Chartres : Manifestation des fonctionnaires et lycéen·ne·s en dynamique
Retrouvailles réussies pour les syndicats de la Fonction publique en ce 29 septembre dans les rues de Chartres. Cela faisait en effet plus de deux ans, et même presque trois, que la quasi-totalité des syndicats ne s’étaient pas retrouvés sur un appel à la grève et à des manifestations. Si la participation, près de 450 personnes, n’a pas dépassé la mobilisation du 5 décembre 2024 (850 manifestant·e·s) provoquée par les annonces du ministre Kasbarian (3 jours de carence en cas d’arrêt maladie, diminution de l’indemnisation des jours d’arrêt, non-versement de la Gipa), elle a largement dépassé celle du 19 mars de la même année (300 personnes).
Augmenter les salaires et assurer l’égalité d’accès aux services publics
Ce qui ne change pas, ce sont les attaques gouvernementales contre les salaires des personnels (gel du point d’indice) et contre les moyens donnés à la Fonction publique pour assurer ses missions. La déclaration prononcée par Chantal Lefèvre (secrétaire départementale de la CGT) au nom des 7 syndicats de fonctionnaires appelants (CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC) a ainsi souligné : ‘’Nous voulons une Fonction publique en capacité d’assurer partout l’égalité d’accès aux services publics et la continuité de ses missions d’intérêt général, notamment face aux conséquences du dérèglement climatique.’’ Et proclamé : ‘’Les agents publics fonctionnaires comme contractuels et la population ne doivent pas payer le prix de choix budgétaires qui ne répondent ni aux besoins sociaux, ni aux enjeux auxquels notre pays est confronté.’’
Les lycéen·ne·s ont dynamisé la manifestation
Le micro a ensuite été donné à trois porte-paroles de l’Union syndicale lycéenne (USL) qui se sont indigné·e·s : ‘’Comment accepter que l’on diminue à ce point les moyens de l’Éducation ? Sous prétexte d’économies, on augmente le nombre d’élèves par classe, on réduit le nombre de professeurs, on supprime des programmes spécialisés. Est-ce ainsi qu’on construit l’avenir ?’’
Dans l’enthousiasme la presque centaine de lycéen·ne·s présent·e·s a pris la tête du cortège, juste derrière la banderole intersyndicale, insufflant un dynamisme inhabituel à la manifestation, reprenant inlassablement de nombreux slogans dont l’inusable ‘’Macron t’es foutu, la jeunesse est dans la rue !’’ mais aussi le lucide ‘’C’est pas l’éducation qui nous coûte cher, c’est les banquiers et les actionnaires !’’
Il faut à la Fonction publique les moyens de remplir sa mission émancipatrice
Au micro des voitures, les syndicats n’étaient pas en reste : ‘’Des salaires au lance-pierre, on n’en veut pas ! / Des retraites de misère, on n’en veut pas ! / Coupable d’être malade, on n’en veut pas ! / On veut, on veut d’autres solutions !’’ ou ‘’Augmentation générale des salaires, des retraites et des pensions !’’
Parti de la Mairie, le cortège a rejoint la place des Épars puis a serpenté dans l’hyper-centre avant de passer par la place Châtelet, la Gare et de se rassembler devant la Préfecture où dans une ultime et courte prise de parole, Pierre Licout, pour le SNES-FSU, a exigé ‘’des mesures d’urgence pour nos salaires, à commencer par le dégel du point d’indice […] un plan de titularisation pour les non-titulaires, un statut pour les AESH et une grille de rémunération pour les AED. Au-delà de la question des salaires, le budget devra enfin donner à l’École publique et à toute la Fonction publique les moyens d’assurer leur rôle émancipateur pour tous.’’
