­ser une confé­rence, théâ­tra­li­ser des situa­tions concrètes et res­ter vigilant·e·s. Rendez-vous est donc pris pour le lun­di 14 sep­tembre à 19 h., au même lieu.