Blévy : Soutenez Pas si poulet !

Qui sont les ini­tia­teurs de la péti­tion de Blévy ?

Ils répondent : “Nous sommes le col­lec­tif citoyen « Pas si pou­let » : des habi­tants de Blévy et des envi­rons, de tous hori­zons. Notre nom dit tout : nous ne sommes ni dupes, ni rési­gnés. Chaque chiffre de cette péti­tion est tiré du dos­sier de per­mis de construire, des textes régle­men­taires ou de sources publiques vérifiables.

Signez, par­ta­gez et regar­dez ce qui se construit au bord de vos propres champs.

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Poulets [dessin]

 

Blévy

 

Un poulailler industriel : 30 000 poulets par lot à 115 mètres des premières maisons

Qui vou­drait vivre à 115 mètres de 30 000 pou­lets ?  Dans ce petit vil­lage d’en­vi­rion 400 habi­tants, per­sonne n’a eu le droit de don­ner son avis

Ce qui se passe à Blévy

Un per­mis de construire a été accor­dé pour un pou­lailler indus­triel de 30 000 pou­lets à la lisière de Blévy, un vil­lage d’en­vi­ron 400 habi­tants, en Eure-et-Loir, tra­ver­sé par la rivière la Blaise et un sen­tier de ran­don­née. Un vil­lage comme il en existe des mil­liers en France.

Le 17 juin 2026, la mai­rie de Maillebois (dont dépend Blévy) a accor­dé ce per­mis pour un bâti­ment d’é­le­vage de 1 800 m², conçu pour accueillir 30 000 pou­lets par lot soit, avec la rota­tion des lots, envi­ron 220 000 pou­lets par an.

Ce bâti­ment est pré­vu à 115 mètres de la mai­son la plus proche. Huit foyers se trouvent en voi­si­nage immé­diat, plu­sieurs à moins de 200 mètres. La Blaise coule à envi­ron 150 mètres des par­celles concernées.

Les habi­tants l’ont appris par hasard avec un pan­neau d’af­fi­chage au bord d’un champ.

Un détail dit beau­coup : l’ex­ploi­ta­tion béné­fi­ciaire du per­mis est domi­ci­liée dans une autre com­mune. Les fenêtres qui don­ne­ront sur ce bâti­ment, jour et nuit, ne seront pas celles de son exploi­tant  ce seront celles des rive­rains et entre­neurs locaux du village.

Le cœur du pro­blème : per­sonne n’a rien étudié.

Ce pro­jet relève du régime dit de la « décla­ra­tion ICPE » (Installation Classée pour la Protection de l’Environnement) : la pro­cé­dure la plus légère qui existe. Concrètement, à 30 000 empla­ce­ments, la régle­men­ta­tion n’impose :

  1. aucune enquête publique  les habi­tants n’ont jamais été consultés ;
  2. aucune étude d’im­pact  les effets sur l’eau, l’air, le bruit, les odeurs et le voi­si­nage n’ont pas été évalués
  3. aucune réunion publique  per­sonne n’a eu à répondre aux ques­tions des riverains.

Et depuis les décrets de février 2026 pris en appli­ca­tion de la loi Duplomb, le seuil qui déclenche une auto­ri­sa­tion envi­ron­ne­men­tale com­plète est pas­sé de 40 000 à 85 000 empla­ce­ments. Un bâti­ment de 30 000 pou­lets à côté d’un vil­lage passe donc, en toute léga­li­té, sans aucun regard citoyen.

Ce n’est pas nous qui le disons. Le maire de Maillebois lui-même l’a confir­mé dans la presse : « Il n’y avait aucune obli­ga­tion régle­men­taire d’or­ga­ni­ser une enquête publique, ni de consul­ter la popu­la­tion, pour ce type d’ins­tal­la­tion » (Le Parisien, 10 août 2026).

C’est légal. Et c’est exac­te­ment le problème.

À Celle-Lévescault (Vienne), un éle­vage de 140 000 volailles a au moins fait l’ob­jet d’une enquête publique avant son ins­tal­la­tion. À Blévy : zéro. Le dos­sier de per­mis de construire ne contient aucune infor­ma­tion sur les volumes d’eau néces­saires à l’ex­ploi­ta­tion, sur le mode d’ap­pro­vi­sion­ne­ment (réseau public ou forage), sur la ges­tion des ani­maux morts, ni sur le pro­to­cole en cas d’é­pi­zoo­tie  alors que l’é­té 2026 a vu la mor­ta­li­té en éle­vage avi­cole explo­ser avec la cani­cule, satu­rant les filières d’équarrissage.

Nous ne pré­ten­dons pas connaître les impacts de ce pro­jet. Personne ne les connaît : c’est pré­ci­sé­ment ce que nous dénonçons.

Ce que vivraient les riverains
Un éle­vage de cette taille, à cette dis­tance des habi­ta­tions, c’est concrètement :

  • des rota­tions de poids lourds (livrai­sons d’a­li­ments, enlè­ve­ment des volailles, éva­cua­tion du fumier) sur des routes de vil­lage qui n’ont pas été conçues pour cela ;
  • l’é­pan­dage du fumier et des eaux de lavage sur les terres alentour ;
  • des risques de nui­sances olfac­tives et sonores per­ma­nentes, à 115 mètres de chambres à coucher ;
    des inter­ro­ga­tions sans réponse sur la res­source en eau, à 150 mètres d’une rivière.

Nous ne sommes pas contre l’a­gri­cul­ture  nous vivons au milieu d’elle et pour cer­tains entre­preu­neurs dans ce vil­lage nous y tenons. Nous ne sommes contre per­sonne. Nous défen­dons quelque chose : un cadre de vie, une rivière, et le droit élé­men­taire des habi­tants à être infor­més et consul­tés quand un bâti­ment indus­triel s’ins­talle à la lisière de leurs maisons.

Aujourd’hui c’est nous, demain c’est peut-être vous

Ce qui arrive à Blévy n’est pas un cas iso­lé. La filière avi­cole annonce elle-même l’ob­jec­tif de cen­taines de nou­veaux pou­laillers d’i­ci 2030. Partout en France  dans la Marne, l’Orne, la Vienne, le Pas-de-Calais, la Manche, la Drôme des vil­lages découvrent le même scé­na­rio : un pan­neau au bord d’un champ, un per­mis déjà accor­dé, aucune consultation.

Blévy est un cas d’é­cole de ce que pro­duit le nou­veau cadre régle­men­taire : de grands bâti­ments d’é­le­vage aux portes des vil­lages, avec un mini­mum de regard citoyen.

Signer pour Blévy, c’est dire que ce pré­cé­dent ne doit pas deve­nir la norme.

Ce que nous demandons
Un recours conten­tieux est en cours devant le Tribunal Administratif. En paral­lèle, nous demandons :

À Monsieur le Préfet d’Eure-et-Loir : de sou­mettre ce pro­jet à une éva­lua­tion envi­ron­ne­men­tale au titre de la « clause filet », qui per­met pré­ci­sé­ment d’exa­mi­ner les pro­jets situés sous les seuils lorsque leur loca­li­sa­tion le jus­ti­fie  ici, la proxi­mi­té immé­diate d’ha­bi­ta­tions et d’un cours d’eau ;

À la com­mune de Maillebois : de reti­rer le per­mis de construire, ou a mini­ma de ne per­mettre aucun démar­rage des tra­vaux tant que la jus­tice admi­nis­tra­tive ne s’est pas prononcée ;

À Madame Christelle Minard, dépu­tée de notre cir­cons­crip­tion : de por­ter la voix des habi­tants qu’elle repré­sente, en deman­dant que l’in­for­ma­tion et la consul­ta­tion des rive­rains rede­viennent la règle pour ce type d’ins­tal­la­tion  à Blévy comme par­tout en France ;

Pour tous les vil­lages de France : que plus aucun bâti­ment d’é­le­vage de cette ampleur ne puisse s’im­plan­ter à proxi­mi­té immé­diate d’ha­bi­ta­tions sans étude d’im­pact ni consul­ta­tion des riverains.

Pour signer la péti­tion, c’est ici