Chartres : Lycéen·ne·s et syndicalistes s’épaulent
La manifestation chartraine de ce 13 octobre n’avait pas l’ampleur de celle du 6 : une grosse cinquantaine de lycéen·ne·s et, en tout, 200 participant·e·s. Pour autant, les jeunes ont fait preuve d’une vivacité permanente le long du parcours qui a relié le Théâtre, les places des Épars et Châtelet, la Gare et enfin la Préfecture. De nombreux slogans, pour la plupart déjà entendus une semaine plus tôt ont été repris (voir encadré). Au registre de l’humour, notons De l’argent, il y en a / Dans les caisses du patronat modifié en Dans les caisses du Grand Monarque au passage devant l’hôtel huppé.
Noah, lycéenne : “La souffrance psychique des jeunes ne cesse de croître”
Pour clore la manifestation, devant l’entrée du bâtiment de l’État où ont pris place des policiers équipés d’aérosols incapacitants, trois prises de paroles. D’abord Noah, porte-parole des élèves, qui rappelle la condition lycéenne à l’origine du mouvement : ‘’Nos classes sont surchargées avec jusqu’à 35 élèves par classe, nous travaillons avec du matériel défaillant, nous subissons une pression quotidienne avec le contrôle continu et la logique de validation permanente […] on commence à 8 h., on finit à 18 h. […] la souffrance psychique des jeunes ne cesse de croître.’’ Elle pointe l’incohérence du pouvoir : ‘’On reproche tout le temps à notre génération d’être superficielle et de ne pas prendre en main notre avenir et de ne penser qu’à nos téléphones, mais quand nous nous mobilisons dans la rue pour réclamer que notre droit à l’éducation soit effectif et le même pour tou·te·s, on nous réplique que nous ne sommes pas concernés, qu’on doit laisser faire les adultes et retourner en classe avant de nous envoyer les policiers armés de gazeuses.’’
O. Aubry (FO) : “Abandon du projet de 54 milliards de coupes au budget 2027”
Puis deux organisations syndicales s’expriment. Olivier Aubry (FO) d’abord : ‘’Les revendications des lycéens rejoignent celles des personnels de l’Éducation nationale […] celles de tous les salariés, du public comme du privé, qui sont confrontés à l’inflation, à l’explosion des prix du carburant, aux attaques contre la Sécurité sociale, contre les retraites […] Plus que jamais [il faut] l’unité et la mobilisation commune des lycéens et de toute la classe ouvrière pour faire céder le gouvernement sur les revendications, notamment en exigeant l’abandon du projet de 54 milliards de coupes [dans le budget 2027].’’
D. Prier-Chéron (FSU) : “Les lycéens sont légitimes à revendiquer”
Dominique Prier-Chéron (FSU) fustige : ‘’Depuis quelques jours le gouvernement prétend répondre à la jeunesse mais il reste totalement hors sujet. Il refuse toute réforme budgétaire immédiate et cherche à gagner du temps jusqu’aux vacances […] Aucune mesure concrète !’’ Le syndicat enseignant exige ‘’des recrutements massifs, la revalorisation des salaires tout de suite, en finir avec le lycée Blanquer et l’abrogation de ParcourSup. Un autre second degré est possible avec de l’argent public dédié, un plan de financement et de rénovation du bâti scolaire.’’ L’oratrice conclut ‘’Les lycéens revendiquent, ils sont légitimes à le faire et nous sommes à leurs côtés.’’
